AVIS AUX LECTEURS
Lecteurs, vous me permettrez d'emprunter à Platon-Polichinelle la préface de son livre, «le Réveil du Peuple, » et d’y faire les changements que les hommes, les temps et les circonstances exigent aujourd'hui, Cette préface est d'autant plus appropriée que le livre auquel elle fut adaptée tendait au même but que je me propose avec cette différence, toutefois, que l'Abbé Martinet avait pour lui une grande intellizence, une vaste érudition et un talent hors ligne comme écrivain ; tandis que je n’ai que la bonne volonté et le sincère désir d’être utile à mes compatriotes en les éclairant sur les tendances du parti Rouge, qui, de jour en jour, deviennent plus dangereuses, Voici cette préface :
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€ Mais amis, ce livre est un moxa sur votre âme.
—) Qu'est-ce qu’un moxa ?
—> C’est un remède si brûlant qu’il réveille > ceux qui ne sont pas morts.
—> Sommes-nous donc endormis ?
—) Oui, certes, tellement endormis que, depuis > quelques années, tous les adeptes du “ Rou- > gisme”” prennent leurs ébats sur votre dos, > jouent avec vos écus et votre suffrage, sans qu'il > vous vienne en pensée de les faire jouer des > jambes. Quand comprendrez-vous done que
» vous avez été, que vous êtes, que vous semblez > devoir toujours être de nouveaux Sapores aux > Valériens rouges ?
> Aujourd'hui, peu contents de vous avoir > trompés, ils veulent amener votre ruine en vous > arrachant du même coup votre religion et le sens > commun. Îls vous disent : Peuple aide-nous > à faire table rase, et sur les ruines du vieux > monde bâti par les prêtres et les aristos, nous à reconstruirons la véritable république sociale,
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Le temps, ses devoirs, ses études professionnelles,
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> fondée par le Christ, sur la liberté, l'égalité et la > fraternité ! Peuple, à bas les pillards, les cor- > rompus et les corrupteurs ! Vive la Souverai- > neté du Peuple! A bas la prétraille ! ”
> Qu'est-ce que cela veut dire, mes amis? Cela > veut dire : Peuple, laisse là tout ce qui te dis- > tingue de notre espèce : l’amour du travail, le » respect pour Dieu et pour ses ministres. (Cela > veut dire : Peuple, fais nous monter au pou- > voir, fais surtout qu’on y reste afin que nous > accumulions honoraires sur honoraires, percen-
> tage sur percentage, que nous placions nos amis
> qui végètent, que nous éblouissions le Canada > par notre corruption éhontée, nos trahisons sans » précédent. Peuple, fais-toi, comme nous, pa- > resseux, goinfreur, libertin, pillard, ennemi de > toute vertu, de tout ordre, et alors nous aurons > le règne de la civilisation romaine, »
Le lecteur se rappellera, sans doute, que cette brochure parut, l’été dernier, dans les colonnes du Journal de: Québec, sous forme de correspondance.
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n’ont point permis à l’auteur de refaire à neuf ce travail, comme il se l'était proposé. Cependant, il espère rencontrer, encore cette fois, l’indulgence qu’on a bien voulu lui témoigner au temps où il publiait pour la première fois ces articles. (Ce n’est que sur les pressantes sollicitations de ses amis qu'il s'est décidé à mettre sous une forme moins éphémère cette étude sur le Kougisme en Canada.
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‘“ Pesez les voix de part et d’autre et voyez d’un côté les plus grands hommes, les plus grands génies, les plus grandes vertus et, de l’autre, des sophistes, des demi-savants, des cœurs corrompus.
Quand vous ne connaîtriez pas un mot de la question, vous vous décideriez par votre goût pour la bonne compagnie et votre aversion pour la mauvaise.
6 Dr MaïsTRe.
Pour tous ceux de mes compatriotes qui ont étudié ou suivi l’histoire politique de leur pays depuis quinze ans, il ne me sera pas nécessaire, je crois, de commenter l’épigraphe que j’ai choisie; tous, en effet, comprendront qui sont ces sophistes, ces demi-savants, ces cœurs corrompus dont parle De Maistre, avant même que j’aie développé ce que comporte le titre de ce travail, excepté peut-âtre ceux Là à qui s'adressent surtout ces expressions, vû qu'ils ont toujours la bonhomie de se croire où plutôt de faire croire qu’ils sont des esprits sains, de grands savants, de nobles et généreux cœurs.
ais comme ce n’est pas pour eux que j'écris, et que d’aucune manière je n’ai espoir de les voir reconnaître leurs erreurs, rovenir sur leurs pas, blâmer ce qu’ils ont loué et louer ce qu’ils ont injustement blâmé, je les laisserai s’imaginer tout ce qu’ils voudront, voire même s’appliquer les
‘louanges données à leurs adversaires, tourner contre ces der-
aiers les raisonnements dirigés contre eux et le ridicule déversé sur leurs œuvres littéraires et politiques.
Je me contenterai d'expliquer pourquoi je me suis servi comme titre du vieux mot ‘ Bougisme,”’ qu’il ne leur plait
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guère, je le sais, de se voir appliquer, probablement parce
w’il leur convient mieux. Je l’ai employé parce qu’autreois, comme aujourd’hui, il servait à mieux dessiner, si je puis m’exprimer ainsi, ce parti extrême en tout qui, en violation des lois du patriotisme, cherchait à inculquer dans l'esprit de ses compatriotes le poison des mauvaises doctrines . religieuses, morales et sociales.
