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fois l'élimination de la queue et des oreilles. La gan-

grène sèche des oreilles peut aussi se produire chez le lapin.

D. LE RoUGErT EXPÉRIMENTAL CHEZ LE COBAYE.

Le rouget n'existe pas à titre d’affection spontanée chez le cobaye et, au point de vue expérimental, il était de notion courante que cet animal était réfractaire au bacille du rouget.

MM. Laporte et Friedman ont été amenés à réviser ces notions classiques. Nous ferons ici une place spéciale à leurs travaux, car ces auteurs ont utilisé pour leurs expériences l’échantillon microbien prélevé sur le malade dont l'observation a été le point de départ de notre thèse. En augmentant la virulence de cette souche microbienne par des passages sur la souris, ou en la diminuant par des repiquages successifs ou des séjours à la glacière, MM. Laporte et Friedman ont pu réaliser toute une série de formes cliniques plus ou moins graves.

L’inoculation du bacille du rouget fut faite dans le cœur et dans le ganglion iléo-cæcal. On réalise le plus souvent dans ces conditions une infection cyclique caractérisée par une élévation de température de 1 à 2 degrés durant cinq à huit jours, puis le retour à la normale se fait en lysis. Les hémocultures faites au cours de la phase hyperthermique sont toujours positives, traduisant ainsi la septicémie, constante dans

cette forme. Après avoir présenté un amaigrisse-

CON ment léger vers le quatrième ou cinquième Jour, l'animal guérit,

Tel est l'aspect clinique que l’on obtient en inoculant un bacille dont la virulence a été accrue par un passage récent sur la souris. Lorsque la culture a subi plusieurs repiquages ou a été conservée un certain temps à la glacière, sa virulence s’atténue considérablement pour le cobaye. Désormais les symptômes d'infection sont beaucoup plus discrets, et les bacilies déposés dans le ganglion iléo-cxcal ne passent plus dans le torrent circulatoire et même ne se multiplient pas in situ. Le seul symptôme noté consiste en une simple élévation thermique fugace qui survient vers le deuxième ou troisième jour. Si l’on pratique une laparotomie, on constate alors que les ganglions sont cependant tuméfiés. Il s’agit donc ici d’une simple adénoïdite, qui aboutit très rapidement à la destruction des germes introduits.

A l’opposé de ces formes régulières et attéauées, il est des formes mortelles qui ne peuvent être obtenues qu'avec des souches exceptionnellement virulentes, aussitôt après passage sur la souris et le pigeon. On note alors une incubation de 2 à 5 jours, puis le cobaye maigrit en même temps que son état général s’altère (inappétence, hérissement des poils, attitude en boule). Mais le fait le plus remarquable est la constance des lésions de la vésicule biliaire révélées à l’autopsie. Dans tous les cas mortels, les auteurs ont retronvé cette cholécystite hémorragique

qui semble caractéristique chez le cobaye, alors qu’elle

fait défaut chez la souris et le pigeon. Il s’agit d’une infection descendante des voies biliaires, car l’introduction des germes dans la vésicule biliaire ou dans le canal cholédoque n'a jamais réalisé des lésions analogues.

MM. Laporte et Friedman ont eu de plus l’occasion d'observer au cours de l'infection expérimentale du cobaye des incidents évolutifs très curieux : apparition vers le sixième ou huitième jour d’une brusque hypothermie marchant de pair avec des symptômes généraux inquiétants semblant annoncer une mort imminente : contre toute attente, la guérison survenait rapidement les jours suivants sans séquelles. Pour essayer de surprendre le déterminisme de ce phénomène, les auteurs ont sâcrifié volontairement un cobaye lors de la chute thermique et ont pratiqué des ensemencements du sang,'du cœur et de la bile. Ceux-ci restèrent négatifs et la seule lésion constatée fut une lésion de cholécystite. Ainsi, au moment où apparaissaient des symptômes si graves, tous les germes avaient été détruits : bien loin de correspondre à une pullulation des microbes dans les organes, ce syndrome morbide n'était survenu qu’au moment où leur désintégration était déjà opérée.

