‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 301 sur 394 · bidem, P · texte numérisé non relu

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lembert se réjouit tendrement de retrouver ce frère d'armes plus proche encore de lui :

cette allocution merveilleuse est un pont sur lequel nos deux âmes ne peuvent manquer de se rapprocher sans cesse. Pour moi je ne saurais assez admirer la tendre et prodigieuse bonté avec laquelle le bon Dieu a voulu que la publication de ta Lettre fût retardée jusqu’à ce que l’allocution pût lui servir de préface ! Ah ! mon ami, quel grand et beau tems que le nôtre : et comme Dieu arrange bien les affaires de. ce monde pour ceux qui savent l’attendre et avoir confiance en lui. Quel prodigieux effet (a produit) dans l’Europe décatholicisée toute cette affaire de Cologne ; et quel contraste comme tu dis avec le XvIr1e siècle où cependant tous les rois légitimes étaient encore sur leur trône ! ! que de leçons, que de germes de salut et surtout quel admirable Pape que le nôtre 1...

Montalembert s'emploie à diffuser la Lettre sur le Saint-Siège dont il cite des extraits dans l'Univers, qu'il signale au Couryier de la Meuse, aux Débats. Il annonce fièrement à Lacordaire que cinq cents exemplaires de la brochure ont été vendus en quinze jours, il en envoie partout « comme si c'était (sa) propre œuvre » et M. de Mérode « qui admire (la) Lettre comme un véritable Évangile » la distribue à force. Quant à l'opinion générale elle est « flottante », écrit Montalembert.

Les jésuites seuls, en dehors des anciens amis de l'Avenir, se sont prononcés hautement et décidément en ta faveur. Toute la clique Dupanloup, etc... est plus montée, plus furieuse que jamais ?.

La splendeur du corps de l’Église, la « sève d’immortalité » qui monte en elle des racines divines jusqu’à son chef romain et à ses membres des plus lointains rivages, les victoires miraculeuses des Pontifes sur les Césars et les empereurs germaniques, leur courage et leur sagesse dans les événements si complexes de l’Europe contemporaine, Lacordaire en les exaltant n’écrit rien que n’eût signé Montalembert.

Dans l'Univers celui-ci reprend le thème. Ayant reçu de Rome, grâce aux jésuites, «avant qui que ce soit à Paris, avant

1. Montalembert à Lacordaire : 17 janvier 1838 ; A. L. R. Dossier 2. Même lettre.

même M. Garibaldi », l’internonce, les documents publiés par Rome sur l’affaire de Cologne, Montalembert traduit les plus importants et les fait insérer dans l'Univers. Peu après, l’importance attachée par l’Europe à cette affaire l’autorise, en mars, à célébrer de nouveau la grandeur de l’Église — à laquelle il opposait dans son premier article les blasphèmes de Lamennais — et la façon providentielle dont sont déjoués les calculs prussiens. « Vous comptiez, raille le polémiste, vous comptiez.. sur le silence» et c’est l’explosion; sur la faiblesse de Rome et Rome se dresse ; sur la débandade des catholiques allemands et le coup de force ressuscite leur énergie, les groupe autour des pasteurs hier complaisants, aujourd’hui intraitables. Après avoir au passage attaqué les légitimistes une fois de plus, il exulte du triomphe de la dignité spirituelle de l’homme !,

L’archevêque de Posen, Mgr Martin de Dunin, « dont l’iné- ARTE fermeté et l’intrépide candeur ont si noblement, écrit Montalembert, vengé la captivité de son frère de Cologne » ?, est à son tour incarcéré. Grégoire XVI, le 13 septembre 1838, lui rend hommage et continue dans cette allocution l’histoire des persécutions de l’Église de Prusse. D’Italie, Lacordaire rend compte à Montalembert de l'événement. I1 lui mande que le Pape a présenté Louis-Philippe et la France comme ses « consolateurs », tandis qu’il a parlé « longuement et énergiquement contre la Prusse ». Le Saint-Père, ayant le même jour proclamé cardinal l'archevêque de Malines, a prononcé l'éloge de la Belgique. Ces manifestations portent Lacordaire à terminer sa lettre en ces termes : « Je te conjure. de préparer là-dessus un article comme tu sais les ren

Montalembert publie alors, dans l’'Umivers du 7 octobre

1. C’est l’article du 1°7 mars 1838 (O. C., t. IV, p. 262) : Encore l'ajfaire de Cologne, auquel nous avons emprunté ci-dessus l'exposé de l’objet du conflit.

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