‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 177 sur 221 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

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Lepellelicr Saint-Fargeau, le futur conventionnel, et celui du prince Henri de Prusse, par lequel se clôt, en 1789, cette liste étrangement bigarrée. Il y eut, en cette même année, une proposition du baron de Gleichen pour fonder une « succursale » en Allemagne, et conclure un traité avec le Corps germanique, « attendu que c'est un drôle de corps, et que la déraison y règne si complètement, qu'on croit y reconnaître les traces d'une ancienne colonie de Lampons réfugiés en ce pays dans les temps les plus reculés ». Mais cette belle conception n'eut pas le loisir de se réaliser, et les annales de l'Ordre enregistrent, à cette même date, la communication suivante : « La reine des Lanturehis étant vieille, sourde et impotente, tandis que ses sujets ont bon pied, bon œil et bonnes oreilles, sent qu'elle ne peut plus rester leur souveraine sans s'exposer au ridicule. Les circonstances et son amour-propre l'engagent donc à abdiquer sa couronne, pour vivre avec sa nation d'égal à égal. Elle conseille aux Lanturehis de se mettre en république... » Ce fut la fm de la Société, et le terme d'une plaisanterie, qui eût gagné, comme bien d'autres, à être moins longtemps prolongée.

L'état d'âme de madame de la Ferté-Imbault, aussi bien que les « circonstances », ne s'accommodait plus guère à ce moment de divertissements de ce genre. Certes elle était demeurée bien longtemps, malgré l'âge et la surdité, étonnamment jeune de

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goûts, d'habitudes et d'esprit; sa vivacité d'allures, son entrain soutenu, son parti pris de rire de tout et de faire rire les autres, lui donnaient la mine et le renom, selon sa propre expression, de a la plus plaisante et la plus drôle de vieille qu'on pût imaginer ». Elle avait cependant éprouvé, à la fin de 1785, un assez long abattement, lorsque lui fut enlevé son vieil ami Burigny. La marquise l'avait pris chez elle à la mort de madame Geoffrin, et avait reporté sur lui ce besoin de tendresse et de dévouement, qui était l'un des excellents côtés de son caractère. « Doyen de la littérature et respecté comme tel \ » Burigny était encore, à quatre-vingt-dix ans, un commensal aimable et précieux, d'une intelligence alerte, « de la conversation la plus intéressante » ; et sa verte vieillesse, dans l'intérieur tranquille où l'amitié l'avait recueilli, était honorée d'une manière si touchante, « que jamais père, entouré de sa famille, n'a paru plus heureux- ». Sa fin, qui survint le 8 octobre 1786, fut aussi paisible et douce que sa vie. Madame de la Ferté-Imbault l'assista jusqu'à son dernier soupir; peu d'instants avant sa mort, comme elle l'engageait à prendre quelques gorgées de bouillon pour soutenir ses forces : « Je ne m'en soucie pas, lui répondit-il en souriant ; car je suis, je vous l'avoue, fort curieux de voir de près le

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