« Les constatations anatomiques, bactériologiques et « cliniques sont donc ici parfaitement concordantes. «Elles permettent de rapporter les phénomènes pré- «sentés par l'animal à une brusque réaction d'hypersen- « sibilité, généralement suivie de guérison, mais pou-

«vant parfois par sa violence même aboutir à la mort. »

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Sa signification paraît être celle d’une crise, et ïl s'agirait de phénomènes analogues à ceux que réalise chez l’homme l'infection pneumococcique.

Par la méthode des intradermo-réactions, Îles auteurs ont pu, dans 2 cas, obtenir une papule hémorragique à la suite de l'injection dans le derme de bacilles de rouget vivants, alors que chez les témoins on n’observait aucune réaction ; l’existence d’un état d’hypersensibilité chez les cobayes guéris a été ainsi démontrée.

Enfin, MM. Laporte et Friedman ont constaté que la maladie transmise au cobaye l’immunisait contre une atteinte ultérieure. En outre, l’immunité peut être obtenue aussi solidement par l’inoculation préalable de germes tués, qui réalise une vaccination préventive.

En conclusion de cette étude, il est intéressant, au point de vue de la pathologie comparée, de constater qu'en utilisant l'animal relativement peu réceptif qu’est le cobaye, on arrive à reproduire expérimentalement, non plus une septicémie rapidement mortelle comme chez la souris, mais de véritables formes cliniques rappelant les différentes réactions morbides

que l’on est habitué à voir en pathologie humaine.

IT. — Caractères communs du rouget

chez l’homme et chez l'animal.

Nous pouvons maintenant comparer les signes cliniques de l'infection par le bacille du rouget chez les

animaux avec les symptômes de la maladie humaine,

en nous inspirant des considérations si judicieuses que M. Friedman à exprimées dans son Mémoire.

A. — Du point de vue des manifestations cutanées, tout d’abord, l'érythème est un signe commun à l’homme et aux animaux. La rougeur cutanée, d’une constance remarquable chez le porc — du moins en Europe puisqu'elle a donné son nom à la maladie — se manifeste chez cet animal sous forme de placards lie de vin, légèrement œdématiés, disséminés sur le tégument, accompagnés d’une réaction ganglionnaire intense.

Chez l’homme, l’érythème siège au point d’inoculation et l’on sait que l'érysipéloïde s'observe en général à la main, aux doigts, exceptionnellement à l'avant-bras, au bras ou au visage. Nous avons insisté sur la teinte carminée, lie de vin, surtout marquée en bordure de la lésion qui, parfois œdémateuse, s’accompagne presque toujours, là aussi, d'adénopathies.

Bien plus remarquables encore sont les formes généralisées — d’ailleurs exceptionnelles — du rouget humain, où l'apparition de nombreuses plaques en différents points du revêtement cutané vient accentuer la ressemblance avec le rouget du porc.

Souvent, des plaques de nécrose s’observent dans les formes cutanées de la maladie porcine ; elles aboutissent alors à l'élimination des oreilles ou de la queue. Nous avons retrouvé cette tendance du rouget chez les lapins et les rapaces. De telles complications sont pos-

sibles au cours du rouget généralisé de l’homme.

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Mais il y a plus; la localisation symétrique des lésions cutanées au niveau des oreilles, qui se voit si fréquemment chez le pore, et aussi chez le lapin, nous la retrouvons chez l’homme dans l'observation

de M. Fiessinger.

B. — En second lieu, l’arthrite, au même titre que la rougeur cutanée, constitue un excellent symptôme du rouget.

On observe souvent des boiteries au cours du rouget chronique du porc: les articulations lombosacrées et tibio-tarso-métatarsiennes sont déformées et peuvent s’ankyloser,

La polyarthrite du mouton est encore plus frappante car, nous l’avons vu, elle est souvent la seule manifestation du rouget chez l'animal. Nous ne reviendrons pas sur les caractères cliniques de cette atteinte élective des jointures.

Il n’est donc pas surprenant de constater la fréquence des arthrites au cours de l’érysipéloïde : Axhausen estime qu’on les observe dans 75 % des cas.

Parfois l’arthrite est très marquée au niveau de plusieurs jointures, avec rougeur, gonflement, douleur.

Dans d’autres cas, c’est une simple arthralgie. L’atteinte articulaire siège en général aux doigts de la main atteinte, ou au poignet ; mais parfois aussi à distance, en particulier dans les formes septicémiques.

