SCENE PREMIERE
LUBIN seul.
V oila le modeste séjour
Où sommeille encor ma bergère ;
Voilà le bosquet solitaire
Où je la surpris l'autre jour.
D'ici je découvre la plaine
Où se rencontrent nos troupeaux ;
C'est au bord de cette fontaine
i± LE ROSSIGNOL,
Qu'elle vient prendre du repos.
Tout en ces lieux me parle d'elle :
Dans la foret, sur les coteaux, Oui, chaque objet me Ja rappelle.
AIR
Arbres, que vous êtes heureux!
Vous lui prêtez votre ombrage;
Ruisseau, dans tes flots amoureux
Tu réfléchis son image.
Ah ! que n'ai-je votre destin !
Je gémis , je soupire en vain.
Matin et soir dans ce bocage
Je viens exprès pour la chercher,
Et n'ose jamais rapprocher.
Ma Philis est un peu farouche,
Un rien alarme sa pudeur ;
Et quand l'amour remplit mon cœur
La crainte me ferme la bouche.
Hélas ! j'ai perdu mon bonheur.