‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 187 sur 394 · Tbidem, D · texte numérisé non relu

Tbidem, D

peuple est à la manœuvre, les Lords au gouvernail, les Communes à la boussole ? ».

Enfin, la monarchie constitutionnelle est, à la période qui nous occupe, un état de fait. Or, Montalembert se sent «chaque jour plus conservateur » ? et publie que « la France a besoin d’un pouvoir essentiellement conservateur » ?. Plus d’un sage évoluait ainsi à cette heure. Albert de Broglie, qui, dans le feu de ses vingt ans, se passionnait dans l’opposition libérale et patriotique, raconte dans ses Mémoires qu'après le succès de la coalition contre Molé et l’interrègne gouvernemental consécutif, l’émeute républicaine fut pour Iui « un trait de lumière » éclairant la faiblesse de l’armature politique française, cet je suis devenu ce jour-là, dit-il, le conservateur décidé que je suis resté toute ma vie » #.

Pour un catholique au surplus, comme on l’exposera dans un autre chapitre, tout gouvernement existant est légitime, respectable, sous certaines conditions ici remplies.

Quels traits caractérisent la monarchie constitutionnelle française, comment fonctionnent ses rouages, vers 1835-1840, et, partant, quels seront les jugements et les attitudes de Montalembert à son égard ? L'’insouciance du jeune pair en la matière égale l’extrême incertitude des contemporains sur cette mécanique politique, sur « l’équivoque » régime de Juillet. Pas plus à la Charte de 1830 qu’à celle de 1814, Montalembert ne reproche un manque de clarté et jamais il ne lui vient à l’idée de préciser, comme Dupin ou Guizot, son interprétation personnelle de cette constitution. La notion de souveraineté nationale comme celle de « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », latentes dans les colonnes de l'Avenir, effleurent à peine l'esprit de Montalembert qui se pose uniquement en champion des opprimés.

Il semble guidé par le sentiment de justice. Charles X a été injuste, c’est pourquoi Montalembert a approuvé la punition.

1. Flottes : La pensée politique et sociale d'A. de Vigny, p. 85, note 4.

2. Montalembert à Rio : 11 octobre 1839, cité par Sr. C. Bowe : F, R10, p. 153.

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