En vain, un correspondant du Courrier du Canada, d’ailleurs digne du plus grand respect pour son beau talent comme écrivain et sa haute intelligence comme penseur, viendra-t-il me dire : pourquoi renouveler ses vieilles dénominations, qui ne servent souvent qu’à entretenir l’esprit de que ? aujourd’hui il n’y a plus ni de rouges, ni de bleus. Par-
on, monsieur, bien que, dans votre situation, il vous soit loisiblede ne plus croire aux bleus, ni même aux rouges, j’ai foi pourtant que vous reviendriez vite de cette fausse idée, si votre caractère vous permettait comme à nous d’écouter les dégoûtantes philippiques dirigées en temps d’élection contre les hommes d’un certain caractère qui gênent leur marche, ou encore leurs discours et lectures publics faits contre la saine philosophie par ceux-là d'u’ils vous répugnent d’assimiler aux ‘rouges ” et aux annexionnistes de 1849 et 1850 ; j’ai foi encore que vous seriez, comme jadis, l’heureux cham-
ion de tout ce qui est cher à nos cœurs, notre religion, nos institutions, notre nationalité et notre moralité encore belle aujourd’hui malgré tous les efforts de ces sceptiques.
Un rouge, c'était pour vous, et c’est encore aujourd’hui pour moi, un homme qui proclame à son de trompe l'abolition de la peine de mort ; c’est un homine qui demandait de tous ses vœux et au grand jour l’annexion du Canada aux Etats- Unie, qui soupire encore après cet Eldorado, mais au fond du cœur, afin qu’une fois là il puisse à son aise énoncer ses prinoipes démagogiques et se faire de nombreux prosélytes sur cette terre classique de la démocratie ; un rouge, c’est surtout un homme qui ne veut en aucune manière voir l'Eglise . redresser les torts de l’Etat, c’est de plus celui qui, par le journal, son organe ou dont il est le propriétaire, se fait l'écho de toutes les monstruosités que les journalistes impies de l’Europe lancent tous les jours à la face de l’Hglise, de ses pasteurs et de ses fidèles ; un rouge, c’est encore celui qui, aujourd’hui, par une alliance anti-canadienne, s’unit aux Brownnites et
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aux cleargrits contre notre hiérarchie catholique, nos institutions religieuses et fait cause commune avec eux. Les Rou-
/ ges, comme l’a dit le Globe, le journal de Georges Brown, sont
e parti anti-prêtres du Bas-Canada ; les rouges sont ces hom-
mes qui, comme MM. Labrèche-Viger et Geoffrion, désirent voir pendre une quarantaine de prêtres du district de Saint- Hyacinthe ; les rouges sont des hommes qui, comme M. O’Halloran, disent publiquement dans les hôtels : LES PRÊTRES SONT MAUDITS. Des rouges,.........mais non, ne poussons pas plus loin cette hideuse nomenclature.
Canadiens qui me lisez, n'allez” pas croire qu’ils se montreront à vous avec toute cette crudité, ‘ bien au contraire, nous ‘6 dit Mgr. Gaume, vous les entendrez louer la religion, sa mo- ‘ rale, parfois même ses prêtres; vous les croiriez des vôtres. ‘ Il n’en est rien ; leur douceur est un piége, leurs paroles +, prus douces que le miel sont des traits empoisonnés qui ‘ donnent la mort. Mais si vous les écoutez jusqu’à la fin, si ‘ vous les surprenez dans leurs conversations intimes, ou dans ‘ leurs ouvrages, ou dans leurs actions, le masque tombe. ‘6 Dans leurs ouvrages, vous trouverez des maximes impies, ‘ des nouveautés dangereuses, des doutes perfides qui sèment 6 l’incrédulité et conduisent à la ruine de la religion.
‘ Mais voici le grand caractère auquel vous les reconnat- ““trez. Leurs conversations et leurs discours hypocritement ‘ respectueux envers le christianisme, sont pleins de fiel con- ‘ tre le Souverain Pontife, dont ils attaquent l’autorité tem- « porelle et spirituelle ; contre les évêques, qu’ils accusent « de cupidité et d’ambition ; contre le clergé tout entier dont « ils ne cessent de dénoncer l’ignorance, l’esprit d’envahisses ment, de domination et œ’intolérance. Faux Christs, qui « veulent un christianisme sans pape, sans évêques et sans « prêtres ; ou un pape, des évêques et des prêtres pénétrés ‘ de leurs maximes et soumis à leur caprice. ”?
Maintenant, dites-le-moi, lecteurs, dites-le-moi, vous qui ne voulez pas admettre l’existence des rouges, en avons-nous encore ici de ces hommes ? n’en voyez-vous päs tous les jours tout autour de vous, à droite, à gauche, en tous sens ? n’en coudoyez-vous pas à chaque heure de la journée ? Si vous en voyez peu, monsieur le correspondant du Courrier, c’est que, plus craintifs que par le passé, ils se cachent sous des dehors
qui vous trompent, faisant l’agneau après avoir voulu faire le loup, tout en montrant assez parfois le bout de leurs griffes pour les faire reconnaître aux moins clairvoyants, Si vous reconnaissez leur existence, pourquoi ne voulez-vous pas que nous les appellions par leur nom ? À vous, monsieur le correspondant, il appartenait de les démasquer ces ennemis cachés, mais qui n’en sont que plus redoutables, de cette De juste et sévère que vous savez si bien manier. À votre
éfaut j’ébaucherai ce travail trop grand, trop difficile pour avoir même l’idée de réussir, vous laissant le devoir, si ce n’est pas trop dire, de le compléter, ou donnant à d’autre l’exemple pour continuer et perfectionner cette œuvre qui peut être d’une grande actualité en éclairant nos populations qui suivent ces hommes sans les connaître,
. Bien qu’en nombre infiniment petit dans le Bas-Canada, nous les voyons aujourd’hui au timon des affaires de notre pays. Ils ont su, à force de roueries politiques, arriver au but où tendaient tous leurs efforts pour satisfaire leur ambition personnelle, mettre à exécution tous ces principes démocratiques, anti-canadiens et anti-religieux qu’ils n’ont cessé de faire valoir depuis 1848. À nous d’ÿ faire attention, et pour réveiller notre vigilance trop endormie depuis quelques années, il est bon de revenir sur leur passé politique, voir ce qu’ils voulaient, il y a dix ou douze ans, et ce qu'ils veulent aujourd’hui. Trop longtemps nous nous sommes tenus sur la défensive, tactique tout à fait mauvaise en temps de guerre et non moins déplorable dans les luttes politiques. Ce système fut-et est encore notre côté faible ; nos adversaires ne cessent de nous Paris ab hoc et ab hac, nous répondons toujours, puis viennent d’autres attaques auxquelles nous répondons encore. Si parfois nous faisons une sortie contre eux, il nous leur faut donner des preuves, chose à laquelle ils ne s’astreigent jamais eux-mêmes. Assezlongtemps nous avons répondu aux mêmes attaques, à notre tour de leur faire jouer un rôle dans lequel il leur est impossible d’avoir les mêmes chances de suçcès que nous,
Ses idées religieuses,
On peut établir en thèse universellement admise qu’ut parti politique qui n’a pas d'idées religieuses, ou qui n’en & que de mauvaises, doit être rejeté et honni de tout homme bien pensant. Voilà la raison qui me fera donner une assez longue étendue à tout ce qui se rattache aux idées religieuses du parti rouge, démontrant, preuves en main, que sa religion serait de n’en avoir pas du tout, et que tout principe religieux qui nuit à son prosélytisme est essentiellement mauvais et nuisible au peuple, toujours ce pauvre peuple, dont, à l'écart, ils ridiculisent la crédulité et dont ils prennent beaucoup moins les intérêts que ceux contre lesquels ils cherchent à le soulever, puisque, de fait, ce qu’ils lui enseignent le mène directement à des conséquences qui ne peuvent que lui être désastreuses.
