CONCLUSION
Lecteurs, nous voici arriver à la fin de nos articles sur le Rougisme. Dans trois chapitres, nous avons établi ses idées religieuses, ses principes sociaux, et ses tendances anti-canadiennes ; maintenant, il nous faut conclure. Je sais que l'impression de beaucoup d’entre vous m'est favorable, en ce sens, bien entendu, que l’idée d’exposer les vues des Rouges sur les trois points que j’ai traités, a été trouvée bonne, sans être trop sévère sur le style et l’ensemble de ces articles. On a bien voulu y reconnaître un certain travail de recherche et se montrer indulgent sur la forme. J’en reuercie mes lecteurs avec d’autant plus de raison que je ne visais aucunement à passer pour écrivain. Tout le premier, je reconnais beaucoup de défauts dans mes transitions exabrupto, un style diffus et nullement soigné, des pensées mal rendues et des raisonnements mal développés ; c’est ce qui me fait regretter de n’avoir point eu les loisirs nécessaires
our me permettre de refs::re à neuf ce petit travail et le aisser longtemps sur le métier, suivant le conseil d’Horace.
Je dois donner mes conclusions immédiatement, comptant que si mes lecteurs ne les trouvent pas telles qu’elles devraient être, ils y suppléeront avec indulgence, tout en rejetant la faute sur l’auteur seul qui n’a pas su conduire des prémisses qu’il a posées et non sur ce que ces prémisses ellesmêmes étaient fausses ou incorrectes.
En jetant un regard rétrospectif sur les sujets de nos urticles, nous voyons que la profession de foi religieuse du parti rouge est: ‘ {’indépendance de la pensée dans l’ordre moral,” croyance qui surpasse le matérialisme de toutes celles | dira le génie perverti des Réformés du 16e siècle.
’ai essayé d’esquisser en quelques mots les suites funestes et inévitables de ce dogme du Rougisme : le bouleversement de la société religieuse et civile a été présenté comme une conséquence nécessaire, absolue de ce principe rouge.
Nous avons montré, par des citations extraites des organes reconnus du parti que, s’érigeant en aristarques, les Rouges critiquent tout, blâment tout ; selon eux notre religion est mauvaise, non-seulement elle est mauvaise, mais elle est
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fausse (Avenir du 18 janvier 1850) ; nos prêtres sont des vauriens, des Jap livrés aux désordres les plus infâmants, modelés sur les prétrès de Vénus et de Bacchus : la religion des üns et des autres ne changeant rien à l'affaire ! Reproduisant l’infâme livre d’une fille de joie, ils dénoncent nos communautés religieuses comme des lieux de rendez-vous où se commettent tous ces crimes qui ne cherchent que les ténèbres. FDites-le moi, avons-nous belle grâce de crier contre le fanatisme d’un Brown ou de ses suivants haut-canadiens, car enfin ces hommes nous sont étrangers par la nationalité,
par le sang, par la religion, quand, au milieu de nous, de.
