Cf. Première partie, p
vaste société d'assurance mutuelle » !. Bien plus : les bases de la république selon l'Avenir sont admises par Montalembert comme celles de son régime préféré, celui des libertés.
En tout cas, avec moins d’enthousiasme prophétique que le maître, et loin d’accabler comme lui les vaincus d'hier, Montalembert suit ce courant démocratique. Ceci par un certain réalisme, et aussi par une sorte de fatalisme mennaisien : il est convaincu qu’un « jugement de Dieu » condamne les rois à un aveuglement « incurable », précurseur de leur ruine... 2:
Montalembert suit ce courant surtout par libéralisrne. IL convient de discerner quelle fut la part d'influence de Lamennais sur Montalembert et l’on empruntera volontiers au disciple lui-même cette imputation. À Lacordaire, qui lui reprochait d’être envoûté par M. Féli, Montalembert répondit de Francfort le 6 décembre 1833 :
Il est au contraire remarquable combien peu l’Abbé de la Mennais a exercé de véritable influence sur moi. Il ne m’a donné, à vrai dire, aucune de mes opinions, aucune de mes croyances. Mon Catholicisme et mon libéralisme ont surgi l’un à côté de l’autre dans mon âme presque au sortir du berceau ; j'étais tout aussi libéral que je le suis aujourd’hui (peut-être beaucoup plus) lorsqu’à douze ans je faisais jurer à ce pauvre Arthur, qui en avait dix, d’être toujours fidèle à la Charte. J'ai porté ces opinions au collège, en Suède, en Irlande ; j'ai écrit sous leur dictée dans la Revue Francaise ; je suis entré avec elles à l'Avenir où l’Abbé de la M{ennais) les a régularisées et m'a montré le moyen de les unir aux idées religieuses et à son système ecclésiastique que j'ai adopté sans m'en occuper ?.
Distinction juste, à cela près que le recul du temps et la divergence naissante d’attitude à l’égard de Rome amoindrissent la puissance à laquelle Lamennais avait apparemment élevé le libéralisme de Montalembert. Titan flamboyant, Lamennais éblouissait jusqu’à l’aveuglement, mais illuminait ; il embrasait d’ardeur pour la lutte, et réchauffait de son affection brûlante. L’ascendant, l'emprise qu'il exerçait étaient