SCIENCE ET PROGRÈS
Ce singulier : le Progrès, que notre époque est accoutumée à prononcer étourdiment, s’applique à l’ensemble de conditions le plus complexe.
Il y a progrès spirituels et progrès matériels. Et dans chacun de ces deux ordres de progrès, il faut distinguer hauteur et étendue, ou, si l’on veut, qualité et quantité. Entendons par qualité, le degré de perfection des aptitudes intellectuelles, esthétiques et morales réalisé, dans une civilisation donnée, par Télite des individus ; le degré de sécurité, de liberté, de stabilité, de puissance, atteint par les familles ou les groupes sociaux prépondérants. Entendons par étendue ou quantité, le degré de diffusion dans la multitude, des biens, soit spirituels (connaissances, moralité), soit matériels. Il est clair qu’aucun de ces éléments n’est à négliger dans l’évaluation du Progrès comme ensemble : mais il faut en outre les considérer dans leurs dépendances réciproques, se demander si un progrès éblouissant dans tel genre n’est pas payé par un recul humiliant dans tel autre genre.
Le calcul de tous ces rapports, de toutes ces réactions, s’impose à celui qui, souhaitant d’ailleurs de pouvoir prendre part aux célébrations enthousiastes du progrès scientifique, tient à ne le faire que dignement.
Il y a sur ce sujet une première illusion si grossière qu’on hésite à la discuter : c’est d’admirer dans la multiplication des connaissances positives, un prétendu perfectionnement de l’esprit humain. L’avancement des sciences se fait par une continuelle alternance et réaction réciproque de conquêtes expérimentales et de combinaisons intellectuelles ou hypothèses ; bornées et inspirées à la fois par les données de l’expérience, ces dernières ne dépendent, ni pour la perfection ni pour la facilité, de la masse de la science acquise, elles demandent ce que seule la nature donne : la hardiesse intuitive, la force de raisonnement, le mystérieux enthousiasme d’un Galilée, d’un Newton, d’un Lavoisier. A supposer que les inventeurs de l’avenir subordonnent ces sciences à des conceptions, non pas annulant les leurs, qui ont fait leurs preuves, mais les enveloppant, en ce qu’elles s’appliqueront à une étendue beaucoup plus grande de faits, le mieux qu’on puisse augurer de ces conceptions futures, c’est qu’elles offrent par rapport à une matière scientifique élaborée par plusieurs siècles, la même adéquation de synthèse que nous admirons dans leurs aînées par rapport à des groupes de phénomènes encore soustraits à toute coordination scientifique. Comment cependant les Grecs, si leur intelligence égalait celle des modernes, se sont-ils mépris à fond sur le système du monde ? Faute de la lunette astronomique. Autant reprochera Galilée d’avoir ignoré la machine à vapeur (i).
(i) N’oublions pas que dans l’école pythagoricienne on enseignait le vrai sur la position du soleil et le double mouvement de la Terre.
l±22 LE ROMANTISME FRANÇAIS
En faisant perdre de vue la distinction de ce qui es: grandeur intellectuelle et de ce qui est grandeur matérielle dans les monuments des sciences, la Religion du Progrès favorise une tendance mortelle au progrès scientifique lui-même. C’est celle qui consiste, non pas à exagérer l’importance scientifique des faits, qui ne saurait être exagérée, mais à rabaisser celle des idées, sans lesquelles les faits ne seraient qu’une poussière stérile. À une époque où l’abondance et la facilité des moyens matériels d’investigation en tous genres incitent de simples manœuvres à donner à des amoncellements difformes et prétentieux de détails documentaires un faux air de construction théorique, on ne trouvera que trop de gens disposés à déprécier ces hautes vues, ces initiatives souveraines de la pensée, qui ont pourtant été jusqu’ici une cause de la promotion des sciences non moins efficace que les moyens techniques, et qui dérivent de l’esprit philosophique. Le progrès scientifique dépendrait dès lors uniquement de la quantité et du temps, et il appartiendrait au premier « chercheur » venu d’y être, non pas seulement gâcheur de mortier, mais architecte. Cette sorte de démocratisme scientifique, impliqué dans le préjugé du Progrès nécessaire, accuse déjà, en ce qui ) concerne les sciences, sa secrète âme régressive.
