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Vous désirez enfin, pour un motif quelconque, frapper Timaginalion d'une femme que vous a^ez disting^uée. Choisissez bien l'endroit et le moment pour « exhaler .> devant elle « votre àmc de ténèbres ». Elle est assise à vos côtés, un bal tourbilloime sous vos yeux ; dites « avec un pli dédaigneuv de la bouche », et en scandant chacune de vos phrases dun profond soupir : « Ils s'amusent, leê insensés 1... Ils s'étourdissent I... Oh 1 fous. fous, triples fous !... » Vous laissez alors retomber lourdement voire iete sur voire poitrine, comme « saus le poids d'une incommensurable pitié )) et dune fatigue affivuse ; puis vous la relevez lentement, aous la secouez plusieurs fois, toujours avec lenteur, eji laissant un sourire de détlain errer tristement sur \x>s lèvres, et vou« prononcez enfin avec uu€ espèce do rage sourde et conleiiue : « Ils sanMisent !.. Ils ne voient donc pas la Mort qui plane sous ce lusli«? Ils ne voient pas les plis de son linceul quelle agite dans les robes claires de toutes ces pauvres insouciantes ;* Us n'entendent donc pas ses éclats de rire sarcasiiques dans les stridences des violons ' ?... » etc. La jeune femme trouvera que vous manquez de gaité et peut-être de goût ; mais elle aura fj'émi sous vos paroles, vous lui aurez donné d'involontaires frissons ; vous serez pour elle un original; de tonte la soirée saj^ensée ne se détacheia guère do vous ;
I. Jehan L***. .Teuiie-I'rance, vingt-sopt ans, i83(j. — Sur la couverture des Mélodies Irlandaises, le litltograpbe Baralliier a représenté Herlioz. Le jeune musicien est «assis sur les rocliers lumultueux d'une falaise abrupte », et il « contenTiD-lc rinimensité de l'Océan, si petite à côté de sa propre douleur I... A ses pieds, au-dessus de l'abimc, et aussi sur l'escarpement qui menace son front, des sajjins lugubres agitent leurs bras convulsés dans le rugissement de la tempête. Et le eentimental jeune homme plonge un index mélancolique dans ses cheveux bouclés. »{\. Boschot, La Jeunesse d'un romantique, p. 374.) Voyez encore, dans le même ouvrage, les divers portraits de Berlioz, et surtout celui de la page o<)2.
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elle vous regardera à la déroljée, avec une curiosité inquiète ; et votre vanité masculine aura reçu de votre romantisme des satisfactions.
Ridicules enlanlins après tout, et l)ien inoflènsifs — exception faite cependant pour les maladies de peau, les nausées, les indigestions et les menaces de tuberculose. Au fond, la plupart de ces Jeune-France ressemblaient à cet Andréas, dont il est question dans Romans et Mariage ^ n
« Et cet Andréas, qu'en dites-vous ?
— Il fait tout ce qu'il peut pour avoir du génie.
— Pauvre Andréas ! Savez-vous ce qui le désole ? Il voudrait avoir la face maigre et terreuse, et ses joues s'obstinent à garder leur londeur et leur fraîcheur ; il donnerait ses cheveux pour êtie un enfant trouvé, sa barbe pour être un écha])pé du bagne, et ses drames pour avoir étouflV' sa maîtresse dans ses bras.
— Âh ! pour cela, je l'en défie, il a le cœur moins gâté que l'esprit, et, malgré ses velléités sataniques, je parierais que l'on pourra graver un jour sur sa tombe :
« Ci-(UT André Ledoux