‹ Le romantisme et la modeChapitre 38 sur 99 · I. Lucien D*'*, 18'6'S · texte numérisé non relu

I. Lucien D*'*, 18'6'S

LA TOILETTK MASCULINE 87

d'Espagne ». tout simplement. Le chapeau rouge était, comme on sait, l'attribut des bousingots K Le chapeau à a Buridan, c feutre à retroussis sur le côté et pointu par le haut I), (I distinguait tout de suite un artiste ou un poète d'un bourgeois », et « produisait le plus bel effet du monde au parterre des théâtres- ».

C'est à partir de i832 surtout que la variété et le bariolage de tous ces feutres eurent vraiment quelque chose d'étourdissant. Gris, bronze, airain, violet, vert, orange, jaune vif, indigo, vermillon, toutes les nuances furent mises à contribution indistinctement, u H y a des jours où les rues et les promenades ressemblent à des parterres de fleurs mouvantes, et je ne parle pas des chapeaux des dames ». observe notre (( ironiste parisien ». On alla même fort loin dans la bigarrure, et l'on fit chanter au couvrechef telle symphonie de couleurs qu'on n'aurait pas osé faire exécuter par les autres parties du costume. Il y eut des chapeaux « mi-partis », il y en eut de « tripartis », il y en eut de « quadrillés », et d'autres qui étaient bariolés comme des écussons et des oriflammes. Car un chapeau devait être « un étendard », selon Challamel, et « manifester les opinions littéraires et politiques de son propriétaire ». Beau principe vraiment, et qui pouvait mener à de bizarres conséquences. Quelques écervelés l'appliquèrent hardiment, jusqu'au bout, et l'on put voir, en 1834, un quintetto de jeunes fous promener par le Quartier

1. « A propos des chapeaux rouges que nous portions en 1882, le Figaro se moquait des bousingots, — lesquels demandèrent raison aux rédacteurs. Karr et Roqueplan détachèrent chacun une épée de la panoplie oisive. In des bousingots prit lui-même une épée et se mit en garde sans se décoiffer. Karr se contenta, — vrai Guillaume Tell, — de percer le chapeau rouge, ce qui fut un trophée sur lequel Roqueplan écrivit : « Tète de bousingot détachée du tronc ». A. Houssaye, Confessions, II, chap. v. p. SaS.

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