Quelles que soient les causes et quel que soit le rythme du progrès dans la connaissance de la nature physique, il est sans répercussion nécessaire et directe sur le perfectionnement des notions qui se rapportent
Que cette connaissance soit demeurée lettre morte pendant deux mille ans, voilà qui parle peu en faveur de la loi de Progrès.
au monde moral et à la création esthétique. Il n'y a aucune solidarité intrinsèque entre la justesse des principes physiques, chimiques ou biologiques passés dans le commun enseignement, et celle des idées politiques, historiques, morales ou esthétiques en cours. Une haute perfection en ceux-là peut coïncider avec la confusion et l'obscurcissement de celles-ci. C'est ce qui arrivera précisément, si, de ce que les résultats atteints par les sciences de l’ordre matériel sont merveilleux, on conclut — étrange sophisme 1 — qu’ils sont applicables aux sciences de l'ordre humain. Qui ne voit avec quelle force le préjugé du Progrès nécessaire plaide en faveur de ce sophisme ! qui ne sait aussi quelles balourdises, quelles barbaries, quelles bévues engendrent l’application de la biologie à la politique, celle de la mécanique à la psychologie, ou celle de la zoologie à la critique littéraire ? Aucun des grands initiateurs scientifiques modernes n'a pourtant donné l'exemple de ces débauches. Le transformisme a été employé à toutes fins d'argumentation irréligieuse ou de démonstration sociologique. Mais Darwin n'en a rien conclu en dehors du problème de la transformation des espèces. Homme religieux avant d’avoir conçu l’attraction, Newton l'est demeuré après. Et si ces grands génies n'ont pas livré à la merci de théories magnifiques, mais spéciales, et qui sont à l'intelligence ce qu'un outil est à la main, l’axe de leurs convictions et sentiments sur toutes choses divines et humaines, n'admirons pas seulement qu’ils aient en bons logiciens et en sages observateurs respecté la différence de nature des objets et des ques-
lions ; apprécions aussi la haute retenue de leur cœur.
Non seulement les sciences de la nature n’enseignent rien par elles-mêmes quant aux objets des sciences morales; il y a plus: le perfectionnement et l'extension les plus extraordinaires des moyens d’investigation positive dans le champ des faits ressortissant des sciences morales, Histoire, Politique, Sociologie, Psychologie, Economique, Ethique, Esthétique, loin d'impliquer nécessairement un progrès de ces sciences, peuvent également coïncider avec leur abaissement et leur stérilité. Les « sources » de l’histoire peuvent affluer avec une abondance, être recueillies avec une habileté technique sans pareille, précisément dans une époque où les explications et systèmes historiques les plus vains et les plus déraisonnables, la plus puérile philosophie des évènements, séduisent la majorité des historiens et de leurs lecteurs les mieux informés. Mille, cent mille faits rigoureusement vrais n’enchaînent au vrai qu’un bon esprit. Et le même temps peut offrir d’infinies facilités pour les fouilles, les exhumations, les voyages, les explorations d’archives, et être très peu propice à la formation de bons esprits. Un bon esprit, c’est celui qui existe complètement sans son érudition ; celui qui, avant de composer des livres sur telle ou telle partie de la civilisation, a l’intelligence de la nature humaine et des réactions sociales élémentaires, je veux dire de celles que chacun, pour peu qu’il ait les yeux ouverts, a lieu d’observer par rapport à soi et autour de soi. Qu’entend-on à la vie du passé quand on n’entend pas les éléments de la vie ? Le xixe siècle a littéralement
été envahi d'informations sur toutes les manifestations de la vie de l'humanité dans le temps et dans l'espace, cependant que le Romantisme et la Révolution y faisaient triompher sur les questions qui touchent à la nature de l’homme, à l’ordre de la société, à la morale, à l'art, à la religion, de ténébreuses billevesées à peine dignes du haut moyen âge. Leur analyse forme en partie l'objet de ce livre.
