‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 86 sur 394 · Foisset : Lacordaire, t. I, Pp · texte numérisé non relu

Foisset : Lacordaire, t. I, Pp

4. Cité par Mourret : Histoire de l’Église, t. VIIL, p. 79. FA

5. Cf. le livre capital de N. Burtin : Le baron d'Echstein, particulièrement PP. 95, 120, 126, 258-317.

licisme libéral. Montalembert rencontre le baron chez Lamartine et ailleurs ; il l’'admire, malgré sa manie du dénigrement :, et recommande à Cornudet de s'abonner au Catholique *. Montalembert conserve précieusement la dernière année de cette indigeste publication qu’il annote et dont il s’est servi pour la préparation de son histoire d'Irlande *. L'expression de la doctrine politique du solitaire 4 Eckstein est singulièrement proche des sentiments de Montalembert. D’Eckstein estime que l’écroulement de l’ancien régime a prouvé qu’il était miné. Miné par quoi ? Par les entreprises séculaires qui prétendaient renforcer le pouvoir central aux dépens des autres forces sociales (I, 121). Il répugne à la dictature de Napoléon en raison de son despotisme, non pas d’une prétendue usurpation. Il réfute la théorie du droit divin des rois. Il combat le gallicanisme. Il défend les jésuites. — Montalembert de son côté rompra pour eux des lances à Stockholm, préludant à sa célèbre défense de 1845 en faveur de l’ordre dont le nom demeure « commode pour la haine » 5. — D’Eckstein dénonce l'intolérance de certains catholiques. Il adopte la liberté, franchement (XIII, 74). « Quand on verra, dit-il, les catholiques sages, conservant et affermissant, sur de solides bases, leur amour pour la monarchie, embrasser les principes d’une juste liberté, renoncer à un régime de faveurs de cour ou de ministère, s’unir librement à un gouvernement fort et intelligent, devenir ainsi les soutiens du peuple et de la royauté : quand les libéraux vraiment tolérants, sacrifiant leurs penchants démagogiques reconnaîtront avec franchise les droits de leurs adversaires et soutiendront sans violence et sans mensonge leurs doctrines philosophiques, le temps nouveau aura été préparé... Il n’y a encore que des symp-

1. Journal : 29 janvier 1830 ; cf. Mlle de Lallemand : Montalembert eb'ses amis.…., P. 72. ;

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