‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 302 sur 394 · OC. RE P · texte numérisé non relu

OC. RE P

5 Lacordaire à Montalembert : 13 septembre 1838. — A. L. R. Dossier 418. Montalembert annotant cette lettre au soir de sa vie, écrivit en marge de la dernière phrase : «cet article se trouve dans les Œuvres polémiques tout à la fin » où nous le lisons en effet.

1838, Des derniers actes du Saint-Siège. La Pologne ! A cette évocation, Montalembert tressaille ; il célèbre le nouveau fleuron ajouté à la couronne de douleur et d’honneur de sa patrie par l'archevêque de Posen. La gratitude, la fierté, se fondent dans son cœur en une louange qui monte derechef vers la Papauté. La protestation qu’elle lance à la face du ciel et de la terre contre l’injure prussienne, la bienveillance qu’elle manifeste envers la France et la Belgique dont elle goûte Le zèle, soulèvent Montalembert d’allégresse.Ces encouragements du Chef suprême, il les jette comme décisifs aux ennemis de la France nouvelle et des nations libérales, de l’Église surtout, car par la plume ou la parole Montalembert combat.

De ce que les deux peuples qui ont fait une révolution en 1830 soient les seuls aujourd’hui qui donnent au Pape de la joie et de la consolation nous ne prétendons pas, à Dieu ne plaise, déduire une théorie du droit insurrectionnel formellement réprouvé par les Encycliques ; .… (mais). pleine d’indulgence pour la faiblesse des moyens, pour l'incertitude des vues de ceux qui essayent de lutter contre le mal, Rome apporte à tous les pouvoirs le secours de sa bonne foi, de sa patience et de sa durée.

L'absence de Henri V ou des Nassau ne la désespère donc pas. Impavide, elle reconnaît le bien et proteste contre le mal. Sans s’appesantir sur l’objet particulier des félicitations du Pape, l'érection de l’évêché d’Alger, Montalembert, en bon stratège, ne laisse pas le gouvernement français maître de la position dominante. Il souligne en fin d’article, pour les opposer à la faveur pontificale, deux actes fâcheux : le ministre de l’Intérieur gênant l’observance du dimanche et le conseil royal de l’Instruction publique critiquant les petits séminaires. Il termine par un hymne à l’Église, dont les catho-

1. O. C., t. IV, p. 525. L'article de l'Univers est précédé d’une introduction prudente de Baïlly. Après deux mots de haute louange, celui-ci formule les réserves suivantes: «Il y a peut-être, en dépit de M. de Montalembert lui-même, tendance à des théories dangereuses. Il nous semble que, derrière ce publiciste chrétien, se laisse trop apercevoir l’homme politique... On pourrait croire que M. de Montalembert a propension, à son insu, à graver sur sa bannière « religion et

régime nouveau ».… c’est mêler mal à propos ce qui est éternel et passager.... »

liques doivent prouver par leur exemple la modération à l’Église vraie, juste et immortelle.

Glorifiant le Saint-Siège et la catholicité publiquement, Montalembert ne se tient pas quitte. Par ses relations verbales ou épistolaires il communique sa flamme autour de lui et l'alimente des multiples renseignements reçus. Il note ceux-ci dans ses papiers intimes. Très librement aussi, il y consigne des jugements sévères sur des prélats ou des journalistes catholiques,sur des faiblesses ou des erreurs, cependant que la piété filiale, la foi dans la divinité de l'Église, les nécessités du combat, lui ordonnent de la louer sans réserve devant les étrangers et les adversaires.

L'affaire de Cologne occupe une grande place au début de la Chronique catholique. Montalembert apprend qu’à Cologne l’émeute naît, en octobre, la foule enfonçant la porte d’un doyen partisan du gouvernement hérétique ; que l’évêque de Breslau, seul de l’épiscopat, désobéit à Rome ; qu’à Aix-la- Chapelle « il y a eu presse pour retirer les fonds de la Caisse d'épargne » et qu’une vieille femme

interrogée par l'employé prussien si elle croyait que le gouvernement voulait les voler dit : Pourquoi pas ? vous nous avez pris notre archevêque, vous pouvez bien nous prendre aussi notre argent.

En Wurtemberg, trois députés se prononcent seuls contre un code pénal blessant pour l’Église. L'évêque de Rothembourg, qui a voté pour le code, est durement tancé par l’un des trois. En Bade, l’archevêque de Fribourgse range aux côtés des évêques du Nord, fidèle au Pape.

Mon excellent ami Mgr Pfaff, évêque de Fulda, écrit Montalembert, dont le diocèse comprend tout l'électorat de Hesse-Cassel et qui de tout temps a étéle plus indépendant des évêques d’Allemagne, ne pouvait manquer à ses antécédents dans l'affaire des mariages mixtes. Aussi a-t-il si bien résisté aux exigences de l’autorité civile que le prince corégent s’est vu forcé de faire une ordonnance 1...

Novembre : Montalembert rapporte d’après l'Univers que

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