LE» MYSTERES GLORIEUX «IQ
expédition nocturne, le petit Janvier, elle prit le chemin de fer. Elle avait prévenu le Bénédictin, le priant de la rejoindre dans le traîna Lourdes, pour qu'ils se rendissent ensemble dans la ville où, depuis environ un an, Petit-Pierre demeurait malgré lui. En même temps elle avertissait Lucien des jour et heure de son arrivée.
Petite-Marie et son papa allèrent à la gare pour la recevoir. Comme c'était à l'heure des obsèques, Petit-Pierre, bien à regret , ne les accompagna pas et tint le deuil, sur le conseil du savetier, en compagnie de deux paysans dont la lointaine parenté avec Charles Durand ne leur conférait aucun droit sur la villa et les titres qui revenaient naturellement au neveu en Tabsencede dispositions testamentaires. Cela se passait comme dans les contes de fées, d'autant plus que Tune d'elles, plutôt un ange, c'était, pour Petite-Marie qui Tatten- Jait sur le quai de la gare, M'^® Dominica,
Lorsque s'ouvrit la portière, elle reconnut à sa grande beauté celle dont lui avait parlé, avec tant d'amitié et d'enthousiasme, son petit fiancé. Mais voilà... les enfants éprouvent des déceptions qu'ils cèlent, et c'est bien dommage, car ils nous privent
ainsi parfois de récréations bien amusantes pour notre esprit. Petite-Marie, en songeant à force à Dominica, s'était persuadée que la jeune fille avait des ailes. Aussi, lorsqu'elle la vit mettre pied à terre tout simplement, précédée du Bénédictin, elie pensa : elle doit les cacher sous son manteau.
Les affaires devaient se conclure rapidement. Quand les bienfaitrices cachent leurs ailes sous le manteau, les parents qui n'ont droit à rien accrptentvolontiers les transactions qu'elles leur conseillent, et les notaires sourient. Le curé, qui ne pensa pas devoir refuser à Charles Durand la sépulture ecclésiastique, eut, après l'enterrement, un long entretien avec Dominica et le moine, durant lequel il les renseigna soigneusement sur tout ce qui s'était passé, fit ressortir la divine bonté de Lucien et de sa famille pour l'orphelin, n'omit pas même de déclarer en souriant que Petit-Pierre et Petite- Marie s'étaient ouverts à lui, chacun de son côté, de leurs fiançailles.
Tous trois, après avoir conféré, firent v^enirle tabellion qui trouva parfaite la combinaison qu'on le pria de faire aboutir le plus tôt possible avec l'aide
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iiiorale du doyen. Lucien accepterait la tutelle de Petit-Pierre qu'il prendrait en pension et auquel il apprendrait le métier de cordonnier; la villa serait louée; Doininica ou sa famille payerait une rente annuelle au même Lucien pour qu'il prît la g-arde de Petit-Janvier, rente qu'elle accroîtrait jusqu'à la majorité de l'enfant qui serait alors mis en possession d'un petit capital.
C'est ainsi que tout s'arrange avec l'aide de Dieu.
Et maintenant allait se parfaire la solennelle assomption de l'âme de Dominica.
Revenue à Marseille, la jeune fille pria durant quelques semaines avec plus de ferveur encore que de coutume. Puis, un soir que tous les siens se trouvaient réunis, elle leur fit part de sa résolution. Pas un mot ne s'éleva pour protester dans l'entourage ému qui sentait planer au-dessus des paroles de Dominica la formelle volonté de Dieu, Quand elle eut exprimé ce qu'elle avait à dire, elle se leva de sa chaise. Jamais elle n'avait été plus belle dans cette soie de braise qu'elle affectionnait, et qu'elle semblait avoir revêtiie ce jour-là avec plus de goût
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encore qu'à Tordinaire. Elle remonta dans sa chambre pour en redescendre, vite après, habillée cette fois d'une pauvre robe grise. Elle avait ôté de ses theveux la fleur incarnate qui y était piquée tout à l'heure, et de Finsolent casque d'ébène elle avait fait une coiffure de charitonne. Quand elle réapparut, sa mère, ses sœurs, ses cousines étaient silencieuses, leurs mouchoirs sur les g-enoux ou sur la face. L'amiral debout, les larmes aux yeux, contemplait une miniature fixée à sa tabatière, le portrait de Tautre... de la coloniale enfouie dans les corolles flamboyantes...
