Journal : 1838, feuillet
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4. L'Union se présente ainsi elle-même à la fin d’une brochure de soixante-quinze pages intitulée Nouveaux renseignements sur l’expulsion et la déportation des trappistes anglais de Meilleraye, par M. de Regnon (décembre 1831) : «L'Union Catholique et l'Union Bretonne paraissent l’une le premier et l’autre le 15 de chaque mois... à Nantes. Ces recueils ne donnent pas de nouvelles politiques, mais ils développent toutes les doctrines catholiques que défend le journal l'Avenir. Au moment de sa suspension l'Avenir a recommandé l’Union à tous ses abonnés. Les recueils de l'Union sont dirigés par un comité mipartie de prêtres catholiques et mi-partie de laïques... » (Archives de l'Abbaye de la Meilleraye).
5. Tarlé, professeur à l’université de Léningrad, a écrit un article très
organisées continuellement par les extrémistes. Néanmoins, cette levée en armes du prolétariat était lourde de conséquences, en un temps où le ferment révolutionnaire menaçait toute la société. Montalembert ne traite pas de ce problème politique. Le hasard avait voulu qu’il fût témoin, car les « pèlerins de la liberté » étaient arrivés à Lyon au lendemain de la victoire des insurgés. Après avoir noté leur attitude religieuse et approuvé les ouvriers de « reconquérir leurs droits » ?, il avait ajouté dans son Journal (26 novembre 1831): «..…. c'est sublime. Cela me confirme dans toutes mes idées. Vive l’anarchie ! À bas tous les gouvernements ! » Boutade en moins, le même esprit reparaît dans l’article. I1 y admire avec émotion la modération des ouvriers vainqueurs, leur respect, voire leur pratique de la religion. Et de l’opposer à la vigueur du duc d'Orléans rétablissant l’ordre légal...
On voit la tendance du jeune écrivain. Tendance, là, sans plus, assez explicable par la nature de l’insurrection, la conviction de Montalembert, en ce 7 mars 1832, de la sainteté de la cause libérale que le Saint-Père examine.
Montalembert n’a pas beaucoup mieux que ses contemporains, à l'exception du rédacteur des Débats, saisi, à ce qu’il semble, la portée de cette insurrection lyonnaise. Cependant il ne lui échappe pas que « ce peuple intrépide a ouvert une époque nouvelle dans l’histoire des révolutions, refusant d’arborer une couleur politique quelconque » ?. Et s’il ne parle pas de la lutte de classe commencée à Lyon, il prophétise assez romantiquement la ruée des « masses prolétaires » sur « l'empire infâme » 3%, sans discerner les germes du syndicalisme lyonnais, ni les probabilités d’une alliance entre les extrémistes de la gauche politique et le prolétariat révolté.
Montalembert projette ensuite un ouvrage qu’il intitule-
documenté sur cette insurrection causée par la faim, article traduit par la Revue Marxiste 1929, n°8 2 et 3.
1. Correspondance de Montalembert et de L. Cornudet, p. 13. Lettre de Montalembert, citée dans la réponse de Cornudet : 7 décembre 1831. Montalembert est plus prudent dans l’article où il déclare ne pas se prononcer « sur la natureet les causes » des événements de Lyon.