‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 269 sur 394 · Journal : 29 janvier · texte numérisé non relu

Journal : 29 janvier

3. Montalembert au comte F. de Mérode: 29 janvier 1830. A. L. R.

4. Molé assure dans ses Mémoires que Montalembert aurait commis « l'’imprudence d'envoyer par la poste en Autriche des lettres iniurieuses pour l'Empereur de Russie et le Prince de Metternich dans lesquelles il expliquait toute l'affaire. Comme il était à prévoir ces lettres tombèrent entre les mains du Chancelier ». Il n’est pas besoin de telles lettres (voir ci-après celle qui fut adressée à Mme Skrzynecka) pour comprendre que la Russie et l’Autriche aient considéré la nomination de Skrzynecki à la tête de l’armée belge comme une provocation. Molé cite ensuite un mot de Louis-Philippe: « Quelle campagne le roi Léopold a été faire avec ce Polonais, c’est absurde ». (Noaiïlles : Le comte Molé, t. VI, p. 162).

5. Montalembert au comte F. de Mérode : 31 janvier 1830. A. L. R.

Tout a manqué échouer, écrit Montalembert ;on l’a d’abord très mal reçu. Si je n'avais donné cette grande publicité qu’on me reproche, rien ne se faisait. Le roi et de Theux ont heureusement montré beaucoup d'énergie, malheureusement simultanée avec la mollesse qui les empêche de répondre par un refus franc et net aux iniques décisions de la Conférence 1.

Montalembert joue ainsi la partie avec un entrain, voire un humour juvéniles, doublés d’un sens politique accusé. Il rit en effet de l'évasion de Skrzynecki comme d’un bon tour joué à Metternich. Il rend au prince « la monnaie de sa pièce » et se dédommage « de la manière brutale » dont il a été traité en Lombardie en 1834. « Maintenant nous sommes quittes, et j'espère sans rancune », mande-t-il à Mme Skrzynecka, comptant bien que cette lettre sera lue par l’indiscrète police de l'intéressé ?. Se justifiant d'autre part auprès de M. de Mérode d’avoir publié avec détails les nouvelles de Skrzynecki, il explique que, par ce moyen, ila «un peu forcé la main » aux gouvernants belges, et s’est misen avant dans la mesure où il devait « garantir l’authenticité » d’une évasion si opportune.

J'ai visé en tout ceci, selon ma théorie habituelle, écrit Montalembert, à l'effet, non pas pour moi mais pour la chose en elle-même et, je le répète, j'ai parfaitement réussi en ce qui touche à Paris... L’impression unanime a été des plus favorables et grandit au lieu de diminuer. Nous avons mis à la disposition du roi Léopold une force morale IMMENSE en lui donnant ce seul homme. En saurat-il user ? je commence à en désespérer à.

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Le 2 février, le roi de Hollande avait adhéré aux décisions de la conférence de Londres, ratifiées le 23 janvier par Molé. Bruxelles était sur le point de céder. Montalembert s’alarme, reproche aux catholiques belges de n’être pas disciplinés, à M. de Mérode d’être trop entier dans ses opinions, au clergé

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