Challamel, Souvenirs d'an hugoldlre, p. aSo
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en ogive, des crêtes, des épis, une silhouette en nn mol <' dentelée », hérissée et ([ui paraît c triomphante », comme disait le romantique de Beau<j;ency. on se déclare satisfait : on croit avoir du <>othiquc. Est-il besoin de faire remarquer que ce n'en furent jamais là que les apparences, et que ce qu'il y a tout à la fois do fantaisie, d'audace et d'harmonie dans cet art admirable du moyen âge restait hors des prises d'admirateurs et d'imitateurs dont l'ignorance n'avait dégale que l'engouement P Presque personne ne sait encore ni grouper en faisceau les minces colonnettes, ni liacer purement le profil d'un chapiteau. ni composer une fenêtre, ni proportionner les détails à l'ensemble, fi fortiori retrouver la ligne gothique, le profil net et pur, harmonieux et léger, qui donne à l'art médiéval son caractère propre.
Et quels rapprochements inattendus des styles les plus divers I Que de confusions, dont on ne sait s'il vaut mieux sourire ou s'attrister ! Roman, gothique. Renaissance, xvn% xvnr siècles, on fait tout fraleiniser avec la plus délicieuse, la plus inelï'ablc candeur. On hérisse de clochetons une maison de campagne qu'aurait avouée Mansard ' ; on perce de haules fenèlres en ogive dans les murs d'une épaisse bâtisse dont tout le caractère est de n'en avoir aucun - ; ou enct)rc. pour prendre assez haut un dernier exemple, celui de la chapelle funéraire des d'Orléans à Dreux, on élève une petite rotonde de style Empire et on lenloure «l'un déambulatoire et de chapelles gothiques.
i. C'est le cas d'un inrliislripl d'Orléans, au témoignage du lapin que nous connaissons déjà, \ iclor Clialinel. aojuin i835.
li. Comme a fait un des amis de notre « ironiste parisien. » Journal, 18 août i83'i ; — et il y a encore aujonrd'lnii des témoignages de celte « manie gothique ». qui continue à sévir ciiez certains artistes à éducation ou à tempérament romantique.
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Comme de juste, l'ardeui- est encore plus vive à sauvegarder le gothique quou peut avoir. C'est partout un empressement admirable à relever les ruines qu'a laissées derrière elle la Révolution. On consolide, on répare, on restaure, — malheureusement presque toujours avec plus de zèle que d'intelligence et de bonlieui'. Que d'étourderies en effet, et les abominables fautes ! Au château d'Amboise, Louis-Philippe laisse mettre des pcrsieimes aux fenêtres gothiques de la salle à manger circulaire installée dans la tour César : et on dépense plus de sept millions à faire de l'église abbatiale de Saint-Denis d une sorte de monstre, la risée des artistes et des archéologues' ».
Et cependant, en dépit de toutes ces extravagantes fantaisies et de ces graves erreurs, deux résultats, qui ne sont pas médiocres, restent certains : le romantisme a donné le goût du gothique, ce qui est bien ; mais il en a
I. Paul Vitry et (laston lîiiÎTO, l'Eglise abbaliale de Saint-Denis et ses tombeaux, i^aris, I.onguct, 1908. — Le nidindro danger des reslauralions et surtout des reconstitutions est d'être toujours arbitraires ; et rien ne le prouve mieux que la mésaventure tout réeeniment arrivée à l'arciiitecte que (iuiliaume II avait cliargé de restaurer le Haut-Kœnigsbourg, et qui a commis dans ce travail d'assez lourdes fautes. Cf. les journaux de mai 1908. ])articnlièrement Le Temps du i5, et L'Hhistralion du 33. Les reproductions photograpliiques, publiées par ce dernier périodique ( château actuel du Haut-Kœnigsbourg, plaquette en ivoire et fragment d'une gravure sur bois représentant le château tel qu'il était réellement au xvi' siècle) montrent les erreiu's de l'architecte avec une irréfragable évidence. — Sur les méfaits que commettent trop souvent les restaurateurs, on fera bien de lire les articles cjue M. André Hallays donne au Journal des Débats, sous le titre En flânant, et qu'il est justement en train de réunir en volumes. M. Hallays s'est fait une originalité de son amour des vieilles pierres, et « il déteste de tout son cœur... les nigauds du progrès, les ingénieurs sauvages... et les pires de tous les barbares, les arcliitectesrestaurateurs. » En flânant. A travers la France. Autour de Paris, Perrin et C'% 1910. Arant-propos. — Il est justement question des restaurations du Haut-Kœnigsbourg dans le volume En flânant. A travers l'Alsace, Paris. Perrin, 1911, p. 7.3.
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préparé l'inlelligence et le respect, ce qui est mieux encore. Les romantiques ont ainsi rendu à l'archilecture <?l à l'histoire nationales des services signalés, des services de premier ordre ; et ce n'est que stricte justice de leur en conserver une vive reconnaissance.