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père lui-même. Au service des Bourbons, le comte Marc-René n'avait gagné d’abord que le grade de troisième secrétaire d’ambassade. Il était entré à la Chambre des pairs par le besoin du duc Decazes « d’opposer à la majorité ultra-royaliste. quelques hommes pris dans l’ancienne noblesse mais fermement attachés à la Charte nouvelle » 1. Sa franchise à la tribune lui avait valu d’être destitué de sa place de ministre en Danemark. Fréquemment, dans son Journal, Montalembert signalera avec satisfaction les interventions paternelles à la Chambre haute ?. Les lettres du comte Marc-René à son fils prouvent aussi la vigilance et la compréhension paternelles. Au moment des journées de Juillet il conseille à Charles, très affectueusement, de se former avant d’agir, lui raconte avec détails le drame politique, eten particulier (9 août) la présentation du duc d'Orléans à la Chambre haute. Dans ces lettres mi-anglaises, mi-françaises, il le met au courant de ses interventions devant les pairs en des termes où l’on sent la volonté de préparer l'héritier du sang #.
Trente ans plus tard, Montalembert indiquait avec admiration à Le Play 4 le discours prononcé en 1826 à la Chambre des pairs, lors de la discussion sur le droit d’aînesse, par le comte de Montalembert, dont le fils gardera trop le tempérament et la doctrine aristocratiques pour qu’on ne cite pas ici de substantiels extraits. Un noble pair avait dit : «la Révolution a été faite pour conquérir l'égalité ». — Il répond : « La Restauration est venue pour nous donner des libertés ». Il se compte au nombre de ceux qui préfèrent les libertés à l’égalité, il s'attache à tout ce qui peut consolider les institutions constitutionnelles et les protéger « contre les envahissements de la démocratie... ». Il dénonce l’erreur principale des partisans de l'égalité du partage, qui dans leurs raisonnements
1. Lettre de Montalembert à l'abbé de Montalembert, voir infra Pièces jointes en appendice, p. 514.
2. Notamment le 4 décembre 1830, le 11 mars 1831 à propos de la pétition de l’Agence relative à la liberté d'enseignement, le 22 mars et le 17 avril 1831.