11 n'y a pas de fatalité dans le progrès des sciences. Si sûres que soient les méthodes définitivement adoptées par telles d'entre elles, ces méthodes ne sont pas actives par elles-mêmes. Leur progrès doit se ralentir si les fortes et libres intelligences se font plus rares et si les causes capables de favoriser l’éclosion et de protéger l'activité des fortes et libres intelligences cessent d'agir. Ces causes tiennent à l'éducation générale des esprits, dont l’efficacité ne dépend pas de la quantité des notions enseignées, mais de leur ordre, et implique en outre un facteur sentimental, l’amour désintéressé du vrai, lequel n’a été cultivé que dans l’élite d'un petit nombre de peuples et de races. Ces causes tiennent encore à l’état politique et à la bonne constitution de la société. De plus, s’il est peu concevable que, sous les influences qui favorisent d'une façon générale la rectitude de la pensée et l'essor de l'activité intellectuelle désintéressée, des genres très divers de savoir ne prospèrent pas, il n'y a pas cependant action nécessaire et directe de l’un sur l'autre. L'invention du microscope ne fait pas avancer d’un pas la science du beau. Enfin dans les sciences où l’érudition joue un très grand rôle, l'érudition, dont
le progrès continu peut, on en convient, s’assurer mécaniquement, n’est par elle-même rien du tout. Le progrès des sciences est un effet dont les causes ne connaissent d’autre progrès que celui qui va de la barbarie à la civilisation et ne sont soumises elles-mêmes à aucune fatalité de progrès ni même de conservation.
Puisque l’acquis scientifique, même chez un spécialiste parfaitement initié aux méthodes et aux démonstrations, ne fait pas une culture intellectuelle et n’exclut pas des parties barbares ou égarées de l’esprit, du sentiment et du goût, que penser de cette idée, que « la Science» doit désormais suffire àl’éducationdes masses et y remplacer tous les « préjugés»? C’est là la grande affirmation ou plutôt la grande passion des zélateurs du progrès nécessaire et universel de la Science et par la Science. Il s’agit, on l’entend, de substituer ses données aux croyances religieuses et aux principes directeurs de la vie qui régnaient sur la conscience des hommes avant son avènement. Tout d’abord l’enseignement des vérités scientifiques les mieux établies ne porte pas au peuple un perfectionnement intellectuel , puisque ces vérités, pour qui ne comprend pas les opérations et raisonnements dont elles sont le fruit et qui en mesurent la portée , comme ils en fixent la signification, demeurent articles de foi. Mais ne nous imaginons pas un instant que des fanatiques se préoccupent du tout de ce qui est pourtant l’essentiel, je veux dire du mode et du degré de compréhension que des hommes à qui les sciences demeurent forcément étrangères
(sous peine que nous n'ayons pas de pain à manger, ni de souliers à mettre demain) pourront bien appliquer aux propositions des sciences. Il faut et il suffit que celles-ci soient uniformément -entendues comme la négation et la dérision brutale de la religion et des traditions morales, ce qui revient à se faire, sous le manteau de la science, le missionnaire de la façon de penser la plus antiscientifique qui soit au monde, à substituer, peut-être à ajouter aux superstitions des peuples une superstition de plus, et la plus avilissante. (ï Les lois de la nature, dit Renouvier à propos de Condorcet, quand elles sont enseignées au peuple inculte de façon à lui persuader que tout ce que les sciences physiques n’atteignent pas est matière d’erreur, de superstition ou d’imposture, ne servent qu’à l’abrutir. Elles font passer les ignorants simples à l’état d’ânes bâtés (1). » Renouvier ne nie pas d’autre part qu’elles ne puissent lui être enseignées dans l’esprit et le sens même de la science, puisqu’il y faut une initiation par laquelle précisément on cesse d’être du « peuple ». Tout ce qu’on enseigne donc de « scientifique » au peuple, hors du domaine de l’utilité pratique, lui est enseigné dans des fins, non seulement étrangères, mais contraires à la science véritable et presque toujours par des gens qui ne l’entendent pas.