prétéendus catholiques comme nous s’unissent à eux, que disje, font pire qu’eux dans l’œuvre commune de dépréciation, de noire calomnie, de haïne et d’ingratitude, contre nos institutions religieuses, / ‘“ Qu’ont-ils fait ? ” s’écrie l’éloquent auteur de la Défense de la Religion et du Sacerdoce. ‘ Une alliance infâme avec les ennemis du catholicisme, de notre nationalité et de nos institutions ; un noir complot avec eux contre nos prêtres et la religion de nos pères ; ils se sont vendus pour un vil prix à ces hommes qui se sont engraissés de nos dépouilles depuis près d’un siècle, et qui se désespèrent.de voir leur proie leur échapper des mains. ”
Dans l’ordre social ou politique, leur profession de foi, a-ton vu, est celle-ci : ‘ En politique, il n’y a ni foi, ni autorité pour lier les hommes entr’eux. ”’ (Avenir du 31 mai 1849). Je ne remettrai pas sous les yeux du lecteur les conséquences absurdes, perverses et dangereuses qui découlent d’un pareil EE je crois l’avoir fait suffisamment. J’ai prouvé, par
eux exemples entre miile, qu’ils savent appliquer ce principe contre leurs adver-aires et même contre leurs amis. J’ai fait voir que la démocratie était le but de tous leurs efforts, et que, toujours et dans touiws les occasions, ils soulevaient les masses, lui répétent à tout propos cet axiome démocratique : ‘ Vox Populi, Vox Dei, ou ce qui est la même chose sous une autre forme : ‘ Les peuples sont rois et les rois les serviteurs. ” On sait quel entourage de fiers - à - bras, d'hommes sans aveu, ils ont su se faire dans certaines villes à l’aide do ces principes démagogiques ; on se rappelle encore la sanguinaiïre proclamation qui faisait appel aux passions haiïneuses et brutales des masses.
En troisième lieu, il me restait à prouver qu'ils étaient
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anti-canadiens, je crois l’avoir assez démontré, et je prendrai occasion de dire au lecteur qu'ici, moins gHaenre, les preuves ne me manquaient pas ; seulement, il fallait mettre ua terme à ces articles déjà longs. Ces Rouges peuvent encore rougir. (qui l’aurait pu croire ?) sera-ce d'eux-mêmes ? non, ils rougissent d’être Canadiens. Il leur en coûte de répondre sur la terre étrangère : ‘ Je suis Canadien, ” à la
uestion de quel pays êtes-vous ? Pour eux, la France n’est rien, les Etats-Unis est le paysle plus avancé, le plus riche, qui a le plus de gloire nationale. ‘J'ai sous les yeux en ce moment une circulaire. d’um comité d’annexion, signée KR. McKay et A. A. Dorion, le premier ministre actuel du. Bas- Canada ; dans se ai: il n’y a rien qu’on ne dise pour engager nos compatriotes à aimer les Etats-Unis, à les admirer et désirer de s’y annexer.. :Ils ont sai bien fait, ils ont si bien vanté la richesse de cette terre de démoralisation qu’ils ont fait perdre peut-être 400,000 habitants au Bas-Canads ! Voilà leur patriotisme ? r
Un d’eux a dit : le patriotisme, c’est à la fois l’amour de son pays, l’amour national, l'amour de la religion, l’amour de la constitution et des lois qui nous régissent.
Je le demande, après ce que nous avons vu, nos Rouges ont-ils un vrai patriotisme ? aiment-ils leur pays, ceux qui en rougissent ? ont-ils l’amour national, ceux qui voudraient nous voir annexés aux Etats-Unis ? ont-ils l’amour de la religion catholique, ceux qui la trouvent fausse, qui dénigrent
ses ministres et cherchent à leur nuire dans l’opinion de leurs compatriotes ? ont-ils l’amour de Ia constitution, ceux qui la violent par ambition, qui Pape lens une vieille quenille ? enfin, ont-ils l’amour des lois de leur pays, ceux qui cherchent à détruire tout respect pour lautorité constituée et pour l'esprit de ces mêmes lois par leurs faux principes ? À toutes ces q'iestions le lecteur à déjà, répondu. Concluons donc à leur faux patriotisme, à leur impiété, à leurs principes anarchiques, subversifs de la société, à leurs tendances anticanadiennes.
