SCÈNE II
PHILIS, sortant de sa cabane ; LUBIN.
LUBIN
Quel bonheur ! c'est elle.
(// entre dans le bosquet.) PHILIS.
J'entends mon rossignol fidèle.
{Elle écoute.)
Chaque matin, au lever du soleil Il vient saluer mon réveil.
Oh ! comme il chante !
Ilsemble qu'aujourd'hui sa voixsoit plus touchante. Que je voudrois comprendre ce qu'il dit ! Il gémit , il soupire ; Vraiment il m'attendrit.
Du moins il peut redire Aux échos d'alentour Sa peine et son amour.
Et moi, je cache ma souffrance :
J'aime, hélas! et j'aime en silence.
Malheureuse! qu'ai-je fait?
J'ai failli trahir mon secret.
Si quelqu'un m'avoit entendue
Ah! je serois perdue.
Mais au milieu de la forêt, Dans cette retraite écartée , Le rossignol de ce bosquet Pourroit seul m'avoir écoutée Et ce n'est pas un indiscret.
Dieu ! quel bruyant ramage
De ses chants le bocage
A retenti soudain.