Lecanuet, t. II, pp
2. Lettre de Montalembert à Lacordaire : 21 septembre 1841 : la dernière phrase citée par Lecanuet, t. II, p. 48.
souscription du Roi, de la Reine, et de M. le Duc d'Orléans, lorsque ces pieux Frères se présentent chez les gens qui pensent bien t !!!
Il secourt les bernardins de Mende et leur obtient quelque argent de la reine. L’évêque de Saint-Flour avertissant Montalembert que ce sont des intrigants, il ne se repent pas de sa charité, prêt beaucoup plutôt à soupçonner l’évêque, un « carliste », de ne pas les soutenir ? parce que celui-ci serait jaloux du clergé régulier. Mgr Bouvier, du Mans, ne persécute-t-il pas Dom Guéranger, lui disputant droits et privilèges ? ®
Montalembert apprécie, entre toutes, les congrégations enseignantes parce qu’elles sont appelées à régénérer la France en remettant le christianisme dans les idées et dans les mœurs. Il souhaite autant qu’un ordre se consacre à l’apostolat des manufactures f.
Les jésuites, Montalembert n’est pas totalement rassuré à leur sujet et il accorde un certain crédit à un rapport de Bailly, le directeur de l'Univers, sur leur « toute-puissance » 5. Il les fréquente cependant. A Rome, il a visité leur général qui lui a plu « extrêmement » $. À Paris, il suit une retraite chez eux. Les jésuites sont attaqués avant tous les autres. Raison de plus pour se compromettre avec eux. Un chevalier n’hésite pas. En 1845, quand ils seront victimes de la tractation fameuse, Montalembert bondira d’indignation.
Est-ce là de la politique ? Oui, pour un catholique. La politique chrétienne prétend organiser la cité conformément aux principes religieux. Or, le premier de ceux-ci est « la primauté du spirituel », la nécessité fondamentale de la prière, d’une
1. Lettre inédite de Montalembert à Guerrier de Dumast : 15 avril 1838. — Archives de la famille de Dumast, à Nancy.