Journal : 1er février
2. Montalembert et sa correspondance inédite avec le généralissime Shrzynechi, p. 36.
3. Montalembert au comte F. de Mérode : 5 février 1839. À. L. KR.
et aux Flandres de rester trop hors de la lutte *. Ces réactions trahissent la nervosité du combattant qui sent la défaite. Montalembert, le 9 février, serend avec son beau-frère Werner chez Molé, le complimente ironiquement « sur son glorieux succès du Mexique ?, compensation brillante de l'abandon de la Belgique ». On reparle de Skrzynecki ; Molé convient que les ambassadeurs de Prusseet d'Autriche à Bruxelles ont commis une maladresse en protestant, jusqu’à quitter la Belgique, contre la présence du général polonais. Montalembert se félicite du sang-froid avec lequel le gouvernement belge leur a remis leurs passeports à.
Montalembert n’atténd plus rien de la France dans cette affaire, et son seul espoir est que, malgré la crise économique consécutive à la tension politique, la Belgique résistera dans un dernier sursaut.
Cruelle diversion à l’affaire belge, Montalembert perd presque subitement sa seconde fillette. Pendant qu'il est absorbé par l’inquiétude et la douleur, la résistance belge fléchit de plus en plus. Tout espoir perdu de durcir celle-ci, Montalembert bataille jusqu’au bout. Le 19 février, il voit longuement le maréchal Maison, selon qui on était disposé « à céder aux Belges si ceux-ci avaient voulu persévérer dans leur résistance » 4. Fort de l’avis de ce soldat, plusieurs fois ministre et ambassadeur, qui échappe à toute accusation de romantisme, Montalembert prend sa plume, sans la retenir, à destination de son beau-père et de Dumortier, un chef modéré belge. Au premier il livre toute vive sa conversation avec le maréchal, sa fureur et sa honte de la capitulation, honteuse après tant de bravades 5. Au second il écrit une « lettre fulminante contre la lâcheté de la Belgique » f, lettre impru-
1. Montalembert à Dechamps : 3 février 1839 ; lettre publiée par La Nef : 25 février 1911.
2. Journal : 9 février 1839. — L’escadre de l’amiral Baudin avait, après bombardement et débarquement à Veracruz, obligé l’anarchie mexicaine à respecter les intérêts de nos nationaux.
3. Journal : 9 février 1839 et Montalembert au comte F. de Mérode, même date. A. L. R.