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LE ROYAUME DE LA RUE S A I NT-IIONOUÉ . SqS

admiré l'inlrépidilc avec laquelle vous me parlez de la guerre dans laquelle la fatalité vous a engagée. Cela lui est facile, à elle, qui peut resler neutre dans une querelle aussi importante. Mais moi, qui suis le dernier d'entre les philosophes, et le premier d'entre les Lanturelus, puisque j'en suis le doyen, je ne ris pas du tout !... Je crains que vous ne pensiez me faire endosser une robe de bedeau, philosophe d'un côte, de l'autre lanturelu ; c'est un moyen infaillible d'avoir des coups des deux côtés ! »

On voit par ce qui précède que ni le temps écoulé, ni les agitations des deux dernières années, n'avaient amené la dissolution du a Sublime Ordre des Lanturelus » ; et ce n'est pas une des moindres bizarreries de cette époque insouciante, que la survivance de celte parodie tintamaresque jusqu'à la veille même des terribles événements qui allaient emporter la société française. Même il est à remarquer que jamais l'Ordre ne brilla d'un plus vif éclat et ne fit de plus brillantes recrues que dans cette période troublée, où la Révolution prochaine s'annonçait par de si menaçants symptômes. C'est en avril lySS, qu'eut lieu la réception solennelle du grand-duc Paul de Russie, fils et héritier de la grande Catherine, et de sa femme, la grandeduchesse Marie; et l'on consigna pieusement dans les Annales leur lettre de remerciement :

« ... Comme Votre Majesté, écrit l'auguste couple

à madame de la Ferté-Imbault ^ a à sa disposition des trésors plus inépuisables que ceux des plus grands personnages, et que son empire est celui de la Raison, dont il serait à désirer que toutes les puissances du monde relevassent, nous nous estimerons toujours très heureux d'avoir part à ses largesses, et ne cesserons de faire des vœux pour la durée de son règne et la prospérité de son empire. C'est avec ces sentiments que nous sommes, madame, de Votre Majesté lanturelurienne les très humbles, très obéissants et très fidèles sujets.

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