B. N. — N. a. f. correspondance Thiers, année
lui offrit naturellement de porter les frais de route à la charge du gouvernement 1. Le 20 juin, Montalembert se décidait à accepter sans traitement ? cette mission dont le ministre ne dessinait la nature qu’à grands traits. Elle serait analogue à celle de M. de Bois-le-Comte %, quien 1833 avait contribué à l’apaisement. Montalembert promit au ministre de soutenir sa politique à Vienne, à Constantinople et à Alexandrie par un « langage ferme et modéré », de manifester la nécessité d’une entente directe avec le pacha 4 Montalembert considérait d’ailleurs ce voyage plutôt comme un repos 5.
M. de Metternich autoriserait-il cette fois plus qu’en 1834 $ le passage de Montalembert dans les États autrichiens ? M. de Mérode l’en avait prié en 1839. Par l’intermédiaire de son fils Werner, attaché à l’ambassade de France, il demanda pourquoi la permission accordée en 1839 n'avait pas été envoyée. Le prince s’excusa de l’oubli, et assura qu’il serait charmé de voir Montalembert. « Personne plus que moi, ditil, n’apprécie la portée de son talent ; c’est parce que ce talent rend les premières doctrines qu'il professait plus dangereuses que j'ai fait bonne garde ? ».
Montalembert part donc accompagné de Mme de Montalembert, et le 1er juillet 1840 adresse à Thiers, de Verdun, le billet suivant :
Monsieur le Président du Conseil
Dans la dernière entrevue que vous m'avez accordée, j'ai oublié de vous demander quelques renseignements sur le langage que je
1. Lettre de Montalembert à son beau-père le 13 juin 1840. — A. L. R. — Dossier 443.