‹ Le royaume de la Rue Saint-HonoréChapitre 179 sur 221 · Juillet 1789. (Arcliivcs de la famille d'Estampes · texte numérisé non relu

Juillet 1789. (Arcliivcs de la famille d'Estampes

Toinon * ». — a Soyez sûre, lui disait-il, que la fia du roman de ce siècle sera bonne à voir, et qu'il faut n'avoir pas la bêtise de mourir avant le nouveau spectacle que la providence nous prépare, et auquel il faut assister ^ » . Les exhortations" de ce genre abondent dans les lettres du prélat, et sa résignation philosophique n'est pas toujours exemple d'un certain égoïsme : « Il faut attendre le beau temps quand il pleut, faire son unique affaire du soin de sa santé, et vivre avec ses vrais amis ». Et ailleurs : « J'excuse Toinette, à chaque événement fâcheux, d'en être plus ou moins affectée ; il n'y a que les fous ou les scélérats qui soient insensibles. Mais il faut bien vite chercher le remède au mal, et, si l'on n'en trouve pas, il faut se distraire autant que possible, et fuir la société des jiersonnes mélancoliques. La tristesse n'est pas un vice; mais, quand elle dure, c'est une grande faiblesse, qui ne remédie à rien. A chaque courrier, mon âme souffre; mais, à force de réflexions, je la remonte comme une pendule ^ » .

1. Bernis, dans celte correspondance des dernières années, donne fréquemment à madame de la Ferté-Imbault le surnom dont se servaient beaucoup de ses amis au temps de sa jeunesse ; et il parait assez singulier de voir ce prince de l'église romaine, s'adressant à une femme de soixante-quinze ans, la nommer galamment « Toinette » ou « Toinon », pour pleurer avec elle les épreuves de la religion et les déchirements de la patrie.

2. Lettre du 26 janvier 179 1 . (Archives de la famille d'Estampes.)

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