Deuxième lettre sur l'aristocratie, infra p
3. Cf. Debidour : Revue des Cours et Conférences, 31 mars 1910 : Lamennais et le parti néo-catholique, pp. 106 et 107.
4. Nous revenons dans notre chapitre final sur l’opinion de Montalembert touchant les rapports de l’Église et de l’État, en y publiant un passage d’un Mémoire postérieur de Montalembert.
Voie libre, donc, de ce côté.
Voie libre aussi du côté de Rome, car le gallicanisme, épouvantail de l'Avenir, achève de mourir. Le clergé se tourne vers Rome ; en y cherchant l'appui qui lui manque, les Bourbons cessant de l’étayer, il retrouve le sens de l'unité catholique, plus intensément. Montalembert, ultramontain de la première heure, ne s’en plaint pas et plus volontiers qu'un autre recourt à Rome pour l’opposer, au besoin, au gouvernement qui n’est plus chrétien !.
Devant la France moderne, Montalembert, malgré les obstacles dressés sous ses pas, malgré ses indignations contre les légitimistes ou les voltairiens, les prêtres ou le roi, dans le remous de ses sentiments passionnés, se prend à espérer. Un jour, il raconte à Lacordaire comment il fut répondu à Louis- Philippe qui manifestait quelque goût pour le gallicanisme :
«En vertu des quatre articles votre prédécesseur ne pouvait pas mal faire et vous ne devriez pas être à sa place».— Voilà, conclut Montalembert, voilà, mon très cher, ce qu’un archevêque de Rheims dit au successeur de Louis XIV aux Tuileries, dix ans seulement après Juillet. Bénissons Dieu et admirons ses œuvres ?.
Une autre fois, il s’enthousiasme pour les conversions de plusieurs saint-simoniens, de Veuillot. À un vicaire de Pontoise qui boudait le régime de Juillet, il réplique avec vivacité :
Qu'est-il arrivé... depuis que nous n’avons plus le bonheur d’avoir pour roi le petit-fils de Louis XIV qui fit les libertés de l’Église gallicane,et de Louis XV qui chassa les jésuites ? Il est arrivé qu'un immense retour s’est manifesté en faveur de la religion. (que) les églises de Paris sont pleines en 1837 au lieu de vides en 1827. La duchesse d'Orléans, loin d’être propagandiste de Luther, disait il y a peu de jours : « je sens que je serai étrangère en France tant que je ne serai pas catholique » 5.
Il y a, dit-il encore, une immense capacité pour le bien en France et. si les congrégations religieuses pouvaient s'emparer
1. Cf. Weill : Histoire du catholicisme libéral, p. 61. Cf. aussi Taine : Les Origines…., t. VI, p. 58.