Cf. aussi De la démocratie en Amérique, t. I, p
2. Paul Viollet entre autres : Le oi et ses ministres, p. Virr etc.., etc.
3. L. Bertrand : Louis XIV, passim, surtout in fine. — Tocqueville, Nouvelle correspondance inédite, p.407, défend le 9 août 1856 son Ancien Régime : « Je ne nie point que les rois n’aient eu souvent en vue le bien public dans les établissements qui ont fini par aboutir aux plus mauvaises institutions ; je dis seulement que ces princes-là, comme tous les autres, ont principalement songé à être les maîtres, soit qu'ils se rendissent nettement compte que telle était leur seule pensée, soit qu’ils parvinssent à l’envelopper dans l’idée du bien général à leurs propres yeux ». (Passage souligné par Montalembert dans son exemplaire du volume).
4. Pensées livrées notamment dans les Letires sur l'aristocratie, publiées ci-dessous en appendice.
il aime d’autres artisans de la nation française, non seulement saint Louis, mais Henri IV et Louis XVI, princes libéraux il est vrai. Ceci prouve assez combien des affinités instinctives dictent ses jugements.
Quoi qu’il en soit, au temps où parle Montalembert, la monarchie absolue est disparue en France. La Charte est comme une revanche contre l’absolutisme. Tandis qu’en Angleterre les féodaux l'avaient pu imposer à leur roi, chez nous ils avaient été vaincus. Par un juste retour une élite est créée, calquée sur l'anglaise : le Parlement, au sein duquel les pairs sont censés redonner à la noblesse son rôle gouvernant. La monarchie constitutionnelle agrée pleinement, on le sait, à Montalembert. Elle dresse entre le roi et le peuple cette élite qui paralyse le despotisme et endigue l’anarchie. La monarchie préserve de la république démocratique et est garantie par la Charte contre sa tendance intime à l’absolutisme. Aristocrate, il honore trop la grandeur pour n’admettre pas la monarchie, ainsi limitée, comme un faîte social normal en France, comme un couronnement esthétique de la hiérarchie nobiliaire. Il convient aux pairs. Decet. Ensuite, Montalembert ne désavoue nullement ces mots de Lacordaire, dont il exalte sans réserve la Lettre sur le Saint-Siège : « La France est le pays le plus monarchique qui soit au monde 1 ». Elle est «une monarchie ou un chaos parce qu’il n’existe pas de milieu réel entre la soumission commune à un seul chef et l’indépendance radicale de tous les citoyens. Les républiques sont des états bâtards comme les Églises protestantes sont des Églises bâtardes et les peuples sont toujours allés de la république à l’anarchie comme les protestants passent de leur foi mutilée à l’incroyance totale ; mais, quelle que soit l'explication du fait, il est certain que la France est monarchique par le fond de ses entrailles ? ». Chatterton précisera mieux que Lacordaire, par la plume de Vigny, une conception du rôle royal. « Il placera le roi au pavillon tandis que le
1. Lettre sur le Saint-Siège. Œuvres de Lacordaire. Édition Poussielgue 1886, t. IX, p. 33.