‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 271 sur 394 · Journal : 19 février · texte numérisé non relu

Journal : 19 février

dente qui, publiée malignement, entamera la popularité de Montalembert chez les Belges. Le même jour, il confiait à son Journal :

La calme fierté avec laquelle on a laissé partir les ambassadeurs de Prusse et d'Autriche a fait place à une terreur panique. Le roi, les ministres veulent céder, la majorité de la Chambre aussi. Dieu veuille que M. de Mérode se retire à temps pour n'être pas complice de cette insipide lâcheté.

Le lendemain 20,il apprend, soulagé, la démission de son beau-père qui, après le dramatique conseil des ministres du 31 janvier à la suite duquel d’'Huart, ministre des Finances, avait démissionné, avait assuré l'intérim et contribué à la nomination de Skrzynecki. Se retirant après sept années de présence ininterrompue au Conseil, il émet avec quarantedeux autres représentants un vote d'opposition à la signature du traité 1.

D’Angleterre, où l’a appelé la mort de sa mère, Montalembert suit l’écroulement de son rêve. Le 18 mars, la Chambre belge accepte le traité. Le 31, le jeune pair converse avec le comte de Senfft ambassadeur d'Autriche à Londres sur cette « misérable Belgique dont le déshonneur, écrit-il, maintenant consommé me navre et m'humilie au delà de toute expression » ?. |

Inconsciemment la sensibilité de Montalembert, une fois de plus, l'empêche d’examiner, lucide, la situation et les raisons qu’a eues Molé de liquider l’affaire belge pour qu’aucun différend ne subsiste erîitre la France et les Puissances, à l'Est surtout. (Cela tient à la politique de la « paix à tout prix », d'autant plus explicable que « l’entente cordiale » se refroidit, à cause de l’Algérie en particulier). L'année précédente il avait ainsi défini le programme politique de son choix : «maintien du système de résistance à l’intérieur, cessa-

1. Cf. B. N. Fonds Thiers N. à. f. 20608 lettre de Mérode à Thiers du 16 février 1839 pour demander à la France d'intervenir en Rhénanie et pour annoncer son intention de démissionner plutôt que de signer l'abandon des deux provinces.

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