‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 242 sur 394 · Journal : 7, 8 février · texte numérisé non relu

Journal : 7, 8 février

cette décision dans l’action, de ce charme enfin que chacun lui reconnaît 1. Montalembert est donc reçu par Thiers, le jeune successeur des doctrinaires au gouvernement ; par Thiers et par son garde des sceaux, Sauzet ?, l’un et l’autre « très bien pour moi »,confie Montalembert à son J ournal, retour de Neuilly où il a dîné avec eux. Thiers tombé, Montalembert ne l’estime pas moins. Le 24 janvier 1838, 1l note

Dîner chez Thiers avec Carné. Conversation de deux heures avec lui, très intéressante, sur l'intervention Espagnole® à laquelle il me rallie complètement, sur l'attitude politique qu’il y rattache, sur ses relations avec le Roi : quoique bavard, léger et inconséquent, c’est encore le seul homme gouvernemental qui ait un peu le sentiment national au dehors. Il me dit de fort belles et bonnes choses sur la papauté et sur le respectueux intérêt avec lequel il a vu le Pape actuel : 57 n’y a que Napoléon, dit-il, qui eût fait plus d'impression sur lui ! Quel chemin nous faisons 4.

Le nouveau président du Conseil, Molé, — qui a succédé à lui-même en avril 1837 5 — accueille à sa table Montalembert : Mme de Montalembert s’y trouve voisine de M. de Sainte-Aulaire. Hier, Montalembert dîne chez Martin du Nord, aujourd’hui il défend chez Guizot la cause de M. de Mérode qu’il introduit le lendemain chez le garde des sceaux : on y traite de l'Univers. Montalembert sollicite le ministre des Finances pour un ami. Cependant il ne néglige ni Dupin ni le duc de Broglie f. Il ne s’entend point, par contre, avec M. de Montalivet, ministre de l'Intérieur avec qui il a « une prise d’une

1. Cf. Mémoires du duc A. de Broglie, pp. 48, 84, 85 ; Souvenirs de Sainte-Aulaire, p. 295 ; Flottes : La pensée politique et sociale d’A. de Vigny, p. 245 :; etc.

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