CHAPITRE II L'ESPRIT PANTHÉISTIQUE
Un naturaliste philosophe, M. Ouinton, attribue une certaine infériorité de l'esprit germanique à ce fait que la sensibilité et l'intelligence n*y seraient pas des puissances bien différenciées. Il convient dedisting^uer une sensibilité cultivée de la sensibilité vul;^aire. La première nous fait éprouver très vivement l'inobservation des lois les plus déi.oates de l'honnêteté et du goût. Elle peut être, dans sa pureté, tout à fait brûlante. Sans elle, la raison serait un arbitre bien froid. La seconde comprend toutes les émotions commandées par la souffrance et le plaisir personnels. M Quinlon veut évidemment parler d'un certain asservissement du jugement à la sensibilité vulgaire.
Les conditions physiques et politiques de l'existence humaine et les données mêmes de notre nature morale offensent par d'inéluctables duretés la sensibilité vulg-aire. Nous n'avons pas besoin de dire, après noire analyse de Rousseau, quel caractère d'abjection porte à nos yeux la croyance à la bonté et à la félicité primitive de notre espèce. Nous ne savons rien, en revanche, qui marque mieux ce qu'on peut appeler la noblesse, la race d'un esprit que le morceau éternel de Pascal sur la « contradiction de l'homme ».
Trop soumis à la sentimentalité pour admettre que toutes les parties de la civilisation humaine reposent sur une discipline chèrement conquise, l'esprit germanique à la fin du xviu® siècle, était, d'autre part, trop docile, pour vérifier, par la subversion politique, la spontanéité de la vertu. Il portait en outre une étendue d'imagination et de rêve où il faut peut-être voir un don de race. Son optimisme ne passa donc pas en action, mais en spéculation. La croyance de Rousseau à la bonté de l'homme, s'amplifia, se d'iuaen une crovance contemplative et rêveuse à la bonté de l'univers.
Un siècle avant le moment où il s'affranchit de la tutelle française, et qui est celui où nous nous plaçons, ce pays avait produit une forme célèbre de l'optimisme qui s'enseignait encore dans ses écoles. Je veux parler de la doctrine de Leibniz, déjà béate, au dire de Schopenhauer, beaucoup trop sévère et rationnelle au regard de la tendance romanesque et vulgaire. Selon Leibniz, le monde est seulement le meilleur possible. La part du mal y est donc nécessaire et doit être
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acceptée dans une ferme disposition de l'esprit. Mais à peine la prédication de Rousseau, de qui l'influence en Allemagne lut et est demeurée telle, qu'on n'en saurait rien dire d'exagéré (i), eut-elle rendu la pensée germanique à la liberté de son mol instinct, que celleci, par la même fadeur d'imagination qui fait combiner aux poètes d'un certain ordre des caractères parfaitement vertueux, se composa la chimère d'une nature où tout serait digne de l'enthousiasme du cœur. Ce ne fut pas là le thème de quelques poètes, mais, pour ainsi dire, la pétition fondamentale des doctrines et des systèmes. «Les Allemands, dit M""* de Staël, regardent le sentiment comme le fait primitif de l'âme et la raison philosophique comme destinée seulement à rechercher la signification de ce fait... (2) » C'est dire que la raison s'emploiera à prêter démonstrati-
(i) C'est là un fait d'histoire littéraire trop connu pour qu'il y ait lieu d'en développer la prejve. Citons geulemenl quelques te moi juaçes. IJ'aprcs Du Bois Reyinoiid, J.-J. Kousseau fut accueilli en Allemag'ue « comme le Christophe Colomb d'un nouveau monde moral ». « 11 n'est pas d'écrivain étranger que l'Allemagne ail autant aimé, ni si vite, dit M. Lévy-Pruhl {La philox.tphie de Jacohi), elle aurait ben voulu le revendiquer pour sien 1 Ulinnm ex nostris esse' I Ce fut un en unanime ». Jacobi disait que Kousseau « a rempli son cœur dfs sentiments les plus purs, il a élevé son esprit et lui a laissé entrevoir un ciel d'amour ». Un autre contemporain, Ziinmermann, dit « qu'il n'y a pas en Europe un philosophe aussi pratique que lui. » Herdcr compte sur lui pour lui indique- la voie à suivre pour arriver à la connais^an^e de soi » Le même Herder place sous l'autorité de Rousseau cet aphori-me, que « pour le bien des hommes le développement des puissances supérieures n'est pas à souhaiter • et cet autre que, « si les connaissances sont dangereuses, 1rs sentiments sont tous bons ». Il en recommande la lecture à sa fiaiîcée, pour qui Rousseau est « un saint, un prophète qu'elle adore ». •« Mem Heiliçer I » mon saint ! ainsi l'af)ppelle Campe, un aiilre contemporain. (V. Virgile Kessel : Histoire des relations liUéraires de la France et de l' Alterna /ne, principalement p. 4o8 et suivantes en ce qni concerne Herder, Baumjarten ) Le D"" Môbius, auteur demiclairvoyant d un ouvrage sur la maladie de J.-J. Rousseau dit que 1rs Encyclopédistes « n'étaient pas dignes de deiier les cordons de ses souliers ».