Tout en eux tend à faire de nous des hommes sans foi, sans mœurs, comme sans amour et sans reconnaissance pout cette sainte religion, ces institutions qui furent et seront toujours la seule sauvegarde de notre nationalité canadienne-française. 4 Ce qu consterne et abat, a dit, il y a quelques années, le Rév. M. L. Proulx, un de ces hommes d'intelligence et de jugement qui ont pris et. prennent encore la défense des bons principes, ” ce qui consterne et abat, c’est que ces impies s’afublent du manteau du patriotisme et s’honorent du titre de patriote pour le mieux flétrir. On les voit, couverts de cette livrée, s’attaquer à l'édifice sacré de l'Eglise et tenter de l’ébranler depuis le faîte jusqu’à la base. .
‘“ Ils ne voient dans la vérité qu’un flambeau qui les aveugle, dans l’ordre social, qu’une barrière :contre leurs appétits sensitifs, dans leurs semblables que des rivaux, dans lés lois morales que des remords, dans les dogmes religieux ques condamnation de leur vie; aigris, furieux, ils pro-
iguent leur haine, une haine toute bestiale, à ceux qui sont chargés d'enseigner ces vérités.” On trouve l'application de ces sombres pensées, de ces observations tristes et alarmantes dans les écrits des anciens organes du Rougisme, l'Avenir, le National ; dans ceux d’aujourd’hui, le Pays, et parfois la
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Tribune, moins perverse peut-être parce qu’elle en est moins capable. C’est à nos rouges du Canada comme aux démocrates des Etats-Unis que s’appliquent ces paroles de M. de Tocqueville, dans son magnifique ouvrage de la Démocratre en Amérique: Je vois des hommes qui, au nom du progrès, s’efforçant de matérialiser l'humanité, veulent trouver l’utile sans s'occuper du juste, la science loin des croyances, ot le bien-être séparé de la vertu. Ceux-là se sont dits les champions de la civilisation moderne, et ile se mettent insolemment à la tête, usurpant une place............….dont leur indignité les repousse.
Pourtant ‘ ce sont ces hommes, dit l’éloquent auteur de 1a Défense de la religion et du sacerdoce déjà nommé, qui ont laissé dans tous les Etats qu’ils ont parcourus successivement des traces pitoyables de leur inaptitude à ne rien faire d’utile pour eux, pour la société et pour leur pays. ”
Pour qui a vu l'Avenir, cette honte du journalisme canadien et les savantes réfutations de ses doctrines qui furent faites à l’époque de son existence, pour qui a vu le National et voit encore le Pays de Montréal, pour qui connaît les hommes qui nous gouvernent aujourd’hui, ceux-là comprennent combien frappent juste les citations qui précèdent.
Comme j'aurai à citer un grand nombre d’extraits de l'Avenir, disons de suite, pour mémoire du fait, que ce journal fut l’organe, comme le Pays d'aujourd'hui, du parti rouge écarlate, —je prie mes lecteurs de ne pas l’oublier,—ceci est de la plus haute importance pour bien saisir toute la portée des extraits de ce journal que je mettrai sous leurs yeux dans le cours de ce travail, à la fin duquel on trouvera une preuve péremptoire de la vérité de cet avancé.
L'Avenir était rédigé Ve J. B. E. Dorion, (l’Enfant-terrible),le député actuel d’Arthabaska, qui, avec son frère, À. À. Dorion, premier ministre actuel du Bas-Canada, en avait la propriété. Il s’était adjoint “ti collaborateurs le fameux citoyen Pierre Blanchet, le pilier de l’Institut Canadien, M. Dessaulles qui, comme chacun le sait, a de j'ustes prétentions à l’athéisme ; feu M. Papin, si connu par sa célèbre motion de 1854, en faveur des écoles communes ; MM. Labrèche-Viger, J.,Doutre, C. Laberge, C. Daoust, D. E. Papineau, J. Lenoir, R. Laflamme, G. Laflamme, C. Düranceau, C. F. Papineau, V. P. W. Dorion, C. H. Lamontagne, E. U. Piché, et
Gustave Papineau. Voilà la nomenclature véridique des écris vains de l'Avenir ; encore une fois, je prie mes lecteurs de né pas l’oublier.