Enfin, nous avons vu qu’on avait récemment décrit

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en Allemagne une forme arthropathique du rouget humain, d'évolution chronique, caractérisée par des douleurs articulaires, et des déformations radiologiques, donnant l’aspect de l’arthrite déformante. L’analogie serait assez frappante avec la polyarthrite du mouton, mais il faut remarquer que cette forme succède chez l’homme à des manifestations

cutanées (1).

C. — Les phénomènes généraux ne manquent guère dans l’érysipéloïde. Ils sont souvent peu alarmants, se réduisant à une poussée fébrile passagère à 380 (quelques malaises, comme dans l'observation du professeur Lemierre).

Parfois, la fièvre est plus intense, s'accompagne de courbatures, de céphalée, de frissons, de sueurs, et ce cortège fébrile survient d'emblée ou au bout de quelques jours, lors de cette période d’invasion généralisée, décrite par Schrapf et Fouquet.

Enfin, le tableau d'une septicémie grave, parfois mortelle, est réalisé dans des cas exceptionnels, qui sont alors calqués sur l’infection aiguë du porc, quant à la gravité de l’évolution.

On peut, dans ces conditions, observer des endocardites chez l'homme; comme chez le porc et le mouton, ce sont des endocardites ulcéro-végétantes, et le protocole d’une des deux autopsies qui aient

1. Signalons aussi une autre localisation, à vrai dire rare chez l’homme, puisque nous ne l’avons rencontrée que dans l’observa-

tion de Schreiner, muis très fréquente dans l'infection expérimentale de la souris et du lapin : c’est l’atteinte conjonctivale.

été faites signale une localisation mitrale. Dans cette observation, les symptômes cardiaques étaient apparus tardivement, alors que l'affection locale de la main avait guéri. Aussi a-t-on pu suspecter le rôle du bacille du rouget dans l'apparition de certaines endocardites humaines.

Peut-être la mort subite retardée du malade de M. Fiessinger, dont on n’a pas pu faire l’autopsie, a-t- elle été due à une localisation cardiaque tardive. Quoi qu’il en soit, il faut insister sur cette affinité

élective du bacille du rouget pour l’endocarde.

D. — Mais si la septicémie s’observe avec une régularité presque absolue dans l'infection de l’animal par le bacille du rouget, elle n’est l'apanage que des formes graves du rouget humain.

La constance des adénopathies mésentériques, parfois hémorragiques, observées à l’autopsie des porcs et des moutons, autorise à supposer que, de l’intestin où ils pénètrent, les germes gagnent les ganglions mésentériques où ils prolifèrent, puis la rate et le système circulatoire; la septicémie est alors réalisée, et les arthrites s'expliquent aisément, leur origine embolique étant souvent favorisée par une endocardite rapidement constituée.

L'élimination des microbes se ferait par les voies biliaires, si l’on s’en rapporte aux expériences de W. Pitt.

La constatation, au cours de l'infection expérimentale du cobaye, de formes adénoïdiennes pures, pre-

oies

mière étape de l'infection septicémique, la fréquence des lésions de cholécystite par infection descendante des voies biliaires dans les formes graves prolongées, viennent corroborer cette hypothèse.

Chez l’homme au contraire, la propagation du microbe dans l'organisme se fait par la voie lymphatique : l'extension de la plaque en tache d’huile, les lymphangites tronculaires, les adénopathies sus-épitrochléennes et axillaires en témoignent. Et quand cette barrière ganglionnaire se trouve forcée, on voit apparaître des signes généraux graves, qui traduisent la seplicémie.

Cependant, il existe des cas incontestables (celui de M. Fiessinger est le plus remarquable) du rouget humain d’origine digestive, pour lequel on peut invo-

quer la même pathogénie que chez le porc.

E. — Quant au pronostic de l'affection, il est, dans la règle, grave pour le porc, le mouton, la souris, et bénin pour l’homme. En fait, cette distinction, valable pour la plupart des cas, souffre des restrictions.

L'étude clinique de l'infection spontanée par le bacille du rouget révèle, chez l’animal, des différences d'évolution : parfois, l’affection est foudroyante et le tue en quelques heures (forme suraiguë du rouget du porc); plus souvent elle est d’allure aiguë et dure quelques jours (forme septicémique du porc, de l'agneau, des poules, du pigeon, de la souris); dans d’autres cas, son évolution subaiguë n’entraîne la

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mort qu'au bout de quelques semaines: ou n’aboutit à la guérison qu'au prix de séquelles importantes (rouget chronique du porc, du lapin, poly-arthrite du mouton, rouget des rapaces et des échassiers); enfin, l’évolution peut être bénigne (forme urticarienne du rouget du porc).

