Journal : 7 janvier
4. Voir l’article de M. Perrod dans le Bulletin de l'Académie de Be- Sançon, 1934, PP. 162 et suiv.
sans dissimuler son admiration pour eux, l’activité des trois frères Bayard « sur la belle montagne de Sion-Vaudémont » 1. Libéral, Montalembert souffre de tout despotisme et proteste en particulier contre « l’emploi arbitraire et absurde de l’interdit » preuve
de l’abus perpétuel que plusieurs évêques font de leur pouvoir aujourd’hui sans bornes depuis la suppression des officialités, des exemptions monastiques, etc.
Aussi Montalembert attache-t-il la plus grande importance au célèbre ouvrage des frères Allignol. Ils réclament l’inamovibilité pour les desservants. Mgr de Bonald et d’autres évêques répliquent que l’inamovibilité rendrait impossible l’administration de n'importe quel diocèse de France. Montalembert conclut qu’il faut « sans délai. rétablir les officialités » ?. Gageons qu'il ne garde pas pour lui sa conclusion, car il parle franc.
Il dit ce qu’il pense. Il pense trop vite, parfois. Aujourd’hui, il s’indigne du « barrage » opposé à la promotion de l’abbé Olivier par la « coterie » Dupanloup et demain, il déplorera sa nomination à Évreux #%. En Mgr de Mazenod :il déteste, a priori, le légitimiste sans apprécier l’apôtre. Il exécute Mgr Affre sans prévoir la nécessité d’une collaboration future. De plus, iln’est pas doué pour les négociations, l'intrigue l’écœure. Dans les antichambres il ne combat pas à son aise, ce qui ne l'empêche pas d’aborder ce terrain mouvant, courageusement.
Malgré ces défauts, il devient l’homme public, indépendant du gouvernement, qui connaît le mieux tout le clergé et en est le mieux connu. Il se crée, sans calcul, une position unique, se qualifie pour commander l’armée catholique d’accord avec la hiérarchie qu’il rendra plus virile.
1. Lettre de Montalembert : 7 octobre 1837. Correspondance de Montalembert et de L. Cornudet, p. 211.
2. Chronique catholique : août-septembre 1839, infra p. 565. Les frères Allignol, auteurs de la brochure De l’état actuel du clergé en France (1839) étaient du diocèse de Viviers, et non pas « desservans dans les Vosges » comme l'écrit Montalembert dans cette Chronique.
3. Chronique catholique : 8-12 avril 1840 et 25 août 1841, 2nfra pp. 569 et 584.