Dominica s'avança vers sa mère. Et, comme elle avait fait jadis lors de sa première communion, elle se mit à genoux et prononça simplement ;
— Pardon, maman.
On étouffait. Elle reprit .
— Pardon, maman. Bénissez-moîpour que j'aille soigner les pauvres de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Puis, toujours à genoux, elle se retourna vers ses sœurs et cousines et dit encore :
— Pardon.
Elle se releva, s'avança vers le marin qui san-
LBS MYSTÈRES QLORIBXnC 12$
p-îotait. Ils se regardèrent. Elle lui prit les mains longTjement.Il semblait que ce fût là l'effort suprême à accomplir. Les doigts du vieillard tremblaieiit dans ceux de la jeune f3He. Enau elle se détachae
LE COUROxNNEMENT DE LA SAINTE VIERGE
{Prière.)
Sainte Marie, sainte Mère de Dieu, priez pour le poète qui vous dédie ce livre qui a poussé comme un arbre rond qu'éclairent tour à tour le soleil et la lune et dont chaque feuille loue le Créateur en chantant. La pomme rouge et odorante qui est au milieu, c'est la vivante Dorninica. Elle est à voire petit Enfant. Qu'il la cueille et la pose en se jouant sur son Sacré-Cœur.
Sainte Vierge des Vierges, priez pour la jeune fille qui danse, vêtue d'une robe éclatante ; qu'elle soit semblable à la vivante Dorninica, ne vacille point; que son cœur demeure comme la flamn e abritée par la veilleuse; comme l'immobile feu du
LES MYSTÉnsi olouiiux asS
p«5ranium dans Tazur. Et qu'un jour, arrachant de sa chevelure la fleur changeant'* du monde, elle la change pour le Hs de vos autels. Priez aussi, 6 fille d'Anne, pour Annette l'ouvrière qui conduit le fil lumineux, brodant le voile de votre couronne. Qu'elle fasse taire, en vous invoquant, les obscures tentations de la rue; qu'elle ne relève la tête que pour considérer quel tour accomplit le soleil dans la longue journée sans distractions i
Mère du Christ, priez pour tous ceux dont la face est à la ressemblance de l'empreinte du voile de Véronique; pour ceux qui aux fontaines de Lourdes baignent leurs paupières cuisantes; mère de tous les Etienne Durand qui n*ont plus la force de supporter le poids du pain qui les nourrit; mère des Petit-Pierre martyrs ; mère du jeune homme qui, transpercé par le glaive de l'amour, tire furtivement son mouchoir dans l'hosanna du grand pèlerinage : acceptez tant de larmes, et qu'elles brillent aux pointes de votre diadème.
Mère de la divine grâce, priez pour que cette grâce se répande sur les âmes, les pénètre, les
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adoucisse comme l'eau ruisselante imbibe et lisse lea prairies.
Mère très pure, Mère très chaste^ Mère tou- ^ jours vierge, Mère sans tache, rendez vos filles semblables à ces gouttes de pluie teintées de ciel qui roulent sur les feuilles sans y adhérer ni prendre aucune poussière ; aux roses qui conservent jusqu'à leur mort, et malgré le soleil brûlant, au dedans d'elles, leur cœur dans une ombre fermée; aux n3'mphéacées qui savent vivre dans le marécage sans que la boue ait prise sur leur blancheur.
Mère aimable, priez pour la vivante Dominica, pour ses pareilles aussi attentives à plaire au prochain dans les moindres occasions; qui ne dédaignent, ne rejettent rien : ni le petit feu qui réchauffe la marchande en plein vent, ni les jouets de l'enfance, ni les distractions de la faible vieillesse... rien de ce qui peut donner une ombre de bonheur à ceux qui sont privés de sa lumière.
Mère admirable, prier pour celles qui, sœurs de la vivante Dominica, recueillent les enfants
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abandonnés et les font leurs comme vous en avez tant ramassé pour qu'ils soient vôtres. La fille de Pharaon, allant au bain,, était-elle plus imposante penchée sur le berceau de Moïse que la jeune vierge chrétienne inclinée sur l'osier où le petit Janvier reposait ? Etait-elle plus empressée, sous les plumes d'autruche et les palmes, à faire donner' à boire au fils de sa charité quand elle disait à la sœur de l'Hébreu : « Emporte cet enfant et aliaitele-moi, je te remettrai ton salaire ?» Et si Moïse fut comme le fils de celte princesse de l'Eg-ypte, Petit-Pierre ne recouvra-t-ilpas Tamour de sa mère perdue dans le cœur de la vivante Dominica ?
