‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 162 sur 394 · C0 IN D · texte numérisé non relu

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3: Non pas dans l’article, mais dans ses Pensées catholiques et politiques. À. L. R. — Dossier 115.

rait : Du despotisme tel qu'il est organisé en France eten Europe, et jette, à cette intention, des notes dans son « recueil politique » 1. On nous excusera d’en citer quelques-unes dans leur expression inachevée, assez propre à montrer, toute brûlante, la coulée de pensée de Montalembert. Ces notes débutent par des principes généraux dont voici les plus sérieux :

Impossibilité future de tout gouvernement comme tutelle. Uniquement comme délégation...

— Besoin réciproque et impérieux (qu'a la liberté de la religion).

— Le Moyen Age a étéla reproduction fidèle del’élément quiavait présidé à sa constitution sociale : /a foi. C'était une époque complète. L'âge actuel est constitué sous l’influence d’un autre élément, la liberté. Aucun pouvoir ne veut reconnaître la suprématie de ce principe. De là, lutte, conflit, époque incomplète, déchirée.

— Culte de la force brute prêchée et proclamée dans le monde par Napoléon. La victoire est toujours du côté des gros bataillons. Avilissement de l’espèce humaine.

— Il n’y à pas en Europe un gouvernement qui ne relève de Satan leur Seigneur lige, qui ne lui ait voué foi et hommage : c’est la féodalité de l’enfer (Lamennais : lettre du 23 février 1833).

Après l’énumération des persécutions subies à l’étranger par les libéraux (martyre des Italiens par l'Autriche, des Polonais surtout), Montalembert, sous le titre Faux libéralisme, groupe ces réflexions, — entre autres :

— Personne ne veut la liberté, tous le pouvoir, tous opprimés.

— Déplorable vice du caractère français, manie d’opprimer, d’abuser de la force. Conquêtes étrangères, révolutions intérieures.

— Rareté de l’amour dela liberté. On renverse l'arbitraire pour être soi-même arbitraire. L’arbitraire en soi ne révolte personne.

— Il est très bon d’ailleurs que le peuple voie tour à tour toutes ses idoles venir se prostituer sur les autels du pouvoir, afin qu'il apprenne que ce ne sont pas les hommes mais les choses qu’il faut changer.

Plus loin, Montalembert flétrit « l’ordre légal »: Qu'est-ce

1. Ces notes inédites, écrites sur un carnet que nous n’avons pas identifié, en ont été arrachées par Montalembert beaucoup plus tard et placées en tête du dossier 117, avec une annotation en indiquant la date (1832-1833) et le but primitif. Montalembert y ajoute cette appréciation : « curieux témoignage de mon exagération libérale mêlée aux vrais principes ».

qu’une loi ? «L'expression du caprice et des passions d’un ou plusieurs individus ». D'où l’«impopularité légitime des lois » : exemple la loi de l’état de siège en 1832. Le serment ? « Une monstrueuse torture ». Les douanes ? Une brimade intolérable pour l'exercice de laquelle « le pays entretiendra avec votre argent trente-six mille hommes armés et vêtus de vert... Et tout cela s’appellera ordre et civilisation ». La justice ? Une odieuse parodie puisque « toute justice émane du roi », puisque les tribunaux inamovibles sont serviles, puisque « cinq cents individus en France (les juges d’instruction) ont le droit de condamner un citoyen au secret ». L'ordre religieux officiel ? Une hypocrisie, si le ministre des Cultes annonce qu'avant cinquante ans le catholicisme aura vécu. L'ordre politique ? «La royauté de la police». La diplomatie ? «Deux ou trois malheureux intrigans » déclarent parler au nom de la France et vous céderont « des peuples sur le papier sans les consulter ».

Bref, « la liberté individuelle a beaucoup plus perdu que la liberté nationale n’a gagné ». Règnent « le monopole universel » et «le despotisme de la légalité » qui « sous un faux sem- : blant de liberté écrase la liberté même ». Leur incarnation ce sont les hommes du juste milieu, «niveau de honte et de servitude passé sur toutes les supériorités ».

Excessifs, ces jugements, du moins, demeuraient privés. Montalembert ne les garde pas pour lui et sa colère explose dans Le Livre des Pélerins Polonais... « traduit du polonais d'Adam Mickiewicz par le comte Ch. de Montalembert » publié en 1833.

On a vu l’enthousiasme avec lequel les hommes de l'Avenir, et Montalembert en particulier, avaient pris le parti de la Pologne ; on a vu son dévouement aux projets d’école et de journal polonais. Sa passion malheureuse pour la princesse Hedwige Lubomirska le torturera plus de deux ans :. Comment n'identifierait-il pas dès lors à sa bien-aimée la Pologne

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