‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 112 sur 394 · Journal, 9 décembre · texte numérisé non relu

Journal, 9 décembre

2. Lettre à Anckarsvärd, 22 novembre 1830. Revue d'Histoire diplomatique.

3. C'est le titre d’un article de Joseph Dedieu publié dans la Revue pratique d'Apologétique, 15 février 1013, p. 721. Nous y empruntons ici plusieurs renseignements. Cf. de Guichen : La France morale et veligteuse à la fin de la Restauration.

4. Le cardinal de Rohan à Montalembert. Lettre datée de Fribourg, en Suisse, le 28 octobre 1830. — A. L. R. Dossier 563.

vu une nation aussi officiellement irréligieuse » :. On sait que la Chambre, dans la discussion du budget de 1832, réduisit de moitié le traitement des évêques, qu'après l’émeute du 14 février 1831, le gouvernement refusa de reconstruire l’archevêché et de rouvrir Saint-Germain-l’Auxerrois. Nous verrons plus loin l'éclat de l’affaire des trappistes de la Meilleraye. Rien d'étonnant à tout cela puisque la bourgeoisie qui avait élu le Roi des Français « était imprégnée de voltairianisme »?, L'État de Juillet est laïque.

La solution traditionnelle : adaptation de l’Église au nouvel état de fait, était en la circonstance la revendication de ses droits dans les limites de la liberté commune, revendication de citoyens, sans appui du pouvoir. Le clerc fameux qui, dès 1816, annonçait le duc d'Orléans, qui en mars 1830 avouait son penchant pour la démocratie *, Lamennais — devenu ennemi des Bourbons et champion de la liberté, — Lamennais est trop indépendant de la hiérarchie ecclésiastique pour n’entreprendre pas cette manœuvre, et de toute la force de son imprudent génie.

Il sent d’ailleurs que le sentiment religieux, loin de disparaître, sourdant ici et là, pourrait bien jaillir de toutes parts grâce à l’éruption même de 1830. C’est l’heure où Ozanam et Gratry « à un temps qui éprouve le besoin de croire... apportent la foi ; et comme il est las du raisonnement ils lui parlent peu de la raison » 4. Goyau soulignera 5 que c’est réveil de l’énergie plus que de l'intelligence.

Par toute l’Europe le catholicisme monte avec la liberté : Manzoni et Goœrres, Mérode, O’Connell et Skrzynecki sont les artisans de ce triomphe. Pourquoi cette stupeur des catholiques français ? Laisseront-ils étouffer ce sentiment religieux par le jacobinisme déchaîné, le gouvernement d’un banquier ou d’un universitaire ? Le laisseront-ils dévier vers la mystique socialiste ?

1. Cité dans M. J., t. I, p. 255 ; cf. Lambruschini : La mia nugiatura di Francia (Bologne, 1034).

2. Debidour : Histoire des rapports de l’ Église et de l’ État... ., P. 410.

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