III. MONTALEMBERT DANS LES COURANTS TRADITIONNELS
L'Université (et le Globe, nous le verrons) gauchissent le sentiment libéral de Montalembert. Sans doute. Il ne saurait cependant ignorer les maîtres du camp adverse dont son intelligence ouverte le rapprocherait si son origine et sa foi ne l’avaient déjà fait. De Maistre, de Bonald, de Lamennais, parce que catholiques puissants et parce que bons juges de leur époque, ne sont pas pour lui les risibles ou odieux épouvantails vieillis du papisme et de la théocratie qu'ils figurent aux yeux de ses camarades radicalement libéraux. Montalembert lit même en 1828 la Politique d’Aristote #.
Maistre, mort en 1821, a, par la force de son esprit, dégagé la voie de l’ultramontanisme, et élargi celle du patriotisme français, sur lesquelles s'engage Montalembert. Ce catholique étranger combat l’erreur gallicane et juge l’émigration
1. Cf. les nombreux ouvrages de philosophie du droit de M. Julien Bonnecase, notamment : Qu'est-ce qu'une faculté de Droit, pp. 99 sq.