INTRODUCTION
Parmi les maladies communes à l’homme et aux animaux, certaines, les brucelloses par exemple, occupent déjà une place importante en pathologie humaine, alors que d’autres restent plus ou moins ignorées de la plupart des médecins.
Cest parmi ces dernières que se place le rouget. En effet, si la connaissance de cette affection est bien établie en pathologie vétérinaire, ses manifestations chez l’homme sont encore peu connues, tout au moins en France, où le premier travail d’ensemble qui ait porté sur ce sujet n’a paru qu’en 1931. Il est dû à G. Belgodère. Peut-être, comme le fait remarquer cet auteur, les maladies rares Île sont-elles d'autant plus qu'en raison de leur rareté on les connaît peu, ou bien qu’on y pense rarement. « En ce qui concerne le rouget, cette ignorance est d’autant plus excusable que des traités de Dermatologie, même très complets, n’en font pas même mention. »
Il est peu d’exemples en pathologie d'un germe dont le domaine se soit aussi étendu que celui du bacille du rouget. Découvert en 1882 par Pasteur et
Thuillier, au cours d’une épizootie porcine dans le
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Vaucluse, il fut d’abord considéré comme l'agent spécifique d'une maladie du porc ; on s’aperçut ensuite qu’il pouvait déterminer des infections diverses chez beaucoup d’autres espèces animales. L'homme n’est pas épargné, et ses modes de contamination sont d’autant plus variés que ce germe est extrêmement répandu dans la nature. Depuis quelques temps d’ailleurs, la fréquence croissante des cas d’infection humaine est incontestable.
Mais d’autres éléments ajoutent encore à l'intérêt que présente le rouget humain.
C'est en effet une affection qui, classiquement bénigne et locale (connue en dermatologie sous le nom d’érysipéloïde), peut occasionnellement prendre une allure septicémique, et comporter dans certains cas un pronostic grave.
De plus, son étude expérimentale a fait l’objet de nombreux travaux.
Enfin, du point de vue de la pathologie comparée, on est amené à faire à son sujet d’utiles réflexions.
C’est pourquoi il nous a paru intéressant, à propos d’un cas de rouget humain, observé à l'hôpital Claude- Bernard, dans le service de notre maître le professeur Lemierre, de rassembler dans un même travail les données récemment acquises sur la question.
Au cours de cette étude, nous ferons de larges emprunts aux deux remarquables articles de M. Belgodère, dont la bibliographie si complète nous a été d’un précieux secours,