L’Avenir était donc, de l’aveu de tous, l’organe officiel, tout ce qu’il y a de plus officiel, du parti rouge | C’est pour cela que nous glanerons dans ses colonnes, les idées religieuses, les principes sociaux et les tendances anti-canadiennes du Rougisme, comme les faisant connaître ex-officio,
Je l’ai dit, tout à passé par le creuset de leur critique, rien h’a échappé à leurs attaques ; la religion, les institutions du catholicisme, tout a été sali dans les colonnes de l'Avenir et du Pays. Quel pontife vénéré, quel prétre respectable n’a pas vu son nom traîné par eux dans la fange ! Quelle boue n'ont-ils pas jetée à la figure du digne et saint homme qui est l’honneur et l’ornement de Montréal sur son siége épiscopal, Mgr. Bourget? Quelles ordures n’ont:ils pas reproduites con+ tre le digne mn de Chicago, Mgr. O’Regan, pour prendre fait et cause en faveur de l’apostat Chiniquy ? Kontils pas même voulu faire la leçon à tous nos évêques Canadiens qui approuvaient la conduite ferme et énergique de l’évêque de
icago, au grand scandale des rouges de l'Avenir ?
Il n’y a pas jusqu’au Souverain-Pontife, glorieusement ré:
gnant, que certains écrivailleurs rougés n’aient tenté de salir
de leur boue ordurière. Voyez entr’autres ce qu’écrivait en 1851, l’un des coryphées du parti rouge, M. Dessaulles, le ré: dacteur actuel du Pays. ‘En Europe, et en Europe SEULE: MENT, ” (l’Afrique avec son roi de Dahomey, l’Asie avec son Empereur de Chine sont-elles sous le régime démocratique ?) « je vois, dit M. Dessaulles, trois hommes qui y luttent encore, ‘ aux moyens des proscriptions, des cachots, de l’exil, de l’és chafaud, des meurtres juridiques, des trahisons achetées, de ‘la séquestration intellectuelle, de l'ignorance imposée “aux masses, des excommunications, des anathèmes, contre le “ principe fondamental, nécessaire, indéniable de toute organi- “ sation sociale regulière. Ces trois hommes vousles connais- ‘ sez comme moi : c’est Sa Majesté l’Empereur d’Autriche, «6 l’inf'âme bourreau de la Hongrie et de l'Italie ! c’est Sa Ma: s« jesté le Czar de toutes les Russies, l’infâme bourreau de la 46 Hongrie, de la Pologne et de la Circassie ! c’est enfin leur se allié et ami, le roi de Rome, a chef visible du catholicisme.”
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Un bel entourage, n’est-co pas, lecteurs, qu’on fait à lim. mortel Pie IX ? Des bourreaux les amis du Souverain-Pontife! Proh Pudor!11 Ce n’est rien pourtant, je puis assurer qu’intérieurement, M. Dessaulles désirait terminer ainsi sa pensée ! c’est enfin le roi de Rome, l’infâme bourreau des Romagnes, l'infâme chef visible du catholicisme ! Je vous jure qu’en complétant sa pensée de cette façon, M. Dessaulles ne dira pas que je le calomnie, tout au plus dira-t-il que je me rends coupable de médisance.
Je e puis résister ici au plaisir de citer du même auteur une de ces finesses qui ont fait inventer le proverbe : l’esprit que l’on veut avoir gâte celui que l’on & Parlant de Grégoire XVI de glorieuse mémoire, il disait par moquerie : ‘ Pour . Grégoire XVI, Louis Philippe était un rouge. ” Lecteurs, ne le trouverez-vous pas drôle, ce M. Dessaulles ? Qu'ils se tiennent pour dit,ces rouges impies, que pour Leurs Saintetés Grégoire XVI et Pie IX, ils ne sont que des harpies malpropres et c’est encore trop d’honneur à leur faire.
Encore, s’ils n’insultaient pas aux gloires de l’Eglise du CanaGa ! “ Chaque pays a les siennes, a dit un écrivain célèbre, et l’insensé qui les dévoue à l’opprobre devant ses contemporains est aussi digne du mépris public que l’artisan de la trahison qui livre ses concitoyens à l'ennemi! ” Avez-vous jamais, messieurs les Rouges, entendu un impie français noircir et couvrir de boue la couronne d’immortalité qui brille autour des noms, de Bossuet, de Fénélon, de Mr, Dupanloup, jure qu’ils étaient évêques ? Proudhon, qui n’est qu’un
ouge un peu plus audacieux que vous, a bien dit : ‘“ Dieu c’est le mal ! la propriété c’est le vol !”’ mais il n’a jamais dit des illustrations ecclésiastiques de la France ce que vous, messieurs de l'Avenir, du National et du Pays, avez dit des Briand, des Plessis et des évêques Canadiens de nos jours. Je ne tire de l’oubli toutes ces infamies que pour mémoire du fait et pour prouver que vous êtes coutumiers de déverser l’injure et l’outrage sur tout ce qui vous gêne dans votre croisade contre la religion et la société.
Les quelques citations que j’ai faites prouvent surabondamment toute la haïine implacable qu'ont au cœur ces Brownnites du Bas-Canada, à l'instar de ceux du Haut. Il n’y a pas une colonne des journaux du rougisme, pas une
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brochure écrite en faveur du parti, où l’on ne se trouve pas froissé dans ses sentimonts religieux et patriotiques.
