Paris de'lSW à î'JfJO, II, p. 33A
3/j LE ROMANTISME ET L.V MODE
Rien encore qui senle son nioyen-age. à ce qu'il paraît, comme de laisser traîner derrière soi
Les longs plis murmurants d'une jupe ondulcusc '.
Quelques robes eurent des appendices et des prolongcnienls redoutables.
« La vogue de la mode nouvelle n'est pas près d'être épuisée, » écrit notre « ironiste parisien » dans son Journal, à la date du 3 mai i835. « Le nombre des jupes longues croît sans cesse, et leur longueur aussi. Les traînes sont maintenant si démesurées, qu'on les porte sur le bras et que même ainsi relevées elles retombent jusqu'à terre. M'"" P*** laisse flotter la sienne hors de sa voiture, du côté opposé à celui où elle est assise, et cela forme encore un beau panache. Pourquoi n'aurait-elle pas un petit page derrière elle poiu' porter cet appendice majestueux!' Il faudra le lui conseiller. Ce serait bien plus couleur locale, comme on dit maintenant. »
On peut encore mieux donner à la toilette un air gothi([ue avec une aumônière ou des étoffes à crevés. On vit des aumônières pendre quelquefois « disgracieusement » de la ceinture des dames, à ce que dit notre « flâneur parisien )> avec une sévérité évidemment excessive : et c[uelques élégantes eurent des crevés à leurs manches.
Un Jeune-France qui mettait volontiers au service du prolétariat, comme nous dirions aujourd'hui, une observation pénétrante et une humeur incisive, proposait ce sujet à un dessinateur de ses amis. « A l'arrière-plan, une jeune femme, avec une toilette à la mode, se hâte comme si elle avait honte et qu'elle voulut mettre le plus de dis-