‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 249 sur 394 · Journal : 28 mars · texte numérisé non relu

Journal : 28 mars

s’agitera, inquiet des embarras et des maladresses de l’Univers, mais il ne bougera pas. Il déplorera le temps perdu, à Paris, en

innombrables et interminables sollicitations, la plupart ecclésiastiques, chez les divers ministres : c’est, dit-il, la partie la plus exténuante et la plus ennuyeuse de mon existence. Du reste pas un instant pour l’étude tranquille et suivie ; mon pauvre Suasnt- Bernard est tout à fait séick-still. Je ne sais pas si en conscience il me sera permis de mener une vie semblable l’hyver prochain. Il me faudra absolument retrancher quelque chose : mais quoi ? voilà l’embarras.

En attendant je prends une part de plus en plus active aux Discussions de la Chambre : il me semble que j’acquiers plus d’aisance pour l'improvisation et j'espère que je ne suis pas plus mal vu par la Chambre. Dieu veuille que la position que j'aspire à occuper soit utile à son Église et au pays 1.

Malgré ses multiples absences, Montalembert, dont l’activité est très féconde, jouera de fait un rôle honorable à la Chambre des pairs où sa réputation d’orateur éclate comme un bourgeon. Nisard, qui ne fut pas de ses partisans, racontait à Ollé-Laprune avoir entendu Montalembert la première fois qu’il prit la parole devant les pairs. « Il lisait ce jour-là, mais quel orateur déjà ! Thiers, Guizot sont éloquents, mais combien plus Montalembert ! Thiers est toujours un peu journaliste, Guizot toujours un peu professeur, Montalembert, mon cher enfant... »?.

Montalembert avait pris séance au mois de mai 1835. Il avait trop perdu contact antérieurement avec la politique française. Il s'était jugé « compromis aux yeux de tous les partis existants »,et, pour avoir «goûté d’une nourriture plus enivrante » que tous les ragoûts de leur cuisine, il s’en était détourné #. Volontairement il était resté longtemps hors de France, il s'était évadé autant que possible du présent, réfu-

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