Mère du bon conseil, priez pour celles qui, sœurs encore de la vivante Dominica, vous interrogent au moment qu'elles vont prononcer leurs vœux. Soyez pour elles comme la sage aïeule aux pieds de qui la jeune fille émue s'assied pour lui ouvrir son cœur. 0 Mère ! que doit-elle choisir ? Sera-ce la robe claire et les gais enfants dans le soleil de la villa, l'amour chrétien, mais humain, devant les nuages de mouettes ? Sera-ce l'hôpital et la robe sans éclat où^ près des ciseaux de couture, pend au gibet l'Epoux qui ne rit pas ?
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Mère du Créateur^ priez pour ceux à qui ressemblent ces portraits que j'ai peints, que je n'ai pu ainsi peindre que parce que les modèles m'en ont été proposés par la Toute- Puissance créatrice. Dira- \-on que la vivante Dominica n*a point existé ? Eh I qu'importe si cette ombre poétique suscite quelque vocation ; si la grâce, se servant du néant, lui donne une sa iii de chair et d'esprit qui vive au pied des autels ^
Mère du Sauveur, priez pour celles qui ramènent les âmes perdues comme vous retirez de la mer les naufragés lorsque, du haut du rocher de !a Garde, vous leur lancez les bouées et les câbles du salut ; ô vous qui avez eu pitié de la petite marchande de fruits marins repêchée par la vivante Dominica dans les filets d'or de la grâce I
Vierge très prudente, priez pour que nous pesions avec justesse notre cœur, pour qu'il conserve cet équilibre que nous apprécions dans la vivante Dominica, et pour que ceux qui se croient appelés s'assurent de leur fermeté sur le sol banal avant qu'ils abordent les voies extraordinaires.
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Vierge vénérable^ priez pour qu'à ia fin de notre vie nous inspirions le respect à cause de ce que nous aurons soufTert sans cesser de croire. Que si nous portons, inscrits sur nous, les caractères de la douleur, coniîi e les églises montrent les épreuves du temps autour du Dieu éternellement jeune qu'elles gardent, nous conservions aussi ce Dieu dans notre cœur 1 Que nous ressemblions au vieux marin de cette histoire *
Vierge digne de louange^ priez pour que ni on pipeau soit juste quand il vous chante, pour qu'il exhale cette harmonie qui, du cœur de la vivante Doniinica, s'élève sans efïort. Moi aussi, je ne suis qu'un roseau et le plus faible de la nature. Comment entonnerais-je un cantique en votre honneur si vous-même ne le souteniez de voti voixf
Vierge puissante, ]>T\çz afin que ^ réalisent, sur la grande trame que le ciel ourdit, les projets que l'on forme pour de modestes bonheurs humains. Qu'il nous soit permis de voir grandir dans l'aisance l'orphelin que nous avons connu dépossédé. Qu'il épouse celle qu'il a aimée toute petite et qui
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Ta aimé tout petit ! Que l'obscure boutique de Lucien s'agrandisse sous la conduite du charpentier qui couronne votre front avec l'ombre d'un lis I Que les marteaux des artisans sonnent clair comme des ang-élus et comme les cris des coqs à l'ombre des platanes I
Vierge démente^ priez pour que les persécuteurs de votre Fils obtiennent miséricorde ; priez pour que les Charles Durand, à l'heure confuse du grand débat, trouvent dans leur âme endurcie le cri muet de l'adhésion; priez pour les matelots qui passent au large de votre statue dorée, le blasphème aux lèvres, la débauche au cœur. Ce sont des enfants. Ils ne savent pas ce qu'ils font. Considérez, pour leur obtenir pardon, que leurs grands cols arborent la couleur de votre ceinture, ô Immaculée! Neige vivante sur le bleu de la merl Nuage blanc dans l'azur l
Vierge Jîdèley priez pour que la vivante Dominîca et ses sœurs soient exactes et attentives ; que l'huile d'olive ne s'abaisse point dans la lampe du sanctuaire sans que ces vierges sages en relèvent
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le niveau; que le moment de leur oraison n'avance ni ne retarde ; que leurs cornettes, telles que des colombes privées, accourent au moindre soupir du malade et voltigent de croix en croix.
