En tête du carnet correspondant du Journal
et sur un autre : « J'aime le bruit, les luttes, les agitations de l'humanité » : ; sur un troisième : « nous prions, nous espérons, nous combattons en attendant la victoire ou la mort » *.
«Les forces antireligieuses» puissantes «sous la Restauration®» avaient obligé Louis XVIII à composer avec elles et obtenu sous Charles X un succès en 1828. La propagande voltairienne s'était déchaînée. Un rapport au ministre de l'Intérieur pouvait compter, nous l’avons lu, deux millions sept cent quarante et un mille exemplaires d'ouvrages hostiles à la religion sortis des presses entre 1817 et 1824. Des éditions de Voltaire et Rousseau avaient été tirées à la douzaine ; cent mille exemplaires de Tartufe répandus d’un coup pour cinq sous pièce. Capitulant en 1828, la Restauration ne masqua pas aux yeux des libéraux-jacobins la désagrégation de l’édifice religieux. Quel encouragement pour eux ! Leur autorité, leur organisation bénéficièrent, plus encore quede la maladresse des ultras, de la redoutable poussée des masses populaires dans le sens d’on ne sait quelle fausse libération d’une religion vieillie. Quelles conséquences la révolution de 1830 entraînait-elle dans ces conditions pour le catholicisme ?
Légitimistes et jacobins ayant identifié à lui la cause des Bourbons, la chute de Charles X fut considérée comme un coup, terrible selon les uns, mortel selon les autres, pour l’ancienne religion d’État. « On le lui fit bien voir ». Le cardinal de Rohan, à ce qu’il dit, faillit deux fois être fusillé avant de réussir à s'enfuir de Besançon 4. Tandis qu’à Paris la populace détruit l’archevêché, saccage églises et couvents, les évêques recommandent aux fidèles l’immobilité, le gouvernement s’abstient si soigneusement de toute intervention dans la lutte anticléricale, menée sur le boulevard et à la Chambre des députés, que « jamais, selon Montalembert, on n'avait