‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 241 sur 394 · Journal : 20 janvier · texte numérisé non relu

Journal : 20 janvier

Q. Journal : 2 août 1830.

que le comte Appony, ambassadeur d'Autriche à Paris se montre poli et hostile à son endroit, Montalembert apprend par M. de Sainte-Aulaire

que le Prince de Metternich a accédé avec beaucoup d’empressement et de coquetterie à la demande que j'ai faite de pouvoir pénétrer en Autriche 1.

LS

Chez les ministres en exercice, président du Conseil, garde des sceaux, ministre des Cultes, etc. Montalembert entre de plain-pied, et aussi chez les leaders politiques. Ce n’est point là éclectisme politique, quant aux théories du moins, car les partis dynastiques ne sont pas colorés très distinctement ; aucun principe ne sépare les différents chefs qui, sans doctrine, tous décidés à conserver le pouvoir à la bourgeoisie, rivalisent par convoitise de la première place. Le 7 février 1836, Montalembert est chez Guizot « qui l’enchante et l’étonne par sa sollicitude pour Solesme », en attribuant à ce monastère, par un arrêté, une allocation annuelle de quatre mille francs. Montalembert déplore son départ du ministère. Le lendemain il va chez le duc de Broglie, premier ministre démissionnaire, et s’avoue devenu «tout à fait ministériel » à mesure que ce dernier s’éloigne du pouvoir?. Aristocrate désintéressé, libéral anglophile, le duc ne plaisait cependant pas à Montalembert qui le trouvait sans doute trop doctrinaire et froid, trop modéré.

Thiers,au contraire, d’origine modeste et de fréquentations discutées, dont la vie privée, mariage compris, ne rehaussait pas la réputation et dont la vie publique semblait souvent dirigée par l’ambition, Thiers, le plébéien arriviste, séduit le pair de France. Thiers, l’auteur des lois de septembre que Montalembert a combattues, Thiers qui se rapprochera en cette année 1836 de l’Autriche et ne protestera pas contre le sort de Cracovie, Thiers qui compromettra «l’entente cordiale», conquiert Montalembert, usant évidemment pour cela de cet esprit lucide et brillant, de cette conviction persuasive, de

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