I. .lulien fl'.V** à M-'-^ de T**'. ij avril iS3(J
RELIURE ROMANT1Q.UE Appartient au Musée des Arts décoratifs
L AMEUBLEMENT ET L AUCHITECTURE 121
général le désordre, la confusion — et les sottises — dont s'accompagne d'ordinaire l'ignorance. Dans la même salle à manger, des chaises Henri III voisinent fâcheusement avec une tahle qui n'est d'aucune époque ni d'aucun style, et en guise de tahles de nuit des bahuts « genre xix" siècle » flanquent sans pudeur un lit du plus pur Louis XVI'.
Il n'est pas jusqu'aux plus humbles choses, où la fâcheuse manie n'exerce impitoyablement ses ravages Dans les couvents et les maisons d'éducation, le dessin d'après l'antique est toujours florissant ; mais les tableaux ingénus qu'on offre aux parents à l'occasion de leur fête. {( Œdipe et sa fidèle \ntigone, o « les Adieux d'Hector et d'Andromaque. d <i Iphigénie marchant à la mort. » « le vieil Homère s'appuyant sur l'épaule d'un petit garçon, » s'encadrent désormais dans des baguettes agrémentées de dessins gothiques.
Un père de famille écrit avec une simplicité et une candeur délicieuses-: « Les progrès de notre petite Louise sont remarquables : c'est surtout pour le dessin qu'elle est supérieurement douée, selon les propres expressions de sa maîtresse. Elle travaille en cachette à un crayon qui a bien la mine d'être fort beau. » inoflcnsif jeu de mots dont ne s'est pas aperçu l'excellent homme : « c'est Enée emportant son père à travers les flammes. Elle l'olTrira à sa maman pour sa fête, le 12 septembre. ^la femme sera bien heureuse. » Et pour que rien ne manque à ce bonheur si disciètement préparé, on a commandé un cadre digne du tableau, « une folie » ; mais « que ne ferait-on pas pour sa femme et sa fille ? » On a donc été
1. Edgar G***, i835, après uno \isilc à la nouvelle installation de son ami, Antoine N***.