Miroir de justice, priez pour nous, vous qui reflétez le Ciel. Dissipez les vapeurs qui naissent de l'haleine des mots vains et qui ternissent dans l'âme les reflets de la grâce. Que rien n'obscurcisse en nous ce plan divin où le grand- oncle amiral et sa filleule, la vivante Dominica, voyaient se mirer les astres dans la pureté d'un confesseur.
Siège de la sagesse, priez pour que nous puissions instruire dans la Loi de Dieu l'enfant sur nos genoux, puisque les vôtres ont servi d'escabeau à l'Enfant qui vous enseignait.
Cause de notre joie, priez pour que nous sentions planer, sur nos douleurs mêmes, cette ineffable allégresse qui nous saisit comme un embrassement lorsque nous vous voyons poindre dans l'anfractuosité du roc de Lourdes; pour que, d'aussi loin que Ton vous aperçoive, on vous reconnaisse
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et ressente, dans son cœur, comme les fuméesd'un vin de fêle.
Vase spirituel^ Vase honorable, Vase insigne de dévotion, priez pour que ia vivante Dominica ei ses sœurs, prosternées aux pieds de votre Fils, lui soient iointainement ce que vous lui avez été : le ciboire et le calice et cette amphore dont le baume, sur la voie du Calvaire, ne cessa de s'exhaler.
Rose my^stique, priez pour nous, épanouie sur la couronne d'épines, sans que personne puisse comprendre comment le buisson des saintes femmes a poussé si haut cette ti^e.
Tour de David, Tour d'ivoire, priez pour que nous apprenions de vous le recueillement; pour que, retirés mais veillant dans notre cellule, entre les créneaux, près du ciel, nous épiions le vol des ang-es que guettait de sa chambre la vivante Dominica.
Maison c/'or, priez pour nous! Que ce titre reluise comme Tenseigne de rhôlellerie où vont s'héberger
i^k ursr£;v£is gloî\Iëux
le père sans femme et le fils saas mère! Tendez la nappe, coupez le pain de chaque jour, emplisses la carafe pour ceux qui ne prennent point de longs repas, mais qui mangent avec amour.
Arche d'alliance, priez pour nous I Vous a\ .' contenu la Loi et le Législateur, vous avez f: ■ fleurir et embaumer après des siècles l'acacia dou. s'éiait servi Moïse pour construire le coffre du Témoignage.
Porte du Ciel, priez pour nous à l'heure où nous frapperons à votre cœur ainsi que, le soir venu, les pauvres prennent dans leur main le heurtoir de la ferme cliaritable. Faites fléchir pour nous la rigueur. Que nous puissions franchir votre seuil, lt;s pieds dans la douceur des gazons de la miséricorde qui croissent à jamais entre les dalles du perron, la face daiis le rideau de volubilis de réternelie joiel
Etoile da matin, priez pour nous, ô vous qui êtes toute pure dams l'air frais, et solitaire comme un rossignol perdu dans la lumière et dont le chant
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parlerait bien après la nuiti Astre couleur de rosée et de lis, attirez nos cœurs dans vos réseaux qui traînent dans l'océan du ciel.
Salut des infirmes, priez pour ceux que soigneront la vivante Dominica et ses sœurs, vous qui, debout à Tangle de l'hospice construit avec deux poutres seulement, avez considéré dans le corps de votre Fils unique toutes les afflictions des membres de tour les hommes.
Refuge des pêcheurs, priez pour ceux qui, perdus dans ià nuit et la forêt, aperçoivent soudain votre lampe qui rend comme des roses les carreaux de votre chaumière placée sur la bonne route. Ouvrez-leur. Que leurs pieds, fatigués par la course vaine, se purifient dans le chaudron plein d'eau de source; que leur tète soit lavée aussi et que leurs mains, blessées par tant de ronces qu'elles étreignirent, soient adoucies par le suc des olives du Gelhsémani; que leur corps rompu s'étende entre les draps de Tapaisement et que, la porte fermée à la tempête des tentations, ils ne voient plus, ô
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Reine I se dresser devant eux que voire ombre couronnée de lumière 1
Consolatrice des affligés, priez, non seulement pour les infirmes de corps, mais pour ces infirmes qui sont comme les pauvres honteux du monde des âmes, qui cachent une humiliation, une tristesse, une sollicitude, un remords. Soutenez-les, vous qui avez reçu entre vos bras, sans trébucher, le lourd corps de Jésus-Crist. Qu'au pied de chaque croix se tiennent la vivante Dominica et ses sœurs!
