‹ Le rougisme en Canada [microforme]Chapitre 13 sur 13 · A ET · texte numérisé non relu

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chaire sacrée vous appelait sous la sainte bannière de la charité et du patriotisme bien éclairé. Malheureusement, il spmble Le vous êtes engourdis par les plaisirs, sans penser es fonctions que notre patrie nous appelle à remplir bientôt. Secouez cette apathie, ‘ conspirez pour le bien ” pes me servir de l’expression de l’orateur auquel je viens e faire allusion. Réveillez-vous, le temps presse ; éclaires des lumières de votre science et de votre intelligence celles do nos populations qui se sont laissées aveugler par le Rougisme. Réunissez-vous en faisceaux, scrrez vos rangs, la patrie vous appelle à son secours. Rappellez-vous encore cette autre parole tombée dernièrement d’une bouche éloquente : L'union fait la force.

C’est ici pour moi l’occasion de gs la promesse faite plus haut de soumettre au clorgé, à la jeuresse instruite, à l’âge mûr plein d'expérience, un projet d’Institut ou Cabinet de Lecture dans le genre de celui de Montréal, aujourd’hui dans un état si prospère et qui fait un si grand bien à la religion et au pays, en aidant puissamment à répandre les saines doetrines morales et politiques, et ep détruisant les effets pervers de l’Institut des Rouges. Jadis la jeunesse instruite de Montréal suivait M. Dorion et les autres chefs du Rougisme ; maintenant, c’est presqu’une impossibilité de trouver un jeune homme de cette ville véritablement bien pensant qui ne soit revenu de ces errours ou ne persévère pas dans La voie large et belle de l’ainour de son pays, de sa religion et des bons principes.

A Québec, malheureusement, il ne nous est pas permis d'en dire autant. : Qu’à Québec donc le clergé patronise un établissement dü même genre que celui de Montréal, et il verra en résulter les meilleurs effets pour lui, dont on apprendra à respecter la science et les bonnes dispositions du cœur à l'égard de cette jeunesse qu’il à lui-même instrnite. La chose est on ne peut plus facile. L'Institut Canadien existe avec une aësez belle bibliothèque, il ne reste plus qu’à le relever de ses ruines, à le rehausser dans l'opinion publique. Puisse ce projet que je soumets très-respectueusement à sa considération être mis à exécution pour le plus

grand bieu du pays et de la bonne cause.

Avant de terminer, il me faut donner aux Rouges quel-

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tôt je les ferai donner par l’auteur si souvent oité de la Dé- J'ense de la Religion et du Sacerdoce : ‘ Si mes conseils, dit-il, pouvaient être entendus, je vous suggérerais, pour l’amour de vous-mêmes et pour le repos de la société, de cesser d’étrangler les prêtres, vû que vous ne sauriez jamais les vaincre, ni arrêter le cours de leurs œuvres, et d’égarer vos compatriotes qui ont les youx ouverts sur vos sourdes menées. Comme les goûts, les forces et l'intelligence sont inégalement réparlis entre les hommes, en vertu d’un pouvoir, qui ne vous doit pas compte de ses motifs, je vous suggèrerais encore de laisser le catholicisme opérer son œuvre de paix et de vie, puisque vous ne sauriez en montrer à celui qui l’éclaire, puis enfin de vous partager comme suit sur la surface du Canada, en entendant mieux: Lo. Un grand nombre à l’agriculture, 20. un moindre nombre au commerce, 30. un petit nombre aux professions libérales, 40. un nombre proper tionnel à l’industrie, 50. le reste à la cuisine, et le Canacs respirera, et co ne sera pas ceux qui semblent les moins haut placés qui doivent être rangés dans cette dernière catégorie.”’

Sur ce, MM. les Rouges, je suis bien aise de prendre congé de vous, non pas toutefois sans avoir demandé pardon au lecteur de l’avoir entretenu de vous si longtemps et d’une manière ei peu digne de lui.

Jei finissaient mes articles tels que publiés dans le Journa de Québec, et j'avais déjà livré à l’impression mon dernier manuscrik, quand le hazard me fit tomber sous la main le « Défricheur’”’, dans 4 ba l’Enfant-terrible, avec M. Dessaulles, le pire Rouge de la secte, réclame contre, mes avancés, savoir que l’hon. A. A. Dorion et M. Dessaulles n'oût jamais été n1 rédacteurs, ni collaborateurs de l’ancien Avenir.

J'aime mieux mettre sous les yeux de mes lecteurs l’artiole lui-même avec quelques commentaires, le voici :

Les. collaborateurs.

“ Depuis quelque temps, on semble redoubler d'efforts +‘ pour attirer l’attention publique sur ce que l’on se plait à « appeler les tendances du Kougisme.”