Mais poursuivons notre tâche et exposons aux regards de nos compatriotes étonnés, quelques-unes de ces merveilleuses idées qui touchent à la religion ou à sa discipline, et qu’ils ont les plus patronisées auprès de leurs concitoyens. Grands admirateurs de leurs devanciers, Luther, (ils ont son homonyme avec eux,) Henri VIII, Robespierre, Mirabeau; comme eux, ils convoitent les biens ecclésiastiques affectés au culte, aux pauvres et à l'éducation ; ils désirent, avec les révolutionnaires de l’Italie, l’abolition des diîmes et la sécularisation des biens du clergé. En voici des preuves : + L’Avenir du 18 janvier 1850, disait : “ Le clergé catholique du Canada est bien trop riche, la dîme lui donne une influence indue dont il a tant abusé pour le malheur du pays.” (Eci, j'ouvre une parenthèse pour demander aux rouges, Lo. si, à leur avis, le clergé protestant du Canada est bien pauvre ; 20 ce qu’ils disent dé son influence ; 30 s'ils ne seraient pas er Le peu de ses amis religieux.) Dans la même colonne
où J'ai tiré l'extrait précédent, ils ont l’ineffabilité d’ajouter : ‘6 Si le clergé n’était pas ou n’était que peu soldé, Ÿ aurait plus d'influence sur le peuple. ”’ Quelle logique, grapd Dieu ! Mais, messieurs, vous suggérez ici précisément Île moyen d'augmenter une influence dont vous venez de vous plaindre avec tant d’amertume. Cette bévue fait comprendre la solidité des convictions et des principes de ces rouges impies et haineux. Voyez un peu la belle argumentation : la dîme
‘ donne aux prêtres une influence dont ils ont tant abusé pour
le malheur du peuple ; or, s’ils n'étaient pas soldés, ils auraïent plus d'influence sur le peuple, donc il faut les réduire à la pauvreté, afin qu’ils aïent une influence plus grande encore, sans doute, pour le plus grand malheur du pays ! De fait, n’est-ce pas là da conclusion rigoureuse des deux extraits des je viens de citer? Voilà, lecteurs, comment raïisonnent
es démocrates ; on s’apercevra plus d’une fois, dans le cours de ce travail, qu’ils ne se piquent pas d’être logiques.
Ils ne tiennent guère, ces gens, à ce que nous ayons d’eux une bien haute opinion, chacun de leurs écrits semble fait dans l’unique but de faire croire de leur part à un manque complet de jugement, ce qu’ils n’auront aucune difficulté à nous faire admettre ; car, voyez-vous, c'est chose assez carac-
téristique chez eux. Sans désemparer, j'en veux donner une le immédiate : l'Avenir, toujours au nom du parti, disait ans son numéro antécédemment cité : Une république démocratique n’a pas besoin de prêtres. Eh bien ! qu’en dites vous, lecteurs ? Ne dirait-on pas qu’ils sortent des forêts vierges, de la hauteur des terres ? Dites donc, messieurs les rouges, pourriez-vous nous nommer un seul peuple qui, depuis l’époque de la création jusqu’en l’an de grâce 1863, n’ait point eu de prêtres de quelque fausse religion qu’il fût ?
Le but de tous vos désirs, le neë plus ultra du bonheur pour vous, nous le savons, c’estune république démocratique, sans religion quelconque, sans prêtres aucuns. Aussi, voyez comme nous ne nous entendons guère, puisque c’est précisé. ment là la raison qui nous la fait rejeter, votre république. Mais comme l'idée que vous venez d'émettre d’un peuple quelconque sans prêtres, et, par une conséquence nécessaire, sans religion, n’est pas réalisable même pour des cerveaux vides, je présume que votre symbole de croyance serait le programme encore caché du rougisme, et que vous nous donneriez pour pontife Georges Brown, flanqué de MM. Dorion
et Dessaulles pour acolytes, auxquels, veuillez le croire, :
nous préférons de beaucoup nos évêques et nos prêtres catholiques. Je demande au lecteur s’il trouve que j'avais tort de dire en commençant que la religion des rouges serait de n’en avoir pas du tout.
Ici, je suis obligé de dire, avec l’éloquent auteur de la Dé. fense de la Religion et du Sacerdoce : ‘ Ma tâche devient de plus en plus pénible, car il me faut marcher dans la fange pour les suivre, et descendre en leur compagnie dans le cloaque infecte de l’antiquité payenne pour y étudier l’action du prêtre sur la société. Au fond de ces ombres horribles où le crime est enseveli sous un linceul ourdi par l’infamie, l’ Avenir découvre, à la faïble lueur d’un soupirail, le
être de Jésus-Christ, associé avec les sacrificateurs de
acchus, de Junon, de Vénus, de Jupiter et autres dieux dont il a conservé l’esprit et la corruption dans tous les âges : ‘ Le règne des prêtres, y voit-on, commença au règne des ‘ Pharaons dans les sept années de famine. Les prêtres ‘ s'emparèrent des biens du peuple et le tinrent dans l’igno- ‘6 rance et la misère, afin de le dominer........sssssssssssesese eee e ‘“ Les prêtres, dans tous les temps, ont su tirer parti de la
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‘ faiblesse inhérente à notre nature pour dominer et satis” ‘6 faire leurs passions... voretéesesneeses “ébotiresse … EE nnnrsssosssssssssnesesessssessesessers LES idoles faisaient l’amour ; ‘“ les filles étaient belles et ne donnaïent le jour qu’à de ‘ faibles mortels fort ressemblants aux prêtres. Chez les ‘ Perses et les Babyloniens, il existait une alliance entre 66 Eglise et l'Etat (a-t-on jamais entendu parler de l’é- ‘ glise Babylonienne ?) qui produisit les mêmes monstruosi. «tés ; les prêtres y corrompaient les peuples. Les prêtres de l’ans6 tiquité n'étaient pas chrétiens à la vérité, mais la religion du séprêtre ne fait rien à l'affaire.” Toujours le prêtre ou les rêtres.
