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5. Non le 13 comme dit Lecanuet, qui la raconte de la même façon imprécise.
6. Non le 17 comme dit encore Lecanuet, qui émascule la dénonciation de Mgr de Quélen.
la portée du « Bref aux évêques » à celle de la lettre adressée à l'épiscopat espagnol pour lui recommander de s'abstenir de politique et d’apaiser les ouailles. Montalembert présenta à Sa Sainteté la réfutation de Lamennais par Gerbet, se réjouit qu'Elle lût à haute voix « cette période qui commence si magnifiquement l'écrit et où il est dit que tous les anciens amis de M. de la Mennais sont passés à la droite du vicaire de Jésus-Christ » 1.
Montalembert se retira l'esprit et le cœur pacifiés, baïgnés de joie.
A son retour en France il entreprend l’histoire de saint Rernard et de son siècle ?, sans réserver à la seule spéculation historique le bienfait de la paix romaine. Inspiré par Ka parole du Pape touchant Louis-Philippe : « Je voudrais que tous les rois d'Europe lui ressemblassent » *, Montalembert témoigne au Roi des Français cette amitié loyale professée à la Chambre haute et confirmée dans la France contempovaine. Il se fait un devoir de « réconcilier avec la dynastie et la révolution » certains prêtres et certains jeunes catholiques sur qui il a de l'influence 4.
Sur un graphique des ardeurs dynastiques de Montalembert, on inscrirait à cette date un maximum à peine fébrile, et la courbe redescendrait ensuite qui, en 1830-1832, partait de ce minimum : «totalement indifférent à toute question de dynastie ou de personne (ie n'ai) foi qu'en Dieu et en la liberté » 5. Montalembert n'éprouva jamais de ferveur pour le roi. Cependant le jugement du Pape, puis la bienveillance de Louis-Philippe dans le règlement des incidents de l'évêché
. 1. Lettre de Montalembert à Alexandrine de La Ferronnays : Florence, 3 mars 1837, citée par Mme Craven : Récit d’une Sœur, t. II, PP. 75-76.
:.2: Journal : 20 juillet 1837.
-:3. Souvent cité et reproduit, ce mot historique se trouve en particulier dans une lettre de Montalembert à son oncle (i#fra en appendice, p. 515), dans une lettre de Montalembert à Rio, mars 1837, citée par Sr. C. Bowe : F, Rio, p. 117, et dans la Correspondance de Montalembert et de L. Cornudet, p. 204.
4. Correspondance de Montalembert et de L. Cornudet, pp. 210 et 211. Lettre de Montalembert : 7 octobre 1837.
.5. O. C;, t, IV, p. 218, au début de l’article de l’Union bretonne sur Lyon (1832).
de Dijon, en janvier 1838 !, portèrent Montalembert vers le roi. Mais huit mois plus tard, il précisait en ces termes ses sentiments :
Depuis le baptême du fils de la Princesse de Wurtemberg ?, je suis plus qu’affligé, je suis indigné. En face de l’Europe attentive à l'affaire de Cologne, et complètement éclairée sur la question des mariages mixtes, c’est un scandale, une bassesse et une lâcheté. Ma confiance personnelle dans cette famille est détruite. Je la défendrai toujours jusqu’à ce qu’elle persécute l’Église ouvertement, parce qu'elle représente, malgré elle, le principe contraire au fléau de l’Église, au légitimisme. Mais si une fois ce fléau était anéanti, plus rien ne m’attacherait à elles...
et il se plaint de la froideur du roi, marquée par une politesse embarrassée. L
Quoi qu’il en soit de l’attitude de Louis-Philippe, qui ne cachait d’ailleurs pas son éloignement et son incompréhension du tempérament de Montalembert, la tiédeur de celui-ci à l'égard du Roi des Français est attestée par lui-même. Il en est des raisons « que la raison ne connaît pas ». La personne du roi, ni celle des princes, ne l’ont séduit. De plus, 1830 et la condamnation de l’Avenir ont tranché dans son cœur des fibres qui ne sauraient plus frémir. D'autre part, la prédominante médiocrité des préoccupations matérielles — « enrichissez-vous » — de la Monarchie de Juillet, l’apparente mesquinerie de ses craintes du libéralisme, son pacifisme, ont dégoûté d’autant plus les idéalistes que les Trois Glorieuses les avaient plus exaltés. La sécurité, la prospérité dont jouit la bourgeoisie n’enflamment pas celle-ci de reconnaissance pour le roi. Moins encore le comte de Montalembert brûlera d’amour pour le souverain qui règne sur cette bourgeoisie, appelée par M. de Lamartine « l'aristocratie descendue
‘1. Voir infra, chapitre IX, p. 422.
2. La fille de Louis-Philippe avait épousé le prince de Wurtemberg, protestant. Autant Montalembert avait admis le mariage protestant du duc d'Orléans, rendu nécessaire par le refus autrichien, autant il avait [déploré cette seconde alliance. Du moins espérait-il que les enfants nés de cette union seraient baptisés dans la religion catholique, conformément aux lois de l’Église. Il n’en fut rien. 3. Lettre inédite de Montalembert à Guerrier de Dumast : 26 septembre 1838. Archivés de la famille de Dumast, à Nancy. Cf. infra, p. 308.
et déplacée d’un étage » :. Même après les attentats contre la personne royale,aucune vague de fond n’amène la preuve d’une affection profonde des Français pour la dynastie. Montalembert,en ces occasions tragiques, présente ses devoirs aux Tuileries, mais l'horreur de !’anarchie l'emporte de beaucoup en lui sur l’anxiété du péril qui menace son roi.
Louis-Philippe ne s'était pas, il est vrai, attaché le jeune pair. L’hérédité de la pairie, impopulaire comme symbole des privilèges de l’ancien régime, n’avait pas trouvé dans le roi un défenseur. Dans la société, l’aristocratie figurait une façade et la Chambre des pairs jouait de ce fait dans la vie politique un rôle effacé. Le roi était peu enclin à se solidariser avec cette classe mourante, d'autant qu'il prenait ombrage de l'indépendance, conséquence de l’hérédité. Un grief personnel animait probablement aussi Montalembert. A la Cour pas plus qu’à la Chambre haute on n’appréciait sa politique. Romantique il heurtait les réalistes, catholique les sceptiques, et l’on raconte que le roi demandait parfois «quand M. de Montalembert entrerait dans les ordres » ?.
Montalembert expliquait autrement sa mesure, sa réserve à l'égard de la couronne. L’excès de la dévotion légitimiste le mettait en colère. Il entendait ne pas tomber dans un tel travers. Il mettait surtout en avant cette conviction catholique que « César » n’est point, quel qu’ilsoit, digne d’un grand amour. Lui-même était, par instant, tenté de s’attacher davantage à la Monarchie de Juillet, et de le publier, notamment dans l’article cité plus haut de la France contemporaine. Lacordaire, alors, l’en empêchait, ou M. de Mérode, au nom du catholicisme qu'il importait à leurs yeux de ne pas compromettre.
Ces multiples causes inspirent à Montalembert une certaine indifférence vis-à-vis de la monarchie. Il participe en cela — aucun chantre ne s’est avancé des rangs des grands poètes romantiques pour célébrer la dynastie d'Orléans et la
ne Lamartine : Discours du 5 mai 1837 ; cité par Quentin-Bauchart : Lamartine, homme politique, p. 40.