Pour dire comme M. J. B. E. Dorion, il semble qu’il ne leur plaît guère à MM. los Rouges qu’on cherche à sonnattre

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leurs ancionnes amours anti-canadiennes, et par contre cellos qu'ils ont encore aujourd'hui.

“On a méme, ajoute le Défricheur, exhumé l'Avenir de 4: 1850, pour extraire certaines phrases des correspondances “ publiées à cette époque sous le pseudonyme Trépassé & (pauvre M. Barthe, il sera donc toujours et partout la ‘“ bête noire du proverbe !) en les arrangeant de manière à t [eur donner plus de nudité et même plus de crudité dans le # but de nuire à un parti politique.’

, Tout beau, messieurs du Défricheur, j'ai la prétention d’avoir rangé mes citations correctement et suivant toutes les règles suivies en pareil cas, et pas du tout dans le but d'en montrer plus la nudité et lu crudité qui ressortent assez d'elles-méêmes.

‘ “ Nous n'entendons nullement approuver ces écrits (de « Trépassé), ni prendre part à la discussion actuelle (que “ pourriez-vous dire ?] D'ailleurs, les collaborateurs de ‘ PAvenir n'ont jamais rédigé ces correspondances. ”

. Vraiment, c’est à n’y pas croire! cependant, admettons que Trépassé ne fût pas l’un des collaborateurs do l'Avenir. Mais alors les collaborateurs, en laissant publier ces ordures dans l’Organe du parti Rouge, n’en acceptèrent-ils pas la responsabilité ? D'ailleurs, n'est-ce pas ces mêmes collaboratours qui, dans un premier Montréal, disaient que l’auteur de ces correspondances ‘ appuyait ses avancés sur des faits historiques que les “ Mélanges ” [journal rédigé par des rétroël, n'ont pas osé nier ou réfuter, [sic].” Toutes ces idées anti-religieuses, vous les reconnaiïssiez done bonnes, bien établies ? Vous les acceptiez donc pour vôtres ? puisqu’en lès publiant elles devaient être lues par tout votre si qui les partagea et les partage encore? Vous avez belle grâce aujourd’hui de venir nous dire:

‘6 Le DÉFRICHEUR n'interviendra donc pas.pour approuver ce ‘i qui a été écrit duns le passé, pas plus que pour justifier ‘ céux qui cherchent à faire revivre une discussion qu’ils # condamnaient eux-mêmes dans le temps, (c’est faux, je viens ‘ de montrer que vous l’approuviez), et qui ne péut pro- (24 ne og bien aojouid'hui, Notre journal à un autre és. DUT. ,

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Oui, celui de remplir ses colonnes des annonces du gouvernomont relativement à la Quarantaine !

‘ Nous voulons simplement rétablir un fait, continue M. ‘ J. B. E. Dorion. On fait un crime à certains de nos hom- ‘ mes publics d’avoir été lié avec la rédaction de l'Avenir, ‘On est parfaitement libre sur ce point, mais on devrait ‘crostor dans le vraiet ne pas tenir ceux qui n’ont jamais ‘ rien eu à faire avec cette feuille, responsables de sa rédac- ‘ tion.

‘6 On a dit que les hons. MM. A. A. Dorion et L. A. Des- ‘ saulles et M. P. Blanchet (citoyen, s’il vous plaît) avaient « été collaborateurs de l'Avenir sous M. J. B. Ë. Dorion. Tet ‘ n’est pas lecas. Aucun de ces trois messieurs n’a été col- ‘ laborateur de l'Avenir publié par M. Dorion, de novembre 44 1847 à novembre 1852.

6 L'hon. A. A. Dorion n’a même jamais écrit dans l’Avemir, soit comme correspondant ou autrement, ”

Dites donc, l’ami, si ‘“l’hon. A. A. Dorion n’a même jamais écrit dans l'Avenir,” comme correspondant ou autrement,

: MM. Dessaulles et Blanchet auraient donc écrit autrement

que comme correspondants, mais alors ils étaient donc collaborateurs ! Tenez, M. du Défricheur, vous avez, en défrichant, oublié la manière de déguiser la vérité, je vous en félicite. Peut-être, est-ce dù à ce que les archives de l'Avenir sont brûlées ? Quant à votre dénégation formelle relativement au | mb ie du Bas-Canada, elle ne nous fera pas ou-

lier que ce monsieur était co-propriétaire de l'Avenir qui était tout à la fois sa propriété, son organe comme celui de tout le parti, chose que le Défricheur n’ose pas nier. Ja prie mes lecteurs de prendre note surtout de ceci, c’est una preuve péremptoire que je ne les trompais pas quand j’écrivaisque l'Avenir était l’organe officiel, tout ce qu’il y a de plus officiel du parti rouge. Maintenant, M. J. B. E. Dorion, dans son Défricheur, va nous donner une liste complète des collaborateurs ; c’est bien à lui ; à moi du moins il fait un sensible plaisir ; mais écoutons-le :

« Afin qu’il n’y aît pas d'erreur sur ce point, nous publions, «une liste complète des collaborateurs. Elle mettra les, ‘ écrivains en état de rester dans le vraisur les personnes qui

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#“ ont eu un part à la rédaction de l'Avenir, publiée sous la “ direction de M. Dorion.”’