(a) De l'Allemagne, 3* partie, cbap. I,
vcment aux choses, la nature qu'il nous flatte qu'elles aient, toute histoire naturelle, toute psychologie, toute politique et toute morale non fondées sur la prësupposition d'une harmonie idéale dans la nature, portant témoignag-e de la médiocrité de leur auteur : « Le véritable observateur, avoue Novalis, est celui qui sait découvrir l'analogie de la nature avec l'homme et celle de l'homme avec le ciel ».
Cette ingénuité à accommoder la vérité universelle aux désirs ducœur, estce que les Allemands nomment idéalisme. Et cet idéalisme à l'allemande entraîne le panthéisme. Je m'étonne que le critique cosmopolite Georg Brandes, qui entre avec une chaleur instructive dans les états d'âme ici recherchés, distingue si vivement celui-ci de celui-là (i). Un univers où tout est harmonieux et bon ne saurait comprendre aucune opposition de principes, aucune dualité; il exclut notamment celle du connaissant et du connu. Et, pour mériter des transports, il faut bien qu'il soit divin. Il y a un autre idéalisme, celui des Platon, des Malebranche, selon lequel il nous est donné de participer à l'essence divine, mais par les contemplations abstraites et impersonnelles del'intelligence, lesémotions de la sensibilité étant tenues pour l'élément inférieur et impur de notre nature. C'est tout au contraire par les émotions que l'idéaliste allemand se sent en rapport direct avec le divin, et d'autant plus que l'imagination les amplifie davantage, qu'elles ont, avec un objet moins précis, un plus grand empire, qu'elles sont en un mot plus passives. « La musique (on prêle ce
(i) HauptMlrômangen, i. l, p. aoS.
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mot à Beethoven) est une révélation plus profonde que la philosophie. » Je vois bien l'intensité, la magniSceiice de sentiment et de création sentimentale, mais non pas la « révélation ».
Le panthéisme germanique est peu justifié à se réclamer de Spinoza, qui divinise le monde, mais dans son ordre géométrique, c'est-à-dire en tant que rationnel. Moins encore Test-ilà se comparer au polythéisme grec, rapprochement où la prétention des Allemands de ce temps à former une race « primitive » et, pour ainsi dire, vierge, trouvait son compte. II n'y a pas entre le polythéisme hellénique et le panthéisme allemand différence de genre, mais contradiction de nature. Le premier représente les dieux sous des qualités et des essences définies, le second confond toutes les qualités au sein d'une essence indéfinissable. L'un est la chrysalide de la philosophie et de la science, l'autre est l'abîme d'obscurcissement où elles s'anéantissent.Celui là, par la formidable puissance de personnalité attribuée aux dieux, atteste la décision de la personnaIitehumaine.il n'y a dans l'être prêté au dieu germanique aucun choix de l'intelligence non plus que du sens esthétique. C'est la nature, dans sa totalité brute et indéterminée, dans ses apparences sensibles et dans l'inconnu infini que l'imagination peut arbitrairement rêver par-delà ces apparences.
Mais laissons Fichte nous exposer, avec la nature spécifique de l'esprit allemand, les raisons qui l'élèvent selon lui au-dessus de toute autre sorte d'esprit, et qui sont les mêmes pour lesquelles il nous apparaîtra comme un stupéfiant et un dissolvant de l'intelli-
gence française, si peu qu'elle se mette à cette école.
Notez d'abord et avant tout ceci, dit Fichte à la jeunesse : l'homme forme sa conception scientifique (bildet seine visse ne haft lie he Ansicht) non pas du tout avec libert' et choix, de telle ou telle manière, mais c'est sa vie qui la lui forme, et celte conception, c'est proprement l'inléiieure et d'ailleurs iuconscieule racine de sa vie devenue pensée (i).