Nous avons retrouvé une diversité comparable chez l’homme, qui est certainement moins réceptif au bacille du rouget. Mais des distinctions sont cependant nécessaires, là aussi, et G. Belgodère les sou-

ligne avec beaucoup de justesse :

— Ja contamination est bénigne quand elle résulte de la manipulation des viandes sur lesquelles le microbe est peu virulent :

— déjà des accidents plus sérieux apparaissent quand la contagion s’est faite au contact des porcs malades :

— enfin, la contamination par des cultures, au cours d'accidents de laboratoires ou de vaccinations, peut donner des septicémies aussi

graves chez l’homme que chez le porc.

F. — Le diagnostic du rouget chez l’homme, comme chez l'animal, est souvent d’une difficulté considérable.

Chez l’homme, certaines notions d'ordre épidémiologique ou clinique permettent souvent une orientation ; par exemple, la connaissance des pays à rouget à un grand intérêt : on pensera au rouget

quand, dans un troupeau, « certains malades présen-

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teront des signes cutanés et notamment de la gangrène des extrémités, tandis que d’autres seront atteints d’arthrites, lorsqu'enfin la mortalité sera importante et que l’anamnèse aura signalé l’apparition de taches sur certains cadavres » (J. Sagne).

En réalité, le diagnostic clinique est délicat. Or, de sa précocité dépend la mise en œuvre du traitement spécifique qui permet de juguler une épidémie à son début. Aussi a-t-on recours, le plus souvent, à des méthodes de laboratoire (frottis d'organes prélevés à l’autopsie, ensemencements de la pulpe d'organes ou de la moelle ossseuse, inoculation au pigeon et à la souris).

De plus, le séro diagnostic a été utilisé par H: Carré pour dépister l'infection du moûton, et a également été essayé chez le porc.

Chez l’homme, nous avons vu quelles étaient les circonstances étiologiques et les constatations cliniques et de laboratoire, qui permettent de faire avec une certitude presque complète le diagnostic de l’infection par le bacille du rouget. Parmiles examens de laboratoire, retenons la valeur de l’intradermo-réaction, surtout si celle-ci est pratiquée avec les protéines microbiennes. Cette méthode pourrait être concurremment expérimentée chez les animaux ; elle permettrait un diagnostic plus rapide dans les cas où par la clinique seule, on ne peut reconnaître aisément les manifestations du rouget. La sérothérapie

pourrait être ainsi utilisée précocement.

G. — C'est qu’en effet un point commun, d’importance capitale, rapproche encore le rouget humain du rouget de l’animal : l’action de la sérothérapie.

L'efficacité du sérum anti-rouget de Leclainche, chez le porc et le mouton, est bien connue des vétérinaires, et son efficacité merveilleuse a été comparée à celle du sérum antidiphtérique dans la diphtérie. On peut utiliser le sérum de Leclainche dans les cas où l’hyperthermie du porc semble inexpliquée ; cette méthode de « diagnostic thérapeutique » a été préconisée par R. Dindinaud, qui écrit : « Dans les formes atténuées de rouget, une guérison très rapide en dehors de toute autre thérapeutique équivaut à la quasi certitude d'infection par le bacille spécifique. Dans les cas les plus graves, même parfois en fin d'évolution de la maladie, le sérum est efficace ; on assiste à de véritables résurrections : la guérison obtenue dans ces conditions constitue une épreuve diagnostique irréfutable. »

Chez l’homme, de même, il faut souligner l’heureuse action du sérum anti-rouget. Nous avons vu comment on l’utilisait, et quels étaient les résultats obtenus.

Ainsi, le parallèle entre le rouget humain et le rouget chez l’animal se justifie aussi bien du point de vue thérapeutique, pronostique et diagnostique, que du point de vue clinique.

H. — Mais il est un dernier point sur lequel nous voudrions insister ; il s’agit du rôle que joue dans

cette affection, aussi bien chez l’homme que chez l'animal, le terrain.