; O Dieu! que d’horreurs à la fois ! ! Les prêtres de Jésus, les Pontifes de l’Eglise assimilés à ces escrocs du paganisme ui rendaient un culte àl’impudicité? Les prêtres sous les haraons, disent les rouges, volaient le peuple, se faisaient séducteurs, les hist (de belles filles) ne donnaient le jour qu’à de faibles mortels fort ressemblants aux prûtres. Ilest vrai, ajoutent-ils candidement, que CES PRÊTRES N'ÉTAIENT PAS CHRÉTIENS ! Cette restriction vous coûtait beaucoup, n’estce pas, messieurs les Rouges. Aussi, pour vous en dédommager, vous avez soin d’ajouter: que la religion du prêtre ne fait rien à l’affaire. Les entendez-vous, ces chefs durougisme, Canadiens, mes compatriotes, qui aimez avec raison et justice les pasteurs de vos âmes ? ils viennent de mettre à nu un seul recoin de leur cœur haïneux, c’est le trop plein qui vient de déborder. Mais alors que reste-t-il donc au fond ? Les entendez-vous, prêtres et missionnaires du Canada, qui avez été envoyés par celui qui vouspromettait, pour salaire de vos sueurs et de votre sang, la haine invétérée de ses propre ennemis ? Vos prédécesseurs n'étaient que d’infâmes voleurs, de misérables séducteurs ét vous-mêmes vous n'êtes pas autre chose, à les en croire. Assez, assez, je me ferais un crime de développer davantage toutes les absurdes conclu-
sions qu’ils avaient intention de tirer contre vous des pré-
misses posées ; elles ne sont déjà que trop visibles. La néces-
sité seule, croyez m'en, m’a forcé et me forcera à reproduire de
re ordures, car, enfin, il faut les faire connaître, ces uges sans foi et sans religion. À vous de nous aïder de
votre influence et de vos talents.
Ces mêmes hommes qui patronisaient le journal d’où sont
En |
extraites toutes ces infamies, quiles écrivaient eux-mêmes ou les laissaient reproduire dans leur organe, SONT NOS GOUVER- NANTS D’AUJOURD'HUI, et ils ont la prétention, singulière à mon avis, d’être catholiques ! Qui, en effet, N’A PAS ENTENDU LE CHEF AVOUÉ de ces écrivailleurs du parti, le ae arc du Pays, qui reproduit encore de nos jours tousles outrages adressés à l’église et à sa hiérarchie, le premier ministre du Bas-Canada, M. DORION, enfin, déclarer, en mai dernier, sur le marché Berthelot, avec une naïveté des mieux qualifiées, qu’il n’était pas rouge, parce que... devinez | parce qu’il faisait baptiser ses enfants (sic). Si cet acte de religion est vrai, et j’ai presque le droit d’en douter, ce ne doit pas être par le ministère d’un prêtre chrétien qu'il a laissé, dans son journal, sans mot dire, assimiler aux prêtres du paganisme la religion des uns et des autres ne changeant rien à l'affaire !
‘ Mais enfonçons encore la sonde dans cette plaie corrom-
ue, nous n’en avons pas connu toute la profondeur. ”” Toutes es énormités qu’il nous faut reproduire ne pouvant l’être textuellement, nous en donnerons une fidèle analyse, extraite de la Défense de la Religion et du Sacerdoce, ou réponse à la presse socialiste, par le révérend M. R. Proulx : ‘ L’Avenir et ses collaborateurs nous apprennent que ” le Sabbat est une ‘“ assemblée de sorciers et de sorcières (qui ne le sait pas ?) ‘ Les sorcières sont des personnes de mauvaise vie, les sor- ‘ ciers sont des prêtres, (pour le coup, messieurs les rouges, ‘“ vous seuls saviez cela) à Pour cacher leurs turpitudes, les ‘“ prêtres ont donné à ces orgies le nom mystérieux de Sabbat. ‘ Le Sabbat se tenait dans le voisinage de quelque riche mo- ‘ nastère, les diables, (n'oubliez pas, lecteurs, que c'était des ‘ prêtres)défilaient en costume infernal, les sorcières à cheval ‘“ sur un manche à balai (etc). Puis venait le cérémonial im ‘ monde, où les sorcières trompant leur maris ” De l’air ! de grâce, ouvrez on étouffe. ‘ Il reste à décider, ‘“ continue l’Aventir, qui jouaient le rôle de diables dans cet “ horrible drame ? ”
Mais vous êtes crânement drôles, messieurs ; qui jouaient le rôles de diables ? Maïs vous venez de nous dire que c’était des prêtres qui étaient les sorciers ; des personnes de mauvaise vie, les sorcières ! Pour moi qui ne vous crois pas sur parole, tant s’en faut, je tiens que c'était de vrais diables, les
mêmes qui, plus tard, furent préposés au soin et à la protection de l’Avenir qu'ils n’ont pourtant pas empécher, Dieu merci, de n’être plus même ‘ présent !
—“ Voilà, dit M. Proulx, voilà, Canadiens, mes compatriotes, à quel rôle infâme on ravale les ministres de l’Eglise Catholique. Ont-ils jamais dit la centième partie de ces accusations contre ceux des autres cultes ? Si l’on tentait de couvrir de boue votre père aux cheveux blancs, votre vieille et bien-aimée mère, votre sœur, votre épouse, ou votre fille, ne sacrifieriez-vous pas votre sang pour leur défense ? ” Canadiens, à qui s'adressent surtout ces remarques : ‘ Verriez-vous donc d’un œil indifférent votre sainte religion, dans la personne de ses ministres, traînée dans la fange, blessée, déchirée par la main sacrilége de ces lâches ennemis de tout ce qui est respectable, de tout ce qui est grand dans les œuvres et digne dans la vie ! ”
Eh bien! dirai-je à mon tour, ces mêmes hommes, ces mêmes écrivains insulteurs et impies, sont aujourd’hui nos autorités civiles et politiques, sont défendus par les mêmes rédacteurs, aussi bien que de La même manière avec laquelle ils attaquaient tout ce qui nuisait à l’extension de leurs principes démagogiques. Quelle foi, quelle confiance des catholiques peuvent-ils avoir en des hommes qui ont écrit de telles impiétés, qui n’ont été surpassés par aucun rationaliste dans l’effronte-ie avec laquelle ils salissent notre religion, nos mœurs et l’intelligence de ceux qui ont le malheur de les Lire ou de les entendre ? Quelle foi, quelle confiance de vrais Canadiens peuvent-ils avoir en ces rouges, après cette alliance anti-canadienne avec ces fanatiques haut-Canadiens qui viennent de faire leurs élections aux cris mille fois répétés de : À bas le papigme et ses institutions dans le Bas-Canada! vivent les écoles communes ! mort à ceux qui votèrent contre! Ici, que le lecteur m'en croie, ce n’est pas du capital politique que je fais au profit de tel ou tel nom, c'est uniquement et rien autre chose qu’une lutte des bons principes religieux et sociaux contre les mauvais, quelque soient les hommes qui les fassent valoir, le tout dans l’unique intérêt de mon pays ou de mes compatriotes.