Que connaissons-nous d’eux ? du mal, du mal et encore du mal ! Que feraient-ils, s’ils gardaïent le pouvoir en mains ? pire, mille fois pire que ceux qu’ils appellent pilarde, corrupteurs et corrompus ! Nos preuves sont déjà nombreuses pour les quelques mois qu’ils gouvernent. Une corruption
exercée sur la plus grande échelle ; l’affaire du Grand Tronc, pe exemple, pour tout homme sans préjugé, renferme un mysre d’iniquités sans He que le temps nous découvrira ; un manque de foi jusqu'ici inconnu ; une nullité que nous ne leur connaissions point. Qu'ils gardent le pouvoir et vous verrez le gaspillage, la corruption régner partout, j’en ai ass l'age ‘les précédents de leurs semblables. Sous ouis XVI, qu’ils appellent, eux aussi, un tyran, les frais du gouvernement étaient de 600 millions de francs. Avec des principes comme çeux de nos Rouges aujourd’hui, on révolutionna la France sous prétexte qu’elle était régie par un gounement de pillards, de corrompus et de corrupteurs, si bien que sous Napoléon Ier lé budget était de 800 millions. Sous la restauration, il monta à un milliard. Pour soulager le peuple, on fit la révolution de juillet, et le budget atteignit le chiffre de 1,500 millions. Le peuple écrasé se décida, sur l’instigation de démocrates en tout semblables aux nôtres, à chasser le roi-bourgeois. (Cette fois, sous le gouvernement fraternel de la république démocratique, le peuple français paya 1700 millions, et aujourd’hui qu’il a l’honneur d’être qu par le neveu du grand homme, il paie à S. M. I. au essus de deux milliards de francs, Voilà, Canadiens, mes compatriotes, à quel résultat arrivent ces démagogues honnêtes, pas du tout pillards, encore moins corrompus que corrupteurs |! Re ermettez-moï, lecteurs, de fairé ici uné petite digression foBr raconter quelques-uns des hauts faits des Rouges de la rance en 1848. Ne vous y ne pas, lé Rougisme du Canada n’est qu’un enfant qui ne fait encore que balbutier, mais qui grandit vite et marche rapidement au but tracé en noir par ses modèlés. Les Rouges de la France criaient comme es nôtres que le parti qui leur étaït opposé. était voleur, pillard, corrompu et corrupteur. . Un instant, comme ici, on les crut sur parole et on leut donna le pouvoir, voyons-les à l’œuvre. Armand Marrast, tout en étant membre du gouvernement provisoire, était en même temps maire dé Paris ; en quittant l'Hôtel de Ville, après lès journées de juin, l’axmaire refusa de rendre aucun compte de sa gestion si importante ; bien plus, il brûla tous les papiers de son administration financière. IL n’était pas voleur et corrompu, ce Rouge- 1à! Marrast est un saint pourtant à côté de Garniet-Pagès.
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‘6 Cet homme, dit M. Charles de la Varennes, est jugé sans appel par un arrêt de la Cour des Comptes, qui rejeta, dans la gestion du ministre des finances du gouvernement. Garnier-Pagès, la somme énorme de vingt millions huit cent quatre-vingt.mille francs, (près de $4,500,000) pour laquelle on lui demandait sanction et que la Cour a déclaré épourvue de pièces justificatives ou appuyée de justifications insufisantes | ”
Pendant que les Rouges du gouvernement provisoire vo- Jlaïient cette jolie somme, on lisait, écrit sur les murs de Paris : Murt aux Voleurs 1... 1. |
Que dirai-je de Ls. Blanc, du juif Crémieux, de Ledru-
Rollin, de Michel (de Bourges), de Proud’hon, de Victor Hugo, de Carnot, de Quinet, des citoyens Miot, Greppos Leroux, etc., etc., otc..….....? Tous ces gueux étaient des Rouges plus avancés que les nôtres, qui volèrent en moins de trois mois qu'ils eurent le pouvoir en mains, des millions et des millions. La France s’en aperçut et les chassa de son sein en leur infligeant la flétrissure de voleurs que l’histoire a enregistrée dans ses annales.
Aujourd’hui, les nôtres moins pervers parce qu’ils sont moins nombreux, se sont alliés avec ses fanatiques haut-canadiens qui maudissent le nom de french-Canadranet applaudissent à leurs efforts pour acquérir la représentation au prorata de la population. Le chef des Rouges, le premier ministre du Bas-Canada, n’a-t-il pas solennellement déclaré que cette exigence du Haut-Canada était juste et qu’on ne peut la lui refuser dans un temps plus ou moins rapproché ?
