Tbidem
3. O. C., t. IV, p. 272. « Des rapports de l’Église catholique et du gouvernement de Juillet ». France contemporaine : 15 mai 1838.
dentiels de l'histoire en général et notamment de l’histoire moderne » 1, Les maisons régnantes non seulement d’Angleterre, mais de Suède, Hollande, Portugal sont issues de tels.
bouleversements.
Xk x
« Ami loyal », disait l’orateur du 19 mai 1837. A ce titre il admire la Monarchie de Juillet d’avoir triomphé des « attaques furibondes » auxquelles elle est en butte depuis sept ans, des assauts et des attentats, sans mesure extra-légale, sans verser une goutte de sang?. À ce titre, il souhaïte, dans la France contemporaine,que la Monarchie de ue corrige ses imperfections. é
Il lui manque un sentiment plus intime et plus hautement avoué de la valeur du pouvoir spirituel... plus d’élévation et de générosité dans l’ensemble de sa politique.
Elle doit croire
à un ordre plus élevé que celui des intérêts purement terrestres... pour combattre l'invasion chaque jour plus menaçante de cet individualisme qui rendra bientôt tout gouvernement impossible et de ce matérialisme qui tend à transformer ce monde en machine à vapeur. le gouvernement en comptoir et la France en marché... Appuyé sur une base vraiment morale le pouvoir pourrait se dresser de toute sa hauteur au-dessus de ces luttes mesquines de coteries et de personnes qui l’ébranlent aujourd'hui ; il triompherait de cette lésinerie législative qui vient sans cesse tout rétrécir et tout SL il montrerait enfin plus de dignité et d'énergie à l'extérieur.
L'absence de base morale n’explique pas seule Les imperfections d’un régime techniquement mal bâti, mais quels que soient les vices de construction, ils n'étaient pas irrémédiables. La bonne volonté des chefs, leur dévouement au bien public eussent amélioré les choses, et dans un certain apaisement des conflits d’ambition politicienne ou d'intérêts industriels,
TIONC-, teINSD)275. :
2. Fragment inédit du même article : « Des rapports de l'Eglise catho- Jique et du gouvernement de Juillet ». À. L. R. — Dossier 521, pièce 33.
3. « Des rapports de l’Église catholique et du gouvernement de Juillet ». France contemporaine : 15 mai 1838. O. C., t. IV, pp. 280-282.
ils eussent trouvé plus clairement la voie du pays. Or, ces abnégations relèvent du domaine moral, spirituel, sous tous les régimes politiques. Transcendant la forme éphémère de ceuxci, Montalembert publie cette vérité éternelle. La profondeur de ses vues, le sérénité bienveillante de ses appréciations rappellent l’enseignement des Pontifes souverains. Un événement privé expliquera la genèse de cet état d'âme.
Après les combats de l'Avenir, après la rude défaite, le séjour de Montalembert en Allemagne et Italie, de l'été 1833 au printemps 1835, figure une trêve de Dieu dans la vie du chevalier. Il s’est réfugié, apaisé, dans la contemplation du Moyen âge. Il est revenu. à Paris réconcilié avec le Saint- Siège. Il a pris officiellement à vingt-cinq ans possession de son siège à la Chambre des pairs le 16 mai 1835 ; mais de par son âge il n’y a pas encore voix délibérative.
Trois interventions devant la Haute assemblée : et une éphémère collaboration à l’'Umiversité Catholique ? ne rompirent pas cette trêve ménagée dans son existence.
Il atteignit le sommet du bonheur humain en épousant, le 16 août 1836, une descendante de sainte Élisabeth, la fille d’un héros de l’indépendance belge. Il combla ainsi le vide de son cœur ; il équilibra sa vie. Il a satisfait aussi son inclination vers l'aristocratie militante et la politique libérale : le comte Félix de Mérode avait refusé, on le sait, la couronne belge, et ses beaux-parents de Grammont, apparentés à La Fayette, auraient soutenu l’Avenir ?.
Filialement, Montalembert emmena sa jeune épouse aux pieds de Grégoire XVI, qui avait béni Sainte Élisabeth dans un Bref, et son auteur par l’intermédiaire de Lacordaire. « J'ai été avec mon bonheur et mon amour actuels, écrira-t-il à Cornudet, suivre pas à pas la trace de mes anciens errements ». A Milan, Montalembert et sa jeune femme rencontrèrent Manzoni avec joie, mais regrettèrent de manquer l’ «admirable Pellico » que Montalembert avait embrassé, les larmes aux
. Voir plus loin : chapitre VII, $ II.
. Voir plus loin : chapitre X, $ III.
. Lecanuet, t. I, pp. 476 et 477.
yeux, l’année précédente 1. Le 24 novembre 1836, de Venise, Montalembert avait écrit au Saint-Père pour se désolidariser de Lamennais. Le 22 décembre, Lacordaire avait appris à son ami arrivant à Rome, « l’excellent effet produit » sur le Pape par cette lettre 2. Le 28 décembre, Montalembert fut reçu au Vatican $ et, le 1®T janvier 1837, décacheta un Bref pontifical, réponse à sa lettre. Il eut « un moment de bonheur et d'émotion inexprimables en parcourant ce magnifique monument de la grandeur apostolique » 4 Le 3 janvier, seconde audience 5, au cours de laquelle Grégoire XVI exposa « l'affaire Lamennais » en faisant valoir sa propre modération. Montalembert exprima ses craintes sur le gallicanisme d’une partie du clergé, sans paraître inquiéter le Saint-Père. Celui-ci formula des réserves sur la révolution belge dont il reconnut d’heureux résultats, l’Université Catholique par exemple, sans approuver les moyens par lesquels ce bien avait été opéré.
Le 12 février, audience de congéf. Le pair de France ne put se « dispenser de dire tout le mal que fait à la religion et à notre pays » Mgr de Quélen. Le Père commun accueillit pour la troisième fois ses enfants avec une extrême bienveillance, conquit leurs âmes aimantes et orienta la politique de Montalembert près de rentrer en lice. A propos de l'opposition perlée de l’archevêque de Paris, le Pape protesta que « le clergé ne (devait) pas se mêler de politique » et se déclara satisfait de Louis-Philippe. Montalembert s’aventura à déférer le regret de ses amis polonais d’avoir été blâmés. Des précisions furent alors données sur la révolution polonaise, ramenant
1. Correspondance de Montalembert et de L. Cornudet, p. 180. Lettre de Montalembert : 22 janvier 1835.