SCÈNE XV
JOSSELTN, HEGINALD.
jossclvn , <1 pari.
Le voici ! ( S'approchant do Réginald. ) Vous I paraissez chercher quelqu’un?
; En effet.
JOSSELTN.
Le sire Adalbert, n’est-ce pas?
RÉGINALD
Ab ! vous saver qui je suis?
JOSSELTN.
Sans doute... Mon Dicul... le pauvre garçon redoute votre présence... c’est bien naturel, tous voulez l'arrachcr à son amour...
RÉGINALD
Aussi, je ne m'attendais pas à le trouver Ici- Dans sa désobéissance, il compte sur l'appui du seigneur d’Yvetot.
JOSSELTN.
C’est vrai, et il n’a pas tort,
réginald, avec ironie.
Triste soutien que celui de ce fantéme de roi.
JOSSELTN.
Fan t Ame 1 fantéme! je puis vous assurerjqu'il se porte tris-bien.
C’est ce dont je vais m'assurer par moi-mime, car je n’ai pas de temps à perdre, et je veux lui parler & l'instant.
LE ROI D YVETOTi .
josselyn, allant chercher un siège.
C'est facile.
RÉGINALD
Vous me paraissez attaché à ce palais 7...- Eh ien , allez , voyez les gens de service... qu'on m’introduise... faites annoncer le. commandeur d'Houdevillèt •
josselyn, lui présentant un fauteuil.
J'ai parfaitement entendu.
régin a ip, avec impatience.
Mais, allez donc!
jossÉwjg avec simplicité.
C'est inutile... le roi, c'est moi.
, hégixald , stupéfait. •
Vous ?
JOSSELIN
Oui.
Alors, vous savez d'avance ce que je viens réclamer T
, JOSSELYN
Oui, oui, et nous allons causer de tout cela bien à notre aise : mai»., voyez, vous , j’ai une vieille habitude; lorsque j’ai longuement^ -deviser avec un ami , j'aime il placer mon homme en face de moi, à la même table... deux pots de cidre entre nous... ( Réginald fait un mouvement d'impatience .) Ce n’est pas votre système ? tant pis! dans la conversation on peut s'échauffer... on boit un petit coup, et ça éteipt le feu de la discussion.
réginald.
Eh ! massive !
zosselyn, souriant.
Oh! votre impatience ne m'effrayepas!... je sais 1 qu’au fond vous êtes un digne homme, je vous connais depuis longtemps... oui, oui, il y a vingt ans, vous veniez dans ma boutique... j’étais votre fournisseur... 1 Kouen... rue Grand-Pont... au Mouton d'argent.
réginald, avec colère. •
Répondez!... Adalbert refuse de me sujvre, et c'est' vous, messire, qui l'encourage» dans sa révolte!
JOSSELYN
Moi T Oh! noq, seigneur, et que Dieu me garde de donner jamais de mauv ais principes... mais je raisonne, gt je me dis qu'il vaut mieux faire un bon père de famille qu’un mauvais chevalier de B(alte!... D'ailleurs... voyons, de bonne foi, est-ce que nous n'avons pas assez de chevaliers comme (a? Sans reproche, les commanderies en regorgent! on ne peut plus faire un pas tans en rencontrer!.., enfin, toute notre brillante jeunesse, vous voulez vous en emparer... et cependant pour nos jolies filles, il nous faut de jolis garçons!... Allez , croyez-moi , vivre chez soi , pour faire le bonheur de sa ménagère, de ses enfants et de ses amis, ça vaut «ent fois mieui que d'aller chercher querelle à de pauvres gens qui n'en peuvent mais!... toujours la lance au poing!... vive
Dieu 1 .vous autres célibataires vous finiriez par dépeupler le monde!.., laisses à monseigneur l’hymen le soin de réparer ce que vous défaites tous les jours !
* RÉGINALD
A merveille! Puisque ma voit n'a aucune puissance sur Adalbert, j’emploierai la force!
JOSSELYN
La force? mauvais moyen !... Je vous en prie, du calme. Pourquoi se montrer si rigoureux envers la jeunesse ?... n’avons-nous pas tous besoin d’indulgence?... mot-même, n’ai-je pas dans mon temps.;, et vous peut-être...
réginald, avec colère.
Finissons ! Je vous ai écouté trop longtemps... met hommes d’armes vont se présenter ici... Adalbert doit les suivre, et s'ils éprouvent la plus petite résistance, si l'on s’oppose un seul instant à ma juste volonté, je consfdérerai cela comme une déclaration de guerre I
JOSSELYN
line déclaration de guerre! ! ! . .
Et je remercierai le ciel de m’offrir l'occasion de me venger en m'empafant de cette ville, qui, au lieu de se choisir un maître, devait se donner à la commanderie.
Jeanneton parait et écoute à une porte à gauche.
JOSSELYN
La guerre!... y pensez-voua ?...
RÉGINALD
Vous m’ayez entendu ! Qu’on craigne de m’offenser, ou les armes me feraient bientôt justice de tous ces manants d’Yvelot.
Il sort par le fond. Josselyp, qui l’a suivi, cherche en vain à l'arrêter.
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