Souvenirs de Glciclicn
LE ROYAUME DE I, \ KUE S A I N T - II O \ O UÉ . 3()7
Père éternel ' ». La marquise sentit se biiser avec lui le dernier lien qui la rattachait encore aux temps heureux de sa jeunesse, et les amis qui lui restaient curent quelque peine à combler, par leur assiduité alTcctucusc, le vide de cette disparition.
Les événements politiques achevèrent d'ébranler son âme, et elle parut accablée des malheurs de la royauté. « Sa tète trop aisée à s'embraser, écrit Grimm à Catherine II, n'a pu résister à la continuité des horreurs et des atrocités qui nous ont environnés depuis deux ans " ». Sa gaîté tombe brusquement, et fait place, dès le début de la Révolution, à une tristesse morne, dont rien ne peut plus la distraire : « Que personne ne m'écrive, mande-t-elle à l'un de ses plus chers amis ^. Je ne suis malade que par les nerfs, et cette maladie me donne une répugnance invincible pour écrire et recevoir des lettres... Les papiers publics me font horreur. Paris n'est plus Paris ; la cour n'est plus la cour; les troupes du Roi ne sont plus rien ! »
En vain le plus fidèle de ses correspondants, Bernis, maintenant cardinal, et résidant à Rome, avec le titre de Protecteur des églises de France, s'elTorçait-il, dans toutes ses lettres, de réagir contre cet abattement, et de ranimer quelque énergie dans l'âme de « sa chère