‹ Le romantisme et les moeursChapitre 16 sur 122 · PREMIERE PARTIE L'HYPERTROPHIE DE L'IMAGINATION · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE L'HYPERTROPHIE DE L'IMAGINATION

Deux principes dominent la psychologie romantique : l'hypertrophie de l'imagination, et celle de la sensibilité.

« En général, — observe Sainte-Beuve, dans ses Cahiers, p. 40, — dans cette Ecole dont j'ai été depuis la fin de 1827 jusqu'à juillet 1830, ils n'avaient de jugement (c'est Sainte-Beuve lui-même qui souligne) personne, ni Hugo, ni Vigny, ni Nodier, ni les Deschamps ; je fis un peu comme eux durant ce temps ; je mis mon jugement dans ma poche et me livrai à la fantaisie. » — « Le fond du romantisme », écrit à son tour M. Faguet dans sa pénétrante étude sur Flaubert, « c'est l'horreur de la réalité et le désir ardent d'y échapper... S'affranchir du réel, grâce à l'imagination, s'en affranchir encore en s'en isolant et en se renfermant dans le sanctuaire de sa sensibilité personnelle : voilà le vrai fond du romantisme de tous les temps. » Et ailleurs, dans le troisième volume de ses Propos littéraires { : « Les romantiques vivent dans l'imagination comme le poisson dans l'eau et ont la crainte de la réa-

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