Cet obscurantisme qui se prend pour les <*. lumières » n’abrutit pas seulement les intelligences, mais les âmes. Si vous enseignez au peuple, non pas Laplace, Arago, Cuvier ou Darwin, de quoi je vous défie bien, mais des
(1) Philosophie analytique de l’Histoire, t. III, p. 657.
vulgarisations de Spencer, ou de Lombroso, ces arbitraires et tendancieuses systématisations évolutionnistes ou matérialistes, bourrées d’erreurs, ne porteront pas seulement dans les cerveaux des idées difformes, scientifiquement parlant; la persuasion qui s’ajoute à ces idées, sans rapport aucun avec les fins de la religion et de la morale, qu’elles vont substituer aux directions pratiques., absurdes ou inférieures, fournies jusqu’ici par la morale et la religion, des directions pratiques enfin conformes à la raison, cette persuasion folle fait d’elles de hideuses nuées, qui obscurcissent la vue des choses les plus proches et les plus constantes, font nier l’expérience éternelle et familière, tuent le bon sens, corrompent la conscience et le cœur par la stupidité ambitieuse de l’esprit. Non certes que les sentiments, préceptes et habitudes qui font l’homme juste, l’honnête homme, le bon père, le bon citoyen, l’ami sûr, soit au degré moyen, soit au degré héroïque, soient choses supérieures à l’examen de la raison. Mais les données expérimentales de cet examen sont vieilles comme le cœur de l’homme, comme ses vœux, ses besoins et ses penchants, comme la famille et la cité, comme la vie ; il n’y a pas de découverte ou de synthèse scientifique, ni de nouvelle philosophie, capable de les renouveler. « Science et sagesse, demande Renouvier, sont-elles des catégories gouvernées par les mêmes lois (i) ? » En dehors des sectaires et des révoltés supérieurs qui ne voient dans Y « émancipation » de la conscience populaire par la science positive, qu’un moyen de l’ameuter contre quelqu’un (i) Philosophie anaiyiique de l'Histoire , p. 653.
ou contre quelque chose et de l'enflammer de haine, des métaphysiciens solitaires, inconscients delà sûreté de leurs mœurs privées, se trouvent sans résistance contre ces expériences meurtrières, parce qu'ils croient que les difficultés de la morale sont des difficultés théoriques et que les problèmes touchant à ses principes demeurent toujours ouverts, comme ceux de la philologie comparée. De toutes façons, persuader au « peuple » que les fondements vrais de la morale dépendent des conquêtes de la science, c'est nécessairement, dans la mesure où son bon instinct ne se refusera pas à suivre cette sottise, dégrader, affoler, détruire son âme.
On aborde un ordre d’idées plus sérieuses quand, de l’examen du prétendu progrès en rectitude d'esprit et en moralité, qui serait lié soit chez les individus, soit dans les masses, aux progrès spéciaux des diverses connaissances positives, on passe aux espérances de progrès social fondées sur le progrès matériel résultant des applications des sciences physiques.
Entendons par progrès social la participation d'un nombre de plus en plus grand d’individus à une certaine moyenne d'aisance, de sécurité et de liberté matérielles, l'élévation du prolétariat à une condition meilleure. Qu'en présence, par exemple, du perfectionnement contemporain des moyens d’hygiène, les pouvoirs publics ne puissent faire autrement que d'en organiser l'usage au profit des parties les plus pauvres de la population, c'est certain. Mais cette nécessité morale et politique, si fortement qu'elle doive incliner à bien faire, l'esprit des hommes res-
ponsables, n'est pas une fatalité. Autre chose est la science d’inventer ces moyens ; autre chose, la science et la volonté de les utiliser socialement et de trouver pour cela les ressources financières que ces moyens ne portent pas en eux-mêmes. Mais où l'on se rend compte surtout de l’absence de lien fatal entre les différentes parties du progrès, c’est quand on considère les rapports de l’augmentation de la masse générale des richesses avec Famélioration de la condition économique des individus et des familles pris en masse. L’esprit de justice, l’esprit de fraternité, l’esprit d’utilité, l’esprit politique et l’esprit patriotique, s’accordent à nous avertir que l’une doit avoir l’autre pour conséquence. Mais elle ne Fa pas fatalement. Il peut subsister un paupérisme troublant dans une société où la masse des richesses sera énorme. Faire aboutir l’accroissement de la masse globale des richesses à un accroissement de bien-être, de sûreté et de liberté pour tous les éléments sociaux de quelque valeur, c’est un immense problème proposé à l’art social et à l’art politique, et il n’y aucune fatalité qu’il soit bien résolu. L’opposition irréductible des solutions offertes par les doctrines politiques, sociales et économiques aujourd’hui en lutte,, en est la meilleure preuve. Car, que l’une ou l’autre de ces doctrines prévale, ce ne sera pas nécessairement la bonne ; ou bien ce sera un mélange des unes et des autres, et qui assure qu’elles ne réunissent pas leurs erreurs? Le lecteur sait déjà par notre critique des idées de 1789-1793 que le libéralisme et le collectivisme, conséquences ennemies entre elles, mais également rigoureuses, de ces idées, nous parais-
sent si peu en mesure de procurer le progrès social, que nous verrions dans le triomphe soit de celui-ci, soit de celui-là, en toute hypothèse, une promesse de décomposition pour la société, et de ruine pour la nation où il se serait produit. Or, quelque résistance queles nécessités les plus immédiates des faits opposent très heureusement à leur application, c’est cependant entre ces deux tendances que se partage la majorité de Y « Opinion » contemporaine. On ne peut, quand on estime que les principes constants de la prospérité sociale ont contre eux les courants de sensibilité et de pensée d’une société où s’accumulent magnifiquement les moyens, tout au moins inertes par eux-mêmes, de promouvoir cette prospérité, s’empêcher de rire de la croyance au progrès nécessaire. Le collectivisme, rejeton authentique, à mon avis, des principes de 1789, affecte, par la voix de certains de ses théoriciens, une descendance philosophiquement plus honorable et ne veut tirer ses prémisses que du fait positif de la transformation économique moderne, « Nous ne sommes pas les fils des Droits de l’Homme, mais du cheval-vapeur. » Si vraiment il en est ainsi, et que le collectivisme parvienne à réaliser la semaine révolutionnaire qui épuisera son ruineux succès, suivi d’une réaction non moins ruineuse, il faut dire que les plus beaux instruments de progrès, non seulement ne font pas à eux seuls le progrès, mais deviennent, mal maniés, les agents d’un profond désordre .
Telle est la réponse invariable à laquelle nous amènerait l’examen de toute question précise concernant le progrès. Il suffit que la question soit précise pour
que cette réponse s’impose. Mais une analyse de la question est justement ce qui rend aphones les bardes du Progrès- Dieu.
Le rapide examen des formes les plus caractéristiques de l’Idolâtrie du Progrès, depuis Condorcet jusqu’à l’évolutionnisme contemporain, outre l’utilité psychologique qui lui a été attribuée tout à l’heure, nous permettra de préciser cette conclusion théorique et pratique, en en variant et en étendant l’application.