Avec ces hommes que va devenir aujourd’hui, dit le Rév. M. Proulx, ‘‘ cette force, d'intelligence et d'unité qu’il a fallu déployer depuis la conquête pour conseryer notre force
. morale comme nation, notre langue maternelle : notre vie, sociale, notre caractère original, nos propriétés foncières, enfin notre autonomie, et notre identité française, force d’âme qui épouvante aujourd’hui. ces dgres (Browaites et clear.
. grits) ;: toute cette gente implacable qui nous guette dopuis tant. d'années armée de la torche et de cailloux contre ce qu’elle appelle l’ascendant français ?,N’avez-vous pas vu les
- efforts souterrains et constants pour réaliser cet odienx système d’anglification où plutôt. de destruction de tout ce que
… mous avons de français ? . Préjugés nationaux, haine anti-
é sans à, dans t Garni quaelle on Jourvue
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ire vo- Paris :
Ledruy Victor | , ‘ad des de trois et des on sein re à en-
ils sont aut-caapplauau proier midéclaré u’on ne broché ?
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qu'il a e force re vie, cières, , d'âme clear .
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Tout dernièrement encore, à brillant orateur, du haut de la
catholique, rien pourtant n’a pu altérer notre noble earactère. Les Canadiens le tiennent de leurs pères qui le
tenaient du catholicisme.” | Après avoir vu les maux que les Rouges nous ont causés,
voyons, en peu de mots, los moyens d’y remédier. A rous d’être vigilants, de veiller sur eux, de los suivre de près ; tant que nous ne les perdrons pas de vue, ils ne trameront rien contre nous; ce qu’ils aiment, ce qu’il: cherchent, ce sont les ténèbres. Souvenons-nous, dit un écrivain comtemporain, que toute société qui étant sortie des voix de la nature, s’obstine à n’y point rentrer, ne se renouvelle que par la dissolution et ne recouvre sa vigueur qu’en perdant tout jusqu’au nom de nation. Il faut, ainsi que l’homme, qu’elle traverse le tombeau pour arriver à la vie une seconde fois. Voyezla Pologne. ‘ Si on arrête, dit M. Proulx, “ la marche grave de notre patrie dans la voie légitime du perfectionnement social, si on détruit violemment les bases sur lesquelles s’est formé l’esprit national, le génie du peuple, ses tendances, les liens moraux qui la maintiennent dans l’ordre, les habitudes de droit et d'espérance où elle marche sans rencontrer d’obstacle et sans froisser des prétentions opposées, on plonge la société entière dans un abîme de maux, on anéantit en un instant l’ouvrage des siècles, et on laisse à nos enfants des pleurs et la ruine.”
Je prie mes jeunes compatriotes, qui se mettent audessus
es préoccupations personnelles et égoïstes, qui veulent de toute l’ardeur de leurs cœurs le bien et le bonheur de leur patrie, de méditer sur les réflexions précédentes, . Puisque c’est surtout à la jeunesse instruite que je livre cette histoire du ROUGISME en Canada, je me permettrai de lui reprocher de s’être trop laissée gagner au parti rouge; reproche qu’elle mérite moins pourtant depuis quelques années. Peut-être que, dans son inexpérience, a-t-elle conçu la généreuse pensée de régénérer sa patrie ; mais qu’elle daigne réfléchir aux moyens du Rougisme, qu’elle veuille aller au fond de ses principes et, comptant sur sôn intelligence, je prophétise qu’elle reviendra vite de ces idées démocratiques qui ne sont qu’une suite d'anomalies.
Jeunesse de nos villes et de nos campagnes, tous les jours on fait appel à vos bons sentiments, à votre patriotisme.
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