Secours des chrétiens, priez pour nous à l'heure du danger et, dans le naufrage, que votre couronne soit notre blanche bouée 1
Reine des anges, priez pour nous afin que vof serviteurs du Ciel nous secourent dans les dangers et nous aident dans nos tâches. Vous êtes entourée par ceg esprits, couronnée par eux. Ils vous ont assistée dans votre vie terrestre : les vieux maître? nous les représentent qui vous secondent dans vos travaux de couture et de ménage, et même qui balayent l'atelier de saint Joseph . Que nos gardiens
LB ROSAlKk AU SOLEIL
qui sont vos sujets nous fortifient dans Taccomplissement de nos devoirs 1
Reine des patriarches^ priez pour nous, vous â qui appartienneul les vignes Je Noé, les troupeau.v d'Abraha.M: et l'orge de Bouz; qui vous avancez avec un agiicau dans les bras et un épi à votre couronne.
Reine des prophètes, priez pour nous afin que nous ej^itendions ainsi que des enfants le sens de l'Ecriture, ô vous qui mettez à la portée des Peti s- Pierres et des Petites-Mariés, assis sur le banc >:;3 l'école, le langage d'isaïe, de Jérémie et d'Ezéchiei.
Reine des apôtres^ priez pour nous, vous qu) avez voyagé plus que tous les missionnaires ensen)bîe et que l'on retrouve aux quatre coins du monde, et jusqu'en cette humbie et verte vallée où les eaux vives mêlent leurs murmures aux chants de la vivante Dominicaet de ses soeurs. Vierge de Lourdes, couronnée par les neiges de mon paysl
Reine des martyrs, priez pour nous, vous qui
LES MYSTÈRES (ILORItUX iS?
avez reçu les rubis de la Croix sur le front et qui, davantag-e que le voile de Véronique, vous êtes imprégnée du supplice de Jésus.
Reine des confesseurs, priez pour nous, vous qn.l n'avez qu'à vous taire au pied de la Croix pour que nous croyions à votre témoignage.
Reine des Vierges, priez pour que la vivante Dominica et ses soeurs qui forment votre cortège et qui vous couronnent reçoivent à la fin Tauréole qu© vous-même leur préparez.
Reine de tous les saints, priez pour que nous comptions, parmi vos plus obscurs sujets, ceux qui, en arrière de la foule des élus, pourront du moinf cl percevoir un reflet de voira front.
Reine conçue sans la tache originelle, priez pour nous, Reine Mère, unique et divine abeille qui, au rucher de David, êtes demeurée intacte dans votre alvéole privilégiée qui n*a pas épousé les impuretés des autres cellules ; avette qui, dans votre cire vi^^rg**, avez composé et c^nsnrvé ce miel dont s?
LS ROSÀIAB AU SOLKIL
nourrissent chaque jour la vivante Dominica et ses sœurs 1
Reine du très saint rosaire, priez pour nous, pour que Dieu introduise dans ce rosaire qu'achève son médiocre serviteur ce qu'il y manque. C'est vous qui m'avez remis cette poignée de grains de bois dans l'année mil neuf cent cinq que je me suis converti. Je me souviens de Dieu dans le jardin de l'hospice, de la fanfare naïve, du fléchissement des moissons sous la brise, des femmes qui, à l'approche de l'Ostensoir, s'affaissaient comme des blés fauchés. Mon rosaire est dit. J'en tiens la croix grossière en écrivant ces lignes. Je sais quelle force j'ai puisée là depuis ce jour où je me suis cru mort, jusqu'à celui où, plein de vie éternelle, j'écoute, sûr de moi, le vent. J'ai vu les miens se relever de leurs couches funèbres. Je louerai mon Dieu et j'appuierai devant lui mon cœur contre la terre. Cette poignée de grains, ô Vierge 1 voici la pauvre gerbe qu'elle a produite. Mais il y avait, au milieu, ce coquelicot qui riait.
TAIU,E
LES MYSTÈRES JOYEUX
l' ANNONCIATION , , . . 9