Le même journal, édité par des rouges reconnus pour chef de ce parti et dans lequel nous avons vu des choses
qu’on dirait écrites par des adorateurs du grand Lama, nous montrera encore un bon nombre d'idées non moins saugrenues que celles qui précèdent ; entre autres sottises, vous y verrez, lecteurs : que le clergé plus pauvre serait meilleur... ; que le peuple pare grassement de petits tyrans qui le tiennent aystématiquement dans l'ignorance et dans un état d’abjection.
ncore une fois, entendez-vous, braves cultivateurs de nos belles campagnes, ce qu’on dit de ces prêtres vénérés à l’égal de vos pères, que vous aviez pensé n’être au milieu de vous que pour vous faire la plus grande somme de bien possible, l'expérience vous confirmant dans cette idée ; pourtant vous vous trompez lourdement, les Rouges vous le disent, tout dernièrement le Pays de Montréal vous l’a répété à satiété durant les élections générales ; ces pasteurs ne sont, suivant eux, que de petits tyrans impitoyablement acharnés à votre ruine parce que, sans doute, ils ont grand soin de vous mettre en garde contre le prosélytisme qu’ils s'efforcent de faire parmi vous et de vous préserver de leur contact impur. Quel front ne faut-il pas avoir pour oser dire à une population intelligente comme celle da Bas-Canada que le clergé tyrannise le peuple, et le tient systématiquement dans
l'ignorance, quand pas un seul Canadien n’ignore que l’éducation la plus haute comme la moins élevée est sous son contrôle direct ou indirect? quand il est à la connaissance de tous, que ces mêmes Rouges, qui prétendent effrontément que le clergé tient nos vu ulations dans l’ignorance, ont reçu de
ce même clergé qu’ils dénigrent aujourd’hui, leur propre éducation dont ils se servent pour répandre le poison des fausses doctrines philosophiques et religieuses au détriment de leur pays et de leurs compatriotes.
Mais continuons à exposer les idées religieuses du parti rouge, nous en verrons bien d’autres ; par exemple, cette phrase de l’Avenir, petite en elle-même, maïs grande par sa perversité et par l’impudent démenti qu’elle donne à l’histoire du temps :
‘ Au moyen-âge, le clergé se rangea du côté des tyrans. ”
Vous imagineriez-vous, lecteurs, que cette grave accusa-tion de tyrannie portée contre le clergé vient immédiatement après une sortie des plus violentes contre tous les Grégoire VII de la Papauté, qui déliaient du serment de fidélité
les sujets des tyrans couronnés de l'Allemagne qui, comme Frédéric Barberousse entr’autres, écrasaient leurs sujets sous le poids de leurs exactions et de lour cruauté ? Vous n’auriez pas cru, safs doute, qu’on pouvait se laisser aveuglor par la mauvaise foi jusqu’à un tel point. Faites leur remarquer ces écarts de jugement, ils vous riront au qu; demandez-leur de prouver ces accusations, pour toute réponse, ils en forgeront de nouvelles. Voilà les hommes auxquels nous avons affaire : aucun principe, aucun jugement, aucune logique ; que c'est pitoyable d’avoir à argumenter contre eux ! On comprend que je ne m’arréterai pas à réfuter ces faux et ridicules avancés, le cadre que je me suis tracé ne me permet pas d'entrer dans des détails aussi longs, puisque le but que je me suis proposé est seulement de mettre au jour les idées et les tendances du rougisme, sans promettre de les réfuter toutes.
Mais suivons les dans la continuation de la même pensée : ‘ Au moyen-âge, le clergé est venu à bout d'effacer presque ‘ complètement toute trace de civilisation romaine ! ?
