Journal, passim
elle-même, et comment ne mettrait-il pas la flamme de son amour dans la défense de la nation martyre dont le soulèvement héroïque a paralysé l’intervention du czar contre l’occident libéral ? Comment aussi, lui nomade, sans foyer, n’accorderait-il pas sa lyre à celle du rhapsode des pèlerins polonais ? Psychologie élémentaire d’un homme qui est sensibilité.
Parmi les Polonais qu’il fréquente, comme nous l’avons dit, Montalembert reçoit la révélation du poème de Mickiewicz et l’applaudit avec fureur. Dès novembre 1832, avant même que l’ouvrage ne fût sorti de presse, le poète songeait à le traduire en français, et demandait à Montalembert sa collaboration. Celui-ci apprend péniblement la langue avec un réfugié dont il écrit à Mlle Ankwicz : « C’est M. Janski qui a fait le mot à mot dont je ne serais jamais venu à bout » !. On décide finalement que Montalembert signera la traduction et lui donnera pour titre Le Livre des Pélerins Polonans. L'ouvrage paraît à la fin de mai 1833 ?.
Les premiers versets constituant les Actes de la Nation polonaise depuis le commencement du monde jusqu'à son martyre, empruntent à la Bible non seulement son style mais son cadre même :
Au commencement était la foi en un seul Dieu, et la liberté était dans le monde... ?.
Et les peuples se corrompaient de plus en plus et il ne se trouva plus parmi eux qu’un seul homme citoyen et soldat... f.
Et la Pologne dit enfin : quiconque viendra chez moi sera libre et égal à tous les autres car je suis la LIBERTE...
Mais les rois ayant appris cela, tremblèrent dans leur cœur, et ils se dirent : Nous avons chassé de la terre la liberté et voilà qu’elle revient encore dans la personne de la nation juste qui n’adore pas nos idoles : allons et tuons cette nation. Et ils tramèrent entre eux une trahison.
Et le roi de Prusse vint, et il embrassa la nation polonaise et il