‹ Le Rouget HumainChapitre 42 sur 45 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° L’infection humaine par le bacille du rouget tend à devenir plus fréquente depuis quelques années. Elle est signalée sur tous les points du globe.

29 Le bacille, découvert en 1882 par Pasteur et Thuillier, considéré tout d’abord comme l’agent spécifique d’une maladie du porc, est reconnu actuellement pour être à l’origine d’aftections très diverses observées chez un grand nombre d’espèces animales. Le saprophytisme et l’ubiquité de ce germe sont aujourd’hui des notions classiques.

30 Le rouget humain reste cependant surtout une maladie professionnelle qui s’observe chez les éleveurs de porcs, les bouchers, les vétérinaires. A côté du porc, le mouton est l’animal le plus souvent en cause, mais la transmission de la maladie par les crustacés, les poissons et les coquillages a aussi été très fré-

quemment signalée.

ko L’infection se fait presque toujours par l’intermédiaire d’une plaie cutanée, mais les cas de rouget humain d’origine intestinale, bien qu’exceptionnels, n’en restent pas moins indiscutables, et justifient les mesures de précaution à prendre à l’égard des viandes employées.

50 Le tableau clinique le plus souvent réalisé est celui de l’érysipéloïde de Rosenbach, affection cutanée, localisée le plus souvent à la face dorsale de la main et des doigts, et dans la règle bénigne. Mais il faut connaître la possibilité de formes septicémiques ou généralisées du rouget humain. Ces formes sont toujours graves et parfois mortelles. Elles sont en général consécutives à une inoculation accidentelle et massive de germes. Le rouget d’origine digestive peut aussi comporter un pronostic grave, comme le montre

une observation récente.

6° Du point de vue diagnostique, il faut retenir la valeur de certains examens de laboratoire, dont on ne pourra se passer dans les formes atypiques. La recherche directe du bacille est souvent entourée de difficultés, et l’on pourra se contenter dans la plupart des cas de l’inoculation simple au pigeon d'un fragment de la lésion prélevé par biopsie.

Parmi les procédés de diagnostic biologique, le professeur Lemierre a montré que l’on pouvait attacher une grande valeur à l’intradermo-réaction, surtout si celle-ci est pratiquée avec les endoprotéïnes microbiennes, suivant la méthode de M. Reilly.

7° Du point de vue thérapeutique, le sérum antirouget de Leclainche, très efficace, devra être employé dès que l’on soupçonnera une évolution sérieuse.

8° Enfin, si l’on tente d'établir un parallèle entre

les manifestations du rouget chez l’homme et chez

l'animal, on est amené à faire les constatations suivantes :

Cliniquement, il exisle des similitudes frappantes entre les symptômes de l'infection animale et ceux de la maladie humaine ; il y a plus, les mêmes localisations électives se retrouvent chez l’homme et chez l'animal.

Du point de vue diagnostique, on aura à utiliser les même méthodes de laboratoire, qu’il s'agisse de l’homme ou de l’animal.

Le même traitement employé chez l’animal réussira chez l’homme. L’un et l’autre réagissent de la même manière à l'infection par le bacille du rouget en faisant, suivant la virulence variable de celui-ci, des formes cliniques de gravité graduée.

L'homme comme l’animal est sensible à certaines influences saisonnières.

Chez l’homme comme chez l’animal, on retrouve les mêmes manifestations actives du terrain, on invoque les mêmes phénomènes d’hypersensibilité, de sensibilisation, d’allergie.

L'étude du rouget humain apporte une fois de plus la preuve que l’on ne saurait séparer les faits de la médecine humaine de ceux de la pathologie des ani-

maux.

Vu:lie Doyen, Vu : le Président de la thèse, ROUSSY. LEMIERRE.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris,

S. CHARLÉTY.

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