Cotoni avait déjà constaté, dans son étude sur le bacille du rouget, que « la résistance d'une espèce animale à la même dose de virus varie, suivant les sujets, dans de larges limites ».

«Il nesuffit pas, dit par ailleurs Carré, pour qu’une enzootie de rouget se déclare, de mettre en présence le germe pathogène et l’animal sensible. Des conditions mal connues et insoupçonnées sont indispensables pour permettre à l'infection de se réaliser. »

On doit se demander comment il se peut, qu’avec un germe aussi universellement répandu dans la nature que celui du rouget, la maladie ne soit pas plus fréquente. Pourquoi cette disproportion chez l’homme entre la rareté de l'affection et la multiplicité des chances de contamination ? Pourquoi, d'autre part, une telle variabilité dans le pronostic du rouget, non seulement selon les diverses espèces, mais aussi au sein d’une même espèce, selon les individus ?

Sans doute, dans l'explication de ces faits, faut-il attribuer une large part aux variations de virulence du bacille. Nous avons vu que 50 % de porcs sains étaient porteurs de germes. Il existe certainement tous les degrés entre le saprophyte inoffensif, hébergé indéfiniment sans danger, et le germe virulent, responsable des septicémies mortelles. Les expériences de laboratoire montrent bien cette instabilité du pou-

voir pathogène du bacille. Lorsqu'une culture à subi

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plusieurs repiquages, ou qu'elle a été conservée un certain temps à la glacière, sa virulence s’atténue ; elle s’exalte au contraire après un ou deux passages sur la souris ou le pigeon. Il ne faut pas méconnaïtre ces variations de virulence, car elles permettent de comprendre l'apparition de certaines formes anormalement graves chez l'homme, comme celles qui surviennent au cours d'accidents de laboratoire.

Mais il est d’autres facteurs encore. Est-ce seulement par une exaltation du pouvoir pathogène du germe qu'on peut expliquer le rôle favorisant de la saison chaude et des temps orageux, qui est connu depuis longtemps chez le pore, pour être à l’origine de cas sporadiques particulièrement graves, ou bien ces conditions atmosphériques agissent-elles en diminuant les moyens de défense de l'organisme ?

Quoi qu'il en soit, chez l’homme également l’influence de la saison est des plus nette. La statistique de Pawlowski nous a montré que le rouget prédominait nettement dans les mois chauds de l’année.

D'autre part, on sait que les épizooties porcines atteignent surtout les animaux élevés en porcherie, et beaucoup moins ceux qui sont élevés en pâture (Moussu). On explique ce fait en disant que le bacille résiste peu à la lumière et à la déssiccation, et qu'il se conserve bien dans les milieux humides et obscurs ; mais, parce qu'il se trouve à l’extérieur, le bacille n’est pas forcément situé dans un terrain sec et exposé à la

lumière, et il semble plus rationnel de penser que les

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porcs élevés en pâture sont soumis à des conditions hygiéniques meilleures que ceux qui restent enfermés dans une porcherie, et que par suite leur organisme est moins apte à être contaminé.

D’autres influences créent encore une prédisposition à la contagion chez le porc : la mauvaise nourriture, les fatigues des déplacements, les infections parasitaires donnant lieu à des érosions intestinales, qui peuvent être une porte d'entrée.

Mais là ne se borne pas le rôle du terrain. En effet, comme l’a si bien montré M. Tzanck, le terrain ne doit pas être envisagé seulement en tant que lieu de moindre résistance de l’organisme, mais aussi en tant que réaction active de celui-ci. Or, il semble qu’au cours de l’étude du rouget, on retrouve ces manifestations actives du terrain dans ce que les auteurs ont appelé phénomènes de sensibilisation, d'hypersensibilité, réaction allergique.

Chez le porc, nous avons vu qu’on avait attribué à des phénomènes d'hypersensibilité les accidents parfois mortels qui étaient survenus, lors des vaccinations préventives, chez des animaux sains, porteurs de germes. On a pu voir dans ces conditions des porcs, jusque-là en parfaite santé, faire à la suite de vaccination un rouget authentique et même une autre maladie. C’est ce qui a conduit à substituer à la vaccination la séro-vaccination.

Chez l’homme, pour expliquer la rareté de l’affection, comparée à la fréquence des circonstances de contamination, M. Belgodère soulève l'hypothèse

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