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2. Le testament de madame Chemineau se trouve, comme les pièces qui précèdent, dans les archives de M. le marquis d'Estampes. Il débute par l'expression des plus hauts sentiments de piété, contient de nombreuses fondations de messes et de legs à des parents et amis. Elle y mentionne avec tendresse (( le sieur Geoffrin, son petit-gendre, et la demoiselle épouse dudit sieur Geoffrin, sa petite-fille », et leur laisse spécialement ses tableaux qui, d'après les termes de l'inventaire, paraissent avoir été des copies exécutées par madame Chemineau elle-même.
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frères, en effet, malgré la différence d'âge, semblaient faits pour s'entendre. Sans doute, Louis Rodct ne possédait pas les brillantes qualités de sa sœur, mais soumis, rangé, économe et modeste, c'était ce que l'on peut appeler un excellent jeune bomme. Ses comptes, qu'il tenait avec un soin scrupuleux, font foi de la simplicité de ses goûts, ainsi que de la pureté de ses mœurs. On y lit des états comme celui-ci, qui comprend sa dépense de deux mois :
Pour mes menus plaisirs .
Pour ma nourrice ....
Pour le maître de musique .
Pour mes bonnets de nuit.
Pour les étrennes du portier Pour une paire de souliers Pour faire faire mes cbcvcux
i5 livres
Total pour les deux mois . Go livres *
Comme on ne peut tout avoir, il convient d'ajouter que cbez Louis Rodet l'intelligence n'était pas à la bauteur des sentiments, et qu'il manquait d'élégance dans son aspect extérieur. Une lettre du supérieur du séminaire, adressée à madame Geoffrin, conseille vivc-
I. Sa plus grosse dépense jusqu'à l'âge de vingt ans est un fusil, qu'il paie quatre-vingt-dix livres, et sa dépense annuelle, en y comprenant tout son entretien, ne dépasse guère huit cents livres, bien qu'il jouît d'un revenu de près de trois mille livres.
ment de lui doniier un maîlre à danser, car « cet exercice servirait à le former, embarrassé comme il est de sa personne » ; et le supérieur propose pour cet emploi « un très habile homme, u qui l'on donne trois livres dix sols par mois ».
Au reste l'économie et l'ordre le plus sévère régnaient dans le ménage Geofîrin. Les comptes de tutelle de Louis Rodet, établis par son beau-frère lors de sa majorité, indiquent que le train de maison était des plus restreints, et que toutes choses étaient réglées >avec une minutieuse exactitude. J'en trouve une preuve nouvelle dans les « états » tenus chaque mois à celle époque par madame Geoflfrin, où ses dépenses personnelles sont inscrites de sa main dans le plus grand détail, depuis les pots déconfitures, jusqu'aux drogues, saignées et visites de l'apothicaire. Jamais elle ne fil un sou de dette ; jamais elle ne renvoya un de ses domestiques S se bornant à les surveiller de près, et à exiger d'eux le soin et l'attention qu'elle observait ellemême. Elle n'était pas moins raisonnable sur le chapitre de la toilette. Même au temps de sa première jeunesse et de sa plus grande beauté, son entretien annuel n'excéda jamais quinze cents livres. Elle n'aimait pas les bijoux, dédaignait la parure, et ne se jiliait guère à suivre les caprices de la mode. Elle ne consentit sous aucun prétexte, nous ajiprend sa fille, à