Collaborateurs : J. B. KE. Dorion, (en tête), Joseph"Papin, Joseph Doutre, Charles Laberge, (tu quoque,) Charles Daoust, D. EÉ. Papiüeau, Joseph Lenoir, Rodolphe Laflamme, L. Labrèche-Viger, G. Laflamme, C. Duranceau, C. F. Pa-

ineau, V. P. W. Dorioz, C. H. Lamontagne, Magloire Lanoôt, E. U. Piché, Gustave Papineau.

‘ Les treize premiers noms formèrent la collaboration dese qu l’organisation du comité en février 1848. Les quatre ss derniers furent admis plus tard à diverses époques. Les ‘“ archives de l’Avenir ayant été détruites par l'incendie de ‘1850, il nous a été impossible de constater la rentrée des ‘ derniers. ”

C’est probablement parmi ces derniers que doivent figurer les citoyens Dessaulles et Blanchet qui écrivaient aussi, mais autrement que comme correspondants.

De cet article du Défricheur, je conclus trois choses qui Wo font un singulier plaisir : on reconnaît implicitement que l’Avenir exprimait les idées du parti rouge : voilà un point important fort bien établi; puis je constate que mes articles leur font peur en ce qu’ils peuvent éclairer nos populations sur le compte de ces Rouges : enfin que M. A. A. Dorion, sous les présentes circonstances, n’aiment pas à voir son nom accolé à ceux des citoyens de l’Avenir. Je remercie M, du Défricheur do la satisfaction qu'il m'a causé à moi et à mes lecteurs.

Je crois qu’il ne sera pas hors de er de dire deux mots d'\ Défricheur et de son rédacteur, M. J. B. E. Dorion, vulgairement connu sous le non de l’En/ant terrible. Pour perpétuer le nom de l’Avenir, cette infâme publication dont il était propriétaire, il quitta Montréal pour alier fonder une colonie de Rouges dans les Townships de l’Est, eolonie qu'il sppela Avenir-ville, où il établit pour jamais ses pénates. Désireux de créer dans ces cantons une république démo. cratique, il édita un journal, le Défricheur, qui devait lui servir à endoctriner ses corapatriotes des Townships. Malheureusement, il paraît réussir, et avant peu le mal sera grand si une forte influence locale ne vient pas contrebalanaer la sienne.

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Dernièrement, M. J. B. E. Dorion reproduisait dans son journal, une correspondance belge, que je crois avoir été écrite à Avenir-ville, par M. Dorion lui-même, sous le psoudonyme d'Henri Aubertin. La correspondance renfermait de nombreux extraits de ‘La Régence de Michelet.” Ces ex. traits purlent des Récollets et des Jésuites qui, dans los premiers jours du Canada, portaient au prix de leur sang la lumière de l'Evangile, chez les pleuplades sauvages et féroces des Hurons et des Iroquois. Érost une chose indigne de voir la manière dont on explique le dévouement de ces Saints Prêtres, dont lo sang fume encore sur notre terre du Canada. Cette correspondance est remplie de points de suspension, de réticences qui sont mille fois plus pervers que ce que M. Dorion a voulu soustraire à la lecture de ses abonnés.

Des journaux et des hommes honnêtes et respectables ont blâmé le rédacteur du Défricheur d’avoir publié de pareilles infumies ; le rédacteur du Canadien entr’autres fit une excellente réponse à cette correspondance. Savez-vous, lecteurs, comment se disculpa M. Dorion ? il répondit qu’il n’était pas fâché d’avoir publié ces extraits de Michelet, parce qu'ils avaient donné au rédacteur du Canadien l’occasion de faire un bon article sur les premiers temps de notre histoire. Comment la trouvez-vous la raison ?

Dites donc, M. Dorion, si un vous disait que le correspondant de la Minerve qui vous a accusé de vous être fait payer par le comptable de la Chambre d’Assemblée queiques centainos de piastres pour des jours où vous étiez absent de la cäpitale, n'avait livré cette fraude à la publicité que dans le seul but de vous donner occasion de prouver dans votre

journal que c'était faux, trouveriez-vous la raison satisfaisante ? Vous en contenteriez-vous ? Non, sans doute ; croyez aussi que nous ne sommes pas plus satisfaits de la vôtre.

J'engage qui de droit à veiller sur l'influence pernicieuse que peut exercer le Défricheur sur les populations des Cantons de l’Est, et de faire en sorte qu’il meure d’inanition.

UN ORSERVATEUR.

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