‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 197 sur 394 · Cf. ci-dessous p · texte numérisé non relu

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4. À la lettre du 4 août, Lacordaire répond le 22. Montalembert réplique le 20 septembre et garde copie de cette première lettre sur

«Tu es cent mille fois plus aristocrate que libéral, avait protesté Lacordaire auparavant t. J'ai ri bien des fois du prétendu accord politique entre toi et l’abbé de la Mennais. Lui c'est un vrai plébéien ; mais toi tu ne vois dans la liberté que la ruine de la monarchie et la création d’un autre Moyen âge chimérique. Tu es pétri d’aristocratie. » Maintenant, ajoutet-il, le 22 août 1830, « tu as voulu passer du go#t aristocratique à un sysième aristocratique. » Ce goût, qui lui nuit tant dans l’opinion, Montalembert l’a conservé, dit Lacordaire assez durement mais avec perspicacité, comme un «refentum intérieur, une arrière-pensée » qu'aujourd'hui il classe, extériorise en une préférence pour l'aristocratie héréditaire et priviléglée.

Je n'ai pas de système, réplique Montalembert, et j’ai en 1830 soutenu que la démocratie « avait... le bon droit de son côté »?. Il prétend «regretter le passé dans ce qu’il a de regrettable et... mépriser le présent dans ce qu’il a de méprisable », refusant d’admettre ce principe de son interlocuteur, que pour agir sur son temps 1l faut l’estimer 3. Ceci posé, il prouve, pour réfuter les diatribes de Lacordaire, que l'aristocratie s’honore d’un passé glorieux non seulement pendant les huit siècles du Moyen âge au temps béni de la féodalité, mais encore au temps de la Ligue, « cette admirable protestation de la société catholique expirante contre l’esprit moderne » 4. C’est alors qu'il faut juger l'aristocratie, car elle « ne consiste pas dans un certain nombre de privilèges de blason ou de cour, mais dans une participation directe et permanente au pou-

l'arisiocratie ainsi qu’il désigne lui-même le document dans son Journal et ailleurs. Lacordaire répond le 9 octobre, Montalembert le 7 décembre et garde un autographe de cette seconde lettre sur l’aristocratie. Lacordaire récrit le 21 décembre, Montalembert le 28 février 1840 et il garde copie, corrigée de sa main, de cette troisième leftre sur l'aristocratie. Lacordaire clôt le débat le 21 avril. Nous donnons pp. 517- 541 en appendice ces trois lettres de Montalembert (Lecanuet les ayant peu citées, t. I, pp. 185-190). Pour toutes nos citations, voir ces pages d’appendice.

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