‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 308 sur 394 · Ibidem : 18 octobre 1838, infra p · texte numérisé non relu

Ibidem : 18 octobre 1838, infra p

résurrection, plus qu’un ami de son auteur, tous les détails donnés par lui : aujourd’hui l’entrevue de Lacordaire et du garde des sceaux, l’attachement de Buchez à l’œuvre naissante :, demain la lecture des deux premiers chapitres du Mémoire que Lacordaire compose ?.

Le 14 décembre, Montalembert se rend chez le garde des sceaux, à propos pour le confesser : ce ministre craint l’impopularité des ordres religieux et préférerait faire de Lacordaire un évêque #. Le 18 Montalembert, prévenu par un maître des requêtes qui avait été chargé de rédiger une lettre contre le projet de restauration dominicaine, retourne voir Barthe et lui demande franchement ce qui en est.

Il s’est borné, note Montalembert, à écrire à l’ambassadeur de France à Rome pour protester contre l'établissement officiel de l’ordre en France tel qu’il avait été sottement annoncé par/'Uni- Vers A.

Lacordaire part pour Rome, puis, tandis qu’il se forme au noviciat dominicain de la Quercia près de Viterbe, il publie, daté du printemps 1839, son Mémoire pour le rétablissement en France de l’ordre des frères précheurs. L’archevêque de Paris traverse les plans de Lacordaire, dit Montalembert dans sa Chronique ; néanmoins, le Mémoire

a obtenu le plus grand succès et n’a pas éveillé une seule critique patente. Mais on s’en dédommage bien dans l’ombre $.

Les deux amis continuent leur fraternelle correspondance, Montalembert partageant les espoirs de Lacordaire, l’exhortant à ne pas se presser.

Lacordaire gagnait la partie. Le Mémoire portait. Il s’y adressait au pays, se réclamait de la Charte de 1830 et de ses promesses de liberté. « La liberté, dit Dom Delatte, pour La-

. Chronique catholique : 28 novembre 1838, infra p. 555. . Tbidem : 12 décembre 1838, infra p. 556.

. Tbidem : 14 décembre 1838, infra p.557.

. Tbidem : 18 décembre 1838, infra p. 558.

. Tbidem : 15 mai 1830, infra p. 561.

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cordaire était un idéal abstrait et universel dont il cherchait partout la réalisation » 1, Par conviction il présentait son plaidoyer de façon agréable à l'opinion du siècle. Nulle contradiction grave ne s'élevait encore pour troubler le noviciat de la Quercia. Montalembert propageait le Mémoire, et son ami le remerciait de ce « zèle admirable ». Il tenait le religieux au courant des réactions admiratives... et défaitistes du public, il intéressait la presse à la tentative, cherchait des fonds, des lieux d’établissement ?. D'’Italie Lacordaire écrivait de longues lettres. Le 22 août 1839, par exemple, le dominicain rapporte les félicitations qu’il a reçues de l’archevêque d’Aix : vous avez agi « en bon Français et en bon catholique » et les reproches de l’abbé de Solesmes, « très mécontent, dit Lacordaire, de ce que je n’ai pas représenté saint Dominique et les dominicains comme des brûleurs d'hommes, et je crois vraiment qu’il espérait que nous débuterions par un petit autodafé sur la place du Carrousel » #. Le 9 octobre 1839, Lacordaire parle à Montalembert des inquiétudes du Pape, au sujet de la restauration dominicaine en France, par suite des dispositions contradictoires de l’épiscopat français. Il lui envoie aussi copie de la réponse de Louis-Philippe au général des dominicains qui lui avait offert ses vœux à Noël.

L’échange épistolaire se poursuit jusqu’au retour de Lacordaire en France. Le dimanche 14 février 1841, le moine, malgré les frayeurs de l’archevêque, des ministres, du roi,

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