Nous y voilà enfin ! Savez-vous, lecteurs, ce que veulent, MM. les Rouges, c’est que la société revienne au temps heureusement passé de la civilisation romaine, c’est-à-dire adorer Jupiter, Junon, Vénus et toute la kyrielle des dieux du paganisme ; le type de la civilisation pour eux, c’est celle qui forma Tibère, Néron, Caligula, Héliogabale ; c’est celle où le peuple mourant de faim criait ‘ Panem et Circenses ! ” C’est encore celle où la dissolution des mœurs fut portée à un degré dont les plus grands savants d’aujourd’hui n’ont point encore pu se former une idée. Vous sentez-vous du goût pour un pareil état de choses, Canadiens, qui me lisez ? Meroi pour nous qui nous trouvons, on ne peut plus, satisfaits de la civilisation chrétienne et préférons vivre sous la loi de l’Evangile plutôt que sous celles des Empereurs romains. Puisque vous l’aimez tant ; cette barbare civilisation romaine, il est malheureux, messieurs les Rouges, que vous n’ayez pas vécu sous Robespierre, Marat, Danton et compagnie ; vous eussiez alors pu jouir tout à votre aise de la civilisation romaine gr avaient retrouvée et dont ils dédommagèrent la France
e l'avoir pendant si longtemps perdue ! Que n’êtes-vous encore allés en Italie, en 1849, en 60 et 61 ? vous eussiez rencontré à l’œuvre votre ami Garibaldi, le restaurateur par excel-
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lence de la civilisation romaine ; Garibaldi pour lequel votre organe, le Pays de Montréal, n’a pas assez de louanges et de grands mots à lui appliquer ! C’est un démocrate qui, avec Buoncompagni, Mazzini, Cavour, Rattazzi, Cialdini, fait revivre aujourd’hui, dans cette belle terre d'Italie, le règne anarchique de la civilisation romaine ! Comme vos preuves sont déjà faites, vous n’auriez eu qu’à les montrer, messieurs de L’Avenir, du National et du Pays, pour être tous tant que vous êtes, admis comme collaborateurs au journal Le Marteau des prêtres, publié à Palerme, et dans lequel on disait tout dernièrement : Les prêtres n'ont pas de patrieet leur Dieu est l’égoisme le plus illimité et le plus cruel ! ! M. Dessaulles donnerait dans ce journal, comme un des bons mots de l’époque garibaldienne, cette réponse d’un jeune démo-
crate impie qui regardait, la tête couverte, passer le Saint-
Sacrement, qu’on portait à un mourant et auquel on fit remarquer qu'il aurait dû se découvrir la tête : “ Est-ce que c’est Garibaldi qui passe ? ” répondit-il. Voilà, sans doute, un mot qui rendra son auteur immortel, et je connais bon nombre de Rouges qui voudraient l’avoir dit pour, et à ce prix, passer à la postérité.
Ecoutons-les maintenant nous faire d’un mot l’histoire entière de la Papauté à la manière de Guichardin et de Davison, leurs auteurs historiques de prédilection, bien qu'ils soient reconnus comme dénués de toute véracité. Suivant les Rouges de l’Avenir et du Pays, l’histoire dela Papauté, dans une longue suite de siècles, est l’histoire de tous les crimes qui déshonorent l'humanité.
Dans ces deux lignes, je vous prie de le remarquer, lecteurs, les écrivains rouges nous font l’histoire des Papes dans une suite de quinze à seize cents ans, Comme vous voyez, ils vont vite en besogne. Pour eux ‘l’histoire de la Papauté, dans une longue suite de s ‘ces, est l’histoire de tous les crimes qui déshonorent l'humanité.” De nos jours, il me semble qu’on pourrait, appeler ceci de l’histoire faite à la vapeur. Mais comme tous les hommes, et je me range dans cette catégorie, n’ont pas à leur disposition un pareil talent de concision, aussi nous n’avons pas l’avantage de leur répondre en aussi peu de mots, de réfuter et d’anéantir en quelques lignes ce mensonge historique qui accuse chez eux une noire perversité. Pour répondre à cette petite phrase mensongère et im-
r lequel louanges ‘ate qui, Idini, fait le règne preuves 1essieurs tant que Le arn disait eet leur M. Desns mots démo-
Saint- :
1 fitre.
-Ce que s doute, ais bon tt à ce
histoire
et de 1 qu'ils )uivant apauté, crimes
r, lec- Papes voyez, auté, crimes de
ais gorie, ision, aussi es ce rvertim-
ie, il nous faudrait écrire des volumes et des volumes qui, ort heureusement, sont tout faits. Vous voulez des réfutations, messieurs les Rouges, le temps et l’espace ne me permettent pas de vous les donner moi-même, seulement je vous re que vous en trouverez en abondance dans l’Histoire
e l’Eglise de Rorbacker en 29 volumes, où sont prévues d’avance toutes vos objections.
Pour vous, lecteurs peu instruits, je fais appel à vos sentiments intimes, à votre amour, à votre vénération bien connue pe la papauté ; je fais surtout appel à ceux qui ont étudié
’histoire ecclésiastique aux meilleures sources ! vous surtout, qui venez de lire “l’histoire populaire des Papes ” du judicieux critique Chantrel. Il leur est commode, à ces Rouges, de biffer d’un trait de plume les éminents services rendus par la Papauté, toutes les injustices empêchées par elle.
De telles indignités font faire à notre auteur de prédilection les réflexions suivantes : ‘“ Des impies de cette force affectent une gravité ridicule, une sorte de supériorité sur leurs victimes, et ils osent provoquer des réfutations. Il n’y a pas de faits qu’ils ne falsifient, pas une vertu qu'ils ne calomnient, et ils mettent toute la société en problème, ils nient les vérités les plus évidentes, depuis le premier élément du catéchisme jusqu'aux plus hautes questions théologiques ; leurs mains sacriléges souillent et lacèrent tout ce qu'elles touchent ; ils ne respectent rien ; ils profanent tout, puis ils s’écrient : ‘ Réfuiez-nous.”’ Donner à des aveugles la solution de leurs objections sur les propriétés de la lumière ne serait pas uno plus grande perte de temps que réfuter les sottes prétentions de cette pire espèce d’aveugles. Quoil Jésus-Christ n’aurait fondé, au prix de son sang, une église pure, sainte, sans tache comme sans rides, que pour l’abandonner à la merci de pasteurs mercenaires, cupides, ambitieux, insensés, sans vertu et sans religion ! Quoi! ce divin Rédempteur, après avoir promis d’être avec son église jusqu’à la consommation des siècles, aurait dormi pendant 1800 ans pour
ne s’éveiller qu’au moment où les i/ustres penseurs (7???)
de L’Avenir ont fait briller aux yeux du Canada et du monde entier l’éblouissante lumière de la démagogie. ”
Il faut nécessairement ou que les avancés de l’Avenir soient faux ou que les suppositions citées soient réelles, alternatives dont le dernier point ne peut en aucune manière être admis.
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