Il faut s'entendre, dirons-nous. Il est vrai qu'il n'y a pas de puissance intellectuelle sans puissance de sentiment. L'intelligence peut coexister avec une sensibilité médiocre; mais, si souple qu'elle se montre alors, elle est chose vulgaire au fond, très peu précieuse; elle ne confère pas de prix à un homme; elle n'a rien de créateur. Seulement, si la trempe du cœur peut seule donner à l'es|)ril l'audace, la portée, ce n'est pas à lui de dicter des théories. De plus, la sensibilité comporte une culture qui l'imprègne d'intelligence et dont le résultat est le goût. La « racine de la vie » psychique est peut-être la même chez un Grec de la plus belle époque et chez un Sarmale; mais la tige est autrement dirigée ou plutôt elle a chez le premier seul une direction et un épanouissement. Or, non seulement Fichte ne distingue pas entre une sensibilité cultivée et une sensibilité barbare; mais il condamne toute culture héritée, comme tuant le sens philosophique, lequel suppose une sensibilité « primitive ». D'où cette conséquence : que les Français sont incapables de profondeur et de sérieux, parce qu'ils ont une culture traditionnelle, et que la philosophie est aile»
(i; Fichte, Rtdtn an dU dêatscht Nation [-,. Rede).
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mande, rien qu'allemande, parce que les Allemands sont dans l'humanité moderne le peuple primitif, originaire (Urvolk) et« comme tels ont le droit de se dénommer le Peuple tout court, par opposition aux autres... »
L'être intime de l'Etranger (lisez la France) ou du Nonorig"inaire, c'est la croyance à quelque chose de dernier, de ferme, d'immuable et d'immobile, à une limite, en deçà de laquelle la libre vie poursuit son jeu, mais sans pouvoir
[ jamais faire irruption à travers cette limite, la fondre en
I soi ni se fondre en elle (i).
j Je traduis mot à mot : et comment faire autrement?
\ Mais celte obscurité n'est pas si obscure! Fichte accuse nos « idées claires », nos « règles », notre « forme », nos mœurs et notre sociabilité policées, d'étouffer la liberté de l'intelligence et du naturel. Ce paysan fanatique est incapable de voir dans les disciplines, les instruments, les seuls instruments possibles, des conquêtes intellectuelles et des créations humaines en général; et la plus haute puissance de l'esprit lui apparaît sous les espèces de je ne sais quel laisser-aller infini qui ne peut engendrer que la tautologie, le rien mental. Il voit dans la Définition la mort de la pensée. On est confus d'avoir à énoncer que toute investigation a pour objet de définir, tout au moins des rapports, et que, tant qu'elle n'a pas défini, elle n'a pas abouti. Pour Fichte, c'est dans le caractère indéterminé des représentations, mêlé d'une sorte d'enthousiasme, qu'est le signe de leur plus profonde vérité. Aussi
(i) Fichte, heden an die deutsche Nation (7. Hede).
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n'y a-t-il d'autre méthode pour penser avec profondeur que l'intuition spontanée. Et TAllemand en est seul capable.
Parce que les étrangers (les Français) ne tirent pas d'euxmêmes l'élan de leur propre vie, mais que pour prendre leur libre vol, ils ont perpéluellement besoin d'un porteur et d'un soutien {sondera far freien Aufjlug sieis eines Trcigers and einer Stùtze bedûrfen) : pour cette raison leur pensée, en tant que reflet de leur vie, ne peut s'élever au-dessus de ce qui les porte (darum kommen sie auch mit ihrem Denken, als dem Abbilde ihres Lebens, nic/ii liber diesen Tràger hinaus) ; ce qui n'est pas quelque chose est pour eux nécessairement rien, parce qu'entre cet Etre refermé sur lui-même et le Rien, leur œil ne voi> rien, leur vie necontenant elle-même rien d'autre... La vraie philosophie au contraire... part de la vie unique, pure, divine, en tant que vie absolument, la même et une pour toute l'éternité; et non pas en tant que telle ou telle vie; elle voit comment cette libre vie alternativement entr'ouvre et referme son sein à l'infini dans l'apparence, et, conformément à cette loi primitive, se détermine en une existence, en un quelque chose. De cette philosophie jaillit l'existence, postérieurement à laquelle l'autre (/a pensée étrangère, superficielle) se développe. Et ainsi cette philosophie n'est rigoureusement qu'allemande : réciproquement, celui qui serait un véritable Allemand ne pourrait pas philosopher d'une autre manière (i).
Je n'admettrais pas, devant ces fumées, un simple haussement d'épaules, et peut-être Renouvier va-t-il trop loin quand, après avoir exposé une controverse ontologique entre Schelling- et Heg-el, il observe « que cette argumentation fait penser aux raisonnements qu'opposerait à un aliéné quelqu'un qui aurait lui-même
(i) Fichte, Reden an die deutsche Nation [7. Rede).
des raisons pour prendre les imag-inations folles au sérieux (i) ». 11 est parfaitement possible, ou plutôt »1 n'y a g"uère à douter qu'aucune de nos« idées claires», de nos « définitions w, n'exprime exactement la réalité, l'intimité des choses auxquelles elle s'applique, et, par exemple, que ce que nous appelons déterminisme, ne soit qu'une traduction artificielle du procédé de la nature dans la g^énération des phénomènes. Il est donc absurde, mais il est logique, si l'on s'entête à cette critique hyperbolique, que la pensée se refuse, sous prétexte de vérité, à toute détermination. Lamonstruosité véritable de la pensée allemande, c'est de faire de cette attitude négative quelque chose de positif et de créateur, et de nous donner pour les idées les plus expressives du fond des choses, des idées qui, n'étant pas définies, ne sont que des larves d'idées. L'enthousiasme métaphysique à la Fichte, c'est l'enthousiasme d'un avortement mental éternel.
Il faut cependant se donner l'illusion de reconstruire ou de déduire le monde, en partant de l'intuition de Dieu. On prendra nécessairement pour une telle intuition des états de conscience d'où toute détermination de temps et d'espace soit absente, qui soient intenses sans représenter rien. Voilà le thème de l'imagination métaphysique allemande, sorte d'imagination à reculons qui s'évertue à réaliser la plus haute exaltation de la sensibilité dans le plus parfait vide de l'esprit, et croit trouver son triomphe dans des moments d'illuminisme ténébreux.
Quand, le pas de l'Absolu franchi, il s'agit d'en
{l) Philosophie analytique de l'histoire, t. IV, p. 17.
venir à l'explication des réalités, l'inriagiiiation a beaucoup plus libre carrière. Ces prétendues déductions de la nature et de l'histoire ne sont, à vîai dire, que la suite des étals de rêverie el de sentiment qu'inspire à Fichte, Schelling-, Heg^el ou autres, une impression sommaire des généralités de la nature et de l'histoire. Parce que ces rêveries sont imprécises, et ces sentiments fluctuants, on se persuade qu'ils surprennent la mystérieuse genèse des choses.
Mais s'il y aurait quelque duperie à s'attacher au contenu dix fois jugé de ces systèmes, il est capital d'en relever l'intention profonde. Car elle les dépasse. Non seulement, comme dit Fichte, des Allemands étaient seuls capables de les concevoir, mais ils sont la glorification doctrinale de l'esprit germanique dans ses impuissances et ses barbaries, la dépréciation théorique de l'esprit classique et français. Ils sont l'expression et la justification métaphysique — d'autant plus dangereuse par la part de lourde naïveté qu'elle renferme — de l'esprit de nivellement par en bas dans l'ordre de la culture, une sorte de jacobinisme transcendant, l'inférieur qui s'enfle jusqu'à l'infini pour résorber le supérieur. Si toutes choses, indiff"éremment, doivent être comprises comme le devenir spontané d'un principe lui-même sans qualité, que cette vue soit l'apogée ou l'abîme de la sagesse, et qu'elle soit appliquée à l'histoire de l'esprit humain, celle-ci ne contient plus, au fond, de contraires. Tout, dans la même brume, prend la même couleur. L'éclat d'Athènes, de Rome et de Paris s'évanouit. II n'y a plus de guides de l'humanité. La
perfection est partout. Aristote est un prophète, et Jcrémie, un philosophe. C'est la destruction de la critique, sous prétexte de critique universelle, un art équivoque de délayer tout dans tout, de parler de tout à faux, de faire dire aux philosophies, aux religions l'opposé de ce qu'elles disent, de ramener l'affirmation à une négation, et plus encore de hausser la négation à la dignité d'affirmation, d'apprécier les positions intellectuelles et morales le plus nettement prises par les hommes du passé, selon l'indécision d'une pensée qui se croit la plus grande, parce qu'elle ne s'arrête nulle part. Voilà trop souvent l'objectivité allemande. Elle est l'entière subjectivité. L'optimisme de l'esprit germanique s'épanouit dans une philosophie de la nature et de l'histoire universelle qui divinise son inexpérience et ses tâtonnements.
Entre cet esprit et la tradition de culture gréco-latine, si l'on ne veut pas qu'il soit parlé d'inégalité, on doit admettre au moins qu'il n'y a pas de commune mesure. Pour nous cependant, la pensée germanique n'est pas une essence si mystérieuse et originale, le principal défaut que nous lui trouvions est le défaut d'être, joint à une complaisance toute « primitive » en soi-même. Elle est le germe, qui aurait refusé de passer par les phases normales de la maturation, pour se développer monstrueusement sous sa forme de germe et étouffer dans son expansion !es beaux arbres longuement cultivés. Le bon Fichte, jugeant l'esprit français, le déclarait irrémé(liabl«^menl rétréci et desséché; il disait « qu'il est vain et impossible de vouloir nous convertir, qu'il faudrait nous
faire, et nous faire autrement que nous ne sommes, si on le pouvait » (i);que, pour nous amener à penser à l'allemande, il faudrait « métamorphoser tout notre être et nous arracher l'âme